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Courroye (Philippe)

Courroye

C’est le nom d’un juge particulièrement placé sous le feu des media (*), celui de Philippe Courroye, magistrat parisien, procureur de la République au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, et chargé des enquêtes préliminaires dans l’affaire dite « Bettencourt », dont il a déjà été question dans cette chronique. Récemment, cette affaire a été « dépaysée », dans d’autres domaines on dirait « délocalisée », histoire de transmettre ce dossier brûlant dans d’autres mains tout aussi innocentes. Incroyable mais vrai: il s’agit donc de…la transmission de Courroye, et cela n’est pas un jeu de mots!En effet, étymologiquement, ce patronyme vient du verbe latin « corrigere », qui signifie, à la base, redresser, diriger, orienter fermement, pour ne pas dire…corriger. Quand on corrige quelque chose, ou, encore plus précis, quelqu’un, on le remet dans le droit chemin en le guidant; c’est le sens de ce mot latin (co-regere: régir en même temps). Comment donc en arrive-t-on à l’idée d’une courroie? Tout simplement parce que les romains avaient créé un autre mot, un nom commun, formé sur ce verbe « corrigere », qui était « corregia », lequel désignait « ce-qui-permettait-à-ses…pieds-de-rester-droits » (dans leurs bottes), le…lacet! Il ne s’agit donc pas ici de lanières, mais bien de chaussures montantes, le « corregia », la corroye en vieux-français, était donc un lacet, soit une fine bande de cuir pour nouer la botte et maintenir l’étoffe.

Puis, la « courroye » a grandi, s’est épaissie; et comme le mot « lacet » était né, on a réservé à « courroie » le sens d’un lacet cette fois épais, puis d’une bande de transmission, quel que soit le mécanisme!

Mais, entre le « corregia » romain et la « courroie » française, il y a eu une « étape occitane », qui est « correja », laquelle va garder le son « j » pour désigner une « corrège », à savoir une bande de terrain de forme allongée, parfois une terrasse cultivée, bref, un lopin de terre étroit. Lequel va donner son nom à celui qui en est le propriétaire, à savoir le…Corrège, puis Courrège(s) en « parisien », comme le nom du créateur de mode des années 70, André Courrèges, lequel aurait pu habiller ses mannequins de lanières, ce qui aurait été parfait étymologiquement.
Il y a une variante à cette « courrège », à cette bande de terrain: quand elle est particulièrement étirée, le nom de son propriétaire va devenir…Courrègelongue, tout comme les endroits où ont pu exister ces parcelles caractéristiques, comme à Captieux (33) ou à Fourques sur Garonne (47).

Je ne sais pas si le dossier Bettencourt est long comme une courrège, mais ce qui est sûr qu’on ne sait pas encore ce qu’il y a au bout de cette courroie!

(*) Non, je n’ai pas oublié le pluriel: media est le mot latin, directement transféré en français. Il ne prend donc ni accent sur le « e », ni de « s » à la fin, media étant déjà le pluriel de…medium!


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