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Montpellier

Montpellier

L’étymologie du nom de Montpellier est très discutée : on hésite entre Mons Pessulus (la montagne fermée par un verrou), ce qui ferait allusion des palissades qui auraient entouré la ville ; ou bien Mons Pistillarius (mont des épices: comment on ne devait trouver des masses de thym ou de serpolet cultivés, probablement comprendre le mont des épiciers); ou encore Mons Puellarum (le mont des pucelles!) On a même pensé à « mons pestelarius » : mont du pastel! (une histoire de couleurs!?) Les étymologistes (parfois supposés tels) trouvent souvent beaucoup d’hypothèses pour des noms de lieux, surtout quand on n’est pas sûr de l’étymologie ou de l’histoire (anecdotes, écrits, récits, détails archéologiques).L’étymologie la plus vraisemblable est « mons petrosus » en latin, devenu en vieux-français Monpeirié (la montagne – en fait colline- de « peire », à savoir de pierre) Donc ni mon (possessif) pellier. Ni mont ..pelé. Et encore moins une histoire de pelles, au cas où…

1.D’ailleurs, le mot latin « mons » ne signifie pas « mont-agne » mais colline, sens latin originel. Si vous y êtes allés, les Montpellier, Montastrucq, Montesquieu, Montségur, etc…n’ont rien d’une véritable montagne, mais souvent d’une colline, c’est vrai souvent rocheuse, donc un peu exagérée en « montagne ». (Si Mont…de Marsan était une montagne, çà se saurait dans les Landes!)

2.Il faut chercher la cohérence du mot, même en étymologie. Que signifierait le « mont des épices »? Un marché renommé? Il faut en trouver les traces. Ici, à la limite. Mais « le mont des pucelles », même si c’était un fantasme très répandu au 13è siècle (comme les sorcières!), il faudrait que quelqu’un nous dise quel était cet endroit où l’on emmenait les vierges! Ce n’est pas une raison pour jeter…la pierre à tous les gens qui ont fait ces hypothèses.

Fait rare dans l’Histoire: Montpellier va changer de nom 14 fois (!) entre l’an mil et l’époque d’Henri IV, donc en cinq siècles grosso-modo. Parfois tous les 10 ans (aux 11è et 12è siècles) passant de Monspetellarius à Monpessulus, puis Monspeylier, pour se stabiliser vers 1495. Et encore, on reste dans des mots à peu près semblables; mais que dire quand on passe de Lutèce à …Paris!

Voilà donc, en résumé, l’évolution du mot en quelques étapes simplifiées :
Mont-peirié > Mont-perié > Mont-perrié (l’idée de pierre apparait mieux, un peu comme si on disait « mont-pierreux ») > Mont-pellié (le « r » devient plus « liquide » et se transforme en « l ») > Montpellier.
(Question subsidiaire: doit-on dire « Montpéllier » ou « Montpeullier »? Vaste et douloureux débat parigo-languedocien! Linguistiquement parlant, devant les deux L, le e doit se dire é…)

BONUS : Un mot sur le Golfe du Lion (forcément). (golfe de Gascogne, golfe du Morbihan, de Gênes, on comprend…) Que vient faire ce fauve sur les rives de la Grande-Motte?
On dit qu’à l’époque du Moyen-Age les marins qui naviguaient en Méditerranée se déplaçaient en repérant des points visibles le long de la côte. En l’occurrence, souvent, la presqu’ile (volcanique) de Maguelone, reliée à Villeneuve par un banc de sable, et dont le rocher avait la forme d’un sphinx, c’est-à-dire un…lion couché à tête d’homme! De loin (et même parfois de près) les marins certifiaient avoir vu un véritable lion (cf. dans l’ »Odyssée » les compagnons d’Ulysse et les sirènes-lamantins) Dernière curiosité: Aujourd’hui, on se repèrerait plutôt au Pic…St Loup! (en face du Mont d’Hortus, appellation contrôlée des Coteaux du Languedoc). Mais finalement, d’un animal effrayant à l’autre…


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8 commentaires au sujet de Montpellier

  1. Mons Puellarum est une boutade du romancier Robert Merle, etc.

    Petrosus en latin populaire devient par réduction  » peirós » en passant au roman (prononcez : peïrouss) et Mons petrosus ne peut donc donner en français que Montpeyroux (mont pierreux) et non pas Montpellier.

    A noter que le point culminant de Montpellier s’appelle le Peyrou (un petit tas de pierres).

    Le penne d’une serrure, et conséquemment une serrure, dans le (mien) dialècte de Montpelhièr est « pèile » qui n’est ni plus ni moins que la réduction du latin « pestel » par chute du « t » et vocalisation naturelle du « s » en « i » pour former la diphtongue « ei ».

    Pestel latin s’est aussi maintenu tel quel dans le languedocien : pestèl.

    ie(r) final n’est rien de plus que la diphtongaison commune de la finale ari(um) en latin classique et eri(um) en latin vulgaire exactement comme la finale hari des mots de langue d’oc d’origine germanique entrant dans la composition des noms propres.

    Dans le dialecte montpelliérain nous avons deux mots pour nommer Montpellier : monpeiler et monpeilat (qui se prononcent respectivement : mounpêiê et mounpêiat, car le « l » tombe de par l’influence du « i ».

    Chez nous,on ne prononce ce dernier : mounpélaT que par jeu, sinon par ignorance, car Mont Pelat veut dire Mont Pelé.

    Quant au nom français actuel de Montpellier, il suffit dès lors de remarquer que les deux « l » correspondent à « ill » comme dans quille ou rouille. L’on devrait donc prononcer : Mounpêiê.

    Pour finir, « lo Clapàs » est le véritable nom de Montpellier

    Adieussiatz ! (adichas)

    Lion – luònh (pron. : ioun) = loin ;) ,

  2. super le mariage de Montpellier et Toulouse et deviendra une des plus belle des provinces de France avec la Bourgogne et le Jura
    Pardon je suis de franche- comte ,élève dans le midi toulousain
    Et très heureux de ces mariages
    Adissiat a toutis
    Noirot raymond le franc-comtois telle est ma foi

  3. Merci pour cet article.
    Je vous propose une hypothèse supplémentaire :
    Il existe un certain nombre de toponymes redondants. Par exemple en Ardèche : « Montpoulet », qui n’a rien à voir avec les poules, mais avec les puys (pouillet = petit mont). Ce qui revient à dire le mont-petit mont.
    L’étymologie de Montpellier ne pourrait-elle pas être tout simplement une redondance du mot « mont » énoncés dans deux formes concurrentes ?

  4. interessant

  5. Je verrais bien aussi un toponyme redondant avec Mont + pel (hauteur fortifiée en indo-européen)

  6. Le prochain parisien à la télé qui dit « Montpéllier », je le traîne par les pieds de Lutèce jusqu’au Peyrou et le pends par les pieds sur la statue de Louis!

  7. Bonjour,

    Je tiens à rappeler que dans l’Odyssée les sirènes ne sont pas des femmes-poissons mais des oiseaux à tête de femme donc pas de lamantins

  8. Bonjour…Homère, et merci de votre précision.

    Vous avez tout à fait raison sur l’étymologie de la ‘sirène’ (en fait, sereine -!- c’est à dire femelle du serin, d’où l’idée d’oiseau, même si la version mythologique les fait davantage ressembler à des corbeaux géants, totale ‘vue d’artiste’)

    Or, après vérification dans le texte originel (Chant XII), (re)lecture et analyse scrupuleuses du chapitre , je vous confirme que votre célèbre auteur homonyme n’évoque autre chose que des ‘êtres marins’ (qu’il ne qualifie même pas de monstres), et que les descriptions avec un thème d’oiseaux sont bien antérieures et probablement héritées d’autres mythologies.

    De fait, il y a équivoque avec la séduction du chant d’oiseaux marins, censés attirer par-dessus bord les auditeurs par leur mélodie, et la mention -réelle- de formes féminines tentatrices, forcément attribuables à des ‘corps’ se rapprochant de poitrines humaines (les fameux ‘lamantins’, à défaut de mieux).

    Il semble que, selon les époques, l’une et l’autre des…interprétations soient entrées dans la légende!

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