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Pau

Pau

Il s’agit d’une des villes françaises les plus « piquantes », au sens étymologique évidemment, puisque ce curieux nom monosyllabique cache une histoire de pointe. Mais avant tout, disons clairement que ce mot n’a aucun rapport avec un…pot (au cas où), ni avec un pal, au sens de palet; d’ailleurs un pal ou une pale, ou un palet, ces trois mots viennent d’un mot latin qui a un rapport avec une pelle, et l’on voit bien pourquoi quand on pense à la forme des objets en question. Néanmoins, incroyable mais vrai, Pau c’est bien une histoire de pal, mais à prendre au sens qu’on lui donnait au 13è siècle en France, c’est à dire un « pel » ou un « pieu », tout simplement, au grand désespoir des gens qui allaient plus tard subir ce supplice qui consistait à em…paler un condamné.

En fait, si l’on remonte encore plus loin que cette époque, la toute première racine est d’origine « pré-latin », c’est à dire qu’elle fait partie de langues issues du celte, du germain, du latin ou du grec, bien avant les vocabulaires qu’on connait actuellement. Et donc, il y a plus de 20 siècles, existait une racine « bal » ou « pal ». Il s’agit en fait du même son, malgré les apparences, avec juste une sonorité différente: le « b » est en effet un « p », auquel on rajoute une vibration de la gorge! De plus, cette racine va subir une « vocalisation », qui concerne cette fois la dernière lettre de la syllabe: Bal ou Pal vont devenir Bau ou Pau, comme « bel » va donner « beau », ou nouvel va devenir nouveau devant une voyelle; même raisonnement quand il s’agit d’un pluriel: cheval devient chevaU(x).

Tout çà pour dire que l’on n’a pas beaucoup de traces du mot qui désigne Pau avant l’an mil, tout ce que l’on sait, c’est qu’un endroit du gave devient un gué, permet donc un passage, de troupes ou d’animaux en transhumance, et l’on construit un poste, un guet, avec des…pals, des pau(x) en quelque sorte. Et au 12è siècle, on sait que Pau existe, sous l’impulsion des vicomtes de Béarn, autour d’une ancienne place clôturée avec des pieux! Voilà donc pour Pau, dont la « grande histoire » va démarrer avec la dynastie des Gaston de Béarn, (dont le fameux Fébus). Et il existe d’autres lieux en France qui ont le « même » nom que Pau: Tous les sites nommés le Pal ou la Pale (dans l’Aveyron, par exemple); ou même, dans les Alpes, un ancien « pal-voux » devenu le Pelvoux (‘la montagne comme un pieu ‘); il existe aussi là-bas un col de Pal. Et nous avons, en Pyrénées, le col de Pau, en vallée d’Aspe. Il y a même des patronymes (des noms propres) formés sur la même racine, comme les Dupau, les Palou, ou les Paletou(t), diminutif de Palou, le petit pieu, désignant probablement la localisation de l’ancêtre en question).

Dernière remarque: On a dit au début de cette chronique que la racine pré-latine « pal » pouvait avoir la forme « bal ». Eh bien c’est strictement l’origine des « pieux montagneux ou rocheux » que sont les baumes, en Provence; dont, évidemment, la Ste-Baume (Aix en Provence); ou les…baumettes (à Marseille), et même la ville de Balma (Toulouse)

ps: A force de parler de pieu, il faut préciser que le pieu (le lit) n’a rien à voir avec Pau ni même avec un bois taillé, mais qu’il vient du dialecte picard « peau, pel », qui désigne un lit donc, lequel était fait, pendant des siècles, avec un « jeté » de peaux de bêtes bien avant d’avoir des draps, d’où le nom de pieu!


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2 commentaires au sujet de Pau

  1. Il me semblait que Beaume désignait une grotte plutôt qu’un pic rocheux.
    Je me trompe ?

  2. Attentif, Guillaume! Et bien documenté : la racine originelle pré-latine « pal/bal » désigne effectivement parfois une grotte; le problème est qu’on n’avait pas de relevé topographique à l’époque! Disons, pour être d’accord, que le terme désigne un amas rocheux, parfois considéré comme une butte, un promontoire, et donc vu « de l’extérieur »; parfois compris comme une grotte, une excavation dans un rocher, donc « de l’intérieur ». Sur le terrain, souvent, des termes plus techniques viennent préciser le regard qu’avaient nos ancêtres, dans des siècles où on ne prenait pas tout au pied de…la pierre.

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