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Desproges (Pierre)

Desproges

Pour un mariage, ce seraient les ‘noces de perle’, et le moins qu’on puisse dire c’est que l’humoriste en a enfilé pendant sa vie artistique et conjugale avec les Français. Même si l’une des plus cyniques (1) des maximes desprogiennes -si, le mot existe- était « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien », voilà un homme qui a largement défriché la langue française, et pour cause…

Vous en avez maintenant l’habitude et donc déjà deviné que ce nom est formé de deux éléments, dont il convient de détacher tout de suite l’article indéfini pluriel qui le commence, et qui constitue un ancien ‘des-proges’, comme il existe un des-loges, des-logis (maréchal ou non), des-champs ou des-marais, bref un toponyme décrivant plus ou moins précisément les caractéristiques du lieu habité par un ancêtre qui a écopé d’un surnom qui permettait de le repérer dans la communauté ou dans le pays.

De ces ‘proges’ relativement rares, on n’a pas beaucoup de ‘citations’ (de références) sauf une forme médiévale en ‘proje’, d’après ‘proia’ en écriture latine qui ne connaissait pas le ‘j’, donc ‘proie’ en ancien-français mais rien à voir avec la cible d’un prédateur; il s’agit d’un terme de patois limousin qui désigne un terrain inculte (ou abandonné, donc improductif) que l’on va qualifier globalement de friche.

Le procédé est assez fréquent dans nos régions, chacune ou presque ayant un et parfois plusieurs termes pour définir l’un des domaines aux enjeux vitaux pour notre (ex)société de paysans, la qualité du sol. Que le terrain soit de bonne terre ou de cailloux dans de l’argile sèche impactait en effet toute l’économie agricole, d’où…l’abondance de mots comme le très répandu et sud-occitan ’artigue’, à l’origine d’un nombre incalculable de communes et lieux-dits, ainsi que des familles Dartigue(s) évidemment mais aussi Lartigue, Lartigot ou Lartigau, comme l’acteur et comédien Gérard, et le réalisateur Eric (2).

Pour ne citer qu’un autre exemple parmi des dizaines (3), on peut aussi parler des Couderc et Coudert (Couder en version de base), d’après un probable ‘coderc’ lui aussi occitan mais un peu plus au ‘nord’ (Massif central), souvent associé à une surface inexploitable (trop petite ou mal découpée) proche des maisons ou d’une route, d’où l’abandon en friche. Même raisonnement pour quelques rares Sardou -à condition qu’ils ne soient pas méditerranéens comme la majorité, sinon c’est une indication claire de Sardaigne- installés en pays de ‘sard’…charentais, c’est-à-dire de terre es-sard-ée (essartée en français moderne) donc cette fois en bonne voie de défrichage.

Signalons aussi la très populaire et languedocienne ‘bosiga’, d’après le latin ‘bodica’ (j’ai pas dit la bodega!), qui vise à nouveau un terrain pauvre qu’on va laisser le plus souvent en jachère, et dont la mauvaise qualité glissera rapidement en friche. Résultat: les patronymes des familles Bouzigue, Boudigue ou encore…Bouygues, qui sauront valoriser les surfaces libres par du béton! 

Notez que, très souvent, l’idée de terres perdues pour les cultures se retrouve dans des noms en rapport avec un bourbier ou des terres marécageuses, aussi inexploitables que des parcelles envahies par une végétation indésirable. Petite liste rapide dont vous avez ici à chaque fois une chronique entière avec ses explications et ses anecdotes (tapez le nom…): les gens de la ‘noue’, ‘nouve’ ou ‘noë’, soit les Delanoë (comme l’ex-maire de Paris) et les…Deneuve (comme Catherine); les Marais bien sûr (comme Jean) donc les Desmarais ou Desmarets (comme Sophie, ex-partenaire de Guy Bedos).

Si vous préférez les versions ‘étrangères’, vous avez le choix entre les Sarkozy (si!) ou les Van Den Broecke, flamands évidemment comme le champion cycliste Jurgen; ou encore les Poelvoorde (comme Benoit); et tant qu’on est dans le pays, jetez un coup d’oeil sur le ‘bruoc’ (sella) de…Bruxelles, équivalent étymologique presque parfait du saxon Twickhenham et du germain Hambourg! Des villes dont on pourrait dire qu’elles aussi sont ‘des proches’, au moins étymologiquement.

(1) Etymologie (grecque) de ‘cynique’: qui a un rapport avec le(s) chien(s), d’où, par exemple, la spécialité des équipes ‘cynophiles’ (qui utilisent des chiens); puis plus tard, au figuré, le caractère de chien hérité des philosophes comme Diogène, à l’esprit…mordant et provocateur.

(2) Gérard Lartigau: ‘Les choses de la vie’, ’Indochine’, ‘Yves St Laurent’…Eric: ‘La famille Bélier’…

(3) Allez, participez un peu, notez vos propositions respectives en commentaire en fin d’article (avec si possible quelques explications), je suis sûr que vous en connaissez.


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