Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

Darmanin (Gérald)

Darmanin

‘Ministre de l’Action et des Comptes Publics’…vous ne saviez pas en quoi cela consistait (lui non plus, peut-être), mais maintenant vous savez que le monsieur va être plus ou moins impliqué dans tout ce qui concernera les décisions budgétaires, les récents développements sur les impôts, la fiscalité des entreprises ou la taxe d’habitation ayant un peu plus mis en lumière le patronyme de ce petit-fils d’immigré, le jeu de la chronique du jour étant de deviner son pays d’origine (linguistique) avant de cliquer sur ‘suite’…

Allez, je vous aide: il faut classer ce nom, comme des centaines d’autres, dans le registre des noms dits ‘de provenance’. Vous allez me dire  »ça nous fait une belle jambe (*), origine ou provenance, c’est pareil! ». Pas tout à fait: on entend par ‘provenance’ de préciser plus ou moins exactement le lieu…d’origine de la personne (en l’occurrence, de ses ancêtres), si possible d’un point de vue géographique.

En effet, il y a des Dubois (qui vient du bois), des Desmarais, des Lacombe, Laville ou Vallée, spécificités que je n’ai pas besoin de préciser et qui sont davantage des ‘marqueurs’ topographiques (en relation avec l’environnement ou le relief)…La provenance peut parfois recouvrir la même notion, mais désigne plus spécialement une dimension ‘nationale’ historique, en s’appuyant sur un territoire ou des évènements marquants qui ont pris un sens particulier. C’est le cas de tous les noms de villes (M.ou Mme Paris, (De)Lyon, Toulouse, ou de régions (Picard, Lenorman(d), Armagnacq, etc…), vous connaissez déjà tout ça.

Or, quand le lieu de provenance commence par une voyelle, le simple fait de dire de quelqu’un  »qu’il vient de… » oblige à créer une apostrophe pour signaler l’élision (la suppression) du ‘e’: De Armagnacq se transforme donc en Darmagnacq, ou d’Espagne en Despagne, en ‘agglutinant’ (collant) le ‘d’ au nom (rassurez-vous, ça ne marche pas avec tous les pays, on a trouvé d’autres trucs pour qualifier les gens). Mais évidemment, si je cite ces exemples, c’est que, comme vous l’aviez deviné depuis longtemps, notre Darmanin (né à Valenciennes, et rejeton d’une famille installée dans le nord de la France depuis quelques générations) est en fait un d’Armanin (non, pas d’Armentières); ne reste plus qu’à trouver (ou imaginer) d’où peut bien (pro)venir cet ‘armanin’.

Quelques recherches personnelles ( »on va voir s’il nous raconte pas des bêtises ») vous auront conduit sans doute à trouver rapidement des informations sur l’état-civil du papy de Gérald, de descendance…maltaise. Or, le mot ne doit rien au vocabulaire local mais -à partir d’ici, mettre les verbes au conditionnel- au nom d’une localité nommée Manin, elle-même fondée ou plus probablement développée par un éminent membre de la famille du dernier doge de Venise (19ème siècle, ou 18ème si par hasard il s’agissait du doge lui-même), le signore Manin en question ayant dû s’exiler sur l’île méditerranéenne pour fuir la colère de Napoléon (je vous résume). Pour tout vous dire, c’est un peu une légende.

Car voilà qui nous ferait plutôt un ‘Demanin’ que Darmanin, et, croyez moi, la lettre ‘r’ ne se dilue pas comme cela dans la prononciation (parfois, elle devient L, un ‘r rrroulé’, mais ne disparait jamais). Bref, il faut considérer que les ancêtres du ministre ont -réellement cette fois- émigré à Malte justement, lors d’une grande diaspora du 14ème siècle, depuis le pays…d’Arménie, confirmant ainsi la formation (attestée) d’un patronyme ‘D’Armenia’ en italien (on trouve aujourd’hui des Darmani, et leur diminutif Darmanino), ou ‘D’Armanie’ en français, devenus Darmenia et Darmanie, en vertu des phénomènes expliqués plus haut. Du coup, le ‘darmanin/darménien’ eut presque pour un temps la fonction d’adjectif (un darmanin ou un darmanien, un peu comme un dalmatien) avant de se figer en nom dit ‘propre’, et le tour est joué.

Pour autant, ne faites pas comme un certain nombre de journalistes qui l’ont appelé spontanément (et en toute innocence)…Darmanian, et espérons que, contrairement à son lointain pays de provenance, le ministre sera moins enclavé dans le gouvernement que l’Arménie par ses voisins. Sauf étymologiquement bien sûr.

(*) expression française idiomatique, pour les lecteurs étrangers (that’s a fat lot of good!)


N'hésitez pas à soutenir ce site ! Il vous est possible de faire un don libre pour assurer un contenu régulier et sans publicité. Votre participation serait grandement appréciée !

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>