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Cattenom, Fessenheim et Flamanville

Centrales nucléaires

«Explosion à Flamanville, aucun risque nucléaire», «Relance de la ‘vieille’ centrale de Fessenheim», et incendie à Cattenom (opportunément intervenu alors que tous les médias ne s’intéressaient qu’à une histoire de salaire d’assistante parlementaire), tout va bien mais les Cherbourgeois ont peut-être intérêt à déployer leurs…parapluies, la presse à passer son chemin, et les citoyens à regarder ailleurs, sauf peut-être dans les fondations de ces centrales, étymologiquement bien sûr.

Par ordre alphabétique, commençons donc par Cattenom, commune de Lorraine située dans le département de la Moselle (le Luxembourg est à 10 kms), «essentiellement connue pour sa centrale nucléaire», disent les méchants guides. Son nom n’a rien à voir avec celui des chats (cats, en anglais) mais bien celui des…Cattes, l’un des nombreux peuples venus de Germanie -au 10ème siècle- pour passer un week-end prolongé sur les rives des calmes plans d’eau de la région. On ne retiendra pas forcément le mot au pied de la lettre mais avec le sens général de ‘guerrier, assaillant, conquérant’ (devinez pourquoi…). Quant à la finale ‘-nom’ (prononcez nomm, ou même nommeu), il faut la décomposer en une consonne de liaison (n) et un ‘om’ final hérité du ‘heim’ germain qui évoque un lieu (*).

On retrouve alors ce Catte-n-om bien francophone sous l’une de ses premières orthographes locales, soit Kattenheim (équivalent néerlandais: Catwick -non rien à voir avec l’aéroport de Londres), autrement dit  »le lieu (des) guerrier(s) », ou  »la demeure des soldats’, soit probablement une caserne, un camp militaire voire un lieu fortifié.

Vous allez maintenant facilement comprendre ce Fessenheim, passé alternativement par des Vessenheim et Vescenheim dérivés de Fetzenheim au 8ème siècle. Il y a donc forcément ici une histoire de site ou de localité particulière, induite par ce même ‘heim’…Là où tout le monde n’est pas d’accord (sans beaucoup de propositions pour autant), c’est sur l’origine de ‘fessen’, le plus souvent attribuée à une déformation de l’allemand ‘fetzen’, qui qualifie quelque chose de déchiré, le plus souvent en tissu donc des lambeaux de vêtements (après l’explosion?), des guenilles ou des loques. Peut-être donc un hameau construit autour de la maison du chiffonnier, ou un endroit où l’on découpait du papier (le terme s’applique aussi à des documents)…Certains historiens rapprochent ce ‘Fessen’ de ‘Feyzin’ (riante cité industrielle des bords du Rhône, aux raffineries elles aussi explosives) et voient donc dans ce parallèle une explication délivrée par le blason de la ville, soit le latin ‘fascis’, qui désigne des verges, ces bâtons liés en…fagots (même racine, des faisceaux en langage savant) symboles de la légitimité de l’Empire romain (et re-germanique sous le IIIème Reich, d’où le terme de fascite!). Bref, on ne va pas pour autant mettre le feu à la maison Fessenheim.

Reste donc Flamanville (là aussi, flammes-en-ville…) qui n’a rien à voir avec le feu ni avec les flamants (roses) mais avec les Flamands (blonds) venus occuper, au 11ème siècle, le village de Sanctus-Germanus-de-Mari (non, pas le cousin canonisé de mon mari mais St-Germain-de-la-Mer), ancien nom de la cité nucléaire de troisième dimension à défaut de génération. Au fil du temps, grâce ou à cause de cette racine du nord, on trouvera les orthographes Flamencville, Flameville, Flamenville, Flamaville et même Flamouille (!) à deux reprises au 17ème siècle (ce que c’est de ne pas comprendre ce que l’on recopie). Et bien sûr, dans toutes ces versions, le ‘ville’ final vient comme d’habitude d’un ‘villa’ latin qui définit un domaine, un territoire, et non pas une maison. Il s’agissait donc d’un espace occupé par des Flamands.

Petit ‘plus’ final: savez-vous que le mot de néerlandais ‘flamenc’ (également dans le répertoire médiéval français) vient de la racine ‘vlaming’ (ceux qui s’intéressenr à la politique belge apprécieront), d’après le très ancien son ‘vlam/flam’ qui représente le bruit des flots tapant sur la terre, d’où l’idée de ‘terres inondées’, devenues plus tard nether-lands, le pays des zones ‘en-dessous’, sous-entendu du niveau de la mer. De quoi se noyer dans les ‘incidents’ nucléaires…

(*) fréquemment présent dans les patronymes de ces chroniques, c’est ce ‘heim’ qui a donné hameau en français (un lieu habité) mais aussi home en anglais (idem, mais en plus petit). Par ailleurs, tous les Alsaciens auront reconnu la terminaison de dizaines de leurs villes (Habsheim, Ingolsheim, Rixheim, Schlitigheim, etc, etc)


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