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Dijon (21)

Dijon et Hollande

«Le Voyage à Dijon», ce pourrait presque être un titre de film ou d’opéra (‘Le Voyage à Reims’, de Rossini), épopée comique où des personnalités sont retardées dans un déplacement diplomatique….L’Histoire (enfin, à tout le moins l’Actualité) retiendra désormais le nom de la capitale bourguignonne pour autre chose que la moutarde, même si elle monta largement au nez de quelques opposants (on n’ose pas dire manifestants) postés le long du trajet présidentiel. Bonne occasion de se poser une question tout à fait superflue et donc forcément indispensable: au fait, quelle est l’étymologie de Dijon?

Il était une fois, à un moment du 1er siècle après JC, un petit village de (la future) Bourgogne. La principale caractéristique du lieu, pas encore connu pour la brassicacée champêtre qui permettra de fabriquer le célèbre condiment, c’est d’avoir des maisons posées à un emplacement géographique particulier, un carrefour. Dans un premier temps, il ne s’agit que d’un hameau gaulois, posé le long de la voie romaine (à l’époque, il n’y avait pas beaucoup de nationales) reliant Châlons sur Saône à Langres. Puis le village se structure et devient un ‘castrum’, un lieu fortifié qui permet l’installation d’un marché réputé, lequel fait alors du site un passage commercial et donc le croisement de plusieurs routes. Ainsi devient-il «la ville à deux voies», autrement dit en latin ‘duo’+'via’, ou plutôt, sous l’influence encore forte du gaulois , ‘di+vio’ qui deviendra enfin Dijon en français. Rien à voir donc avec quelques interprétations farfelues d’un marais ‘à dix joncs’, mais avec une cité développée grâce à un immense marché.

Il est un peu stupéfiant de constater qu’un lieu de (super)marché soit déjà (à) un Carrefour, mais puisqu’on parle de Dijon, impossible de ne pas goûter un peu à la moutarde, dont l’étymologie est au moins aussi étonnante que le nom de la ville. La tradition raconte qu’en 1388, la ville avait spontanément fourni une troupe de mille hommes pour aider le duc Philippe II le Hardi à conquérir la Flandre. Lequel, pour la remercier, lui accorda le droit de porter sa devise sur son blason, devise qui disait (restituée en français moderne): “Il me tarde beaucoup” (sous-entendu : d’aller au combat). En vieux-français, cela donnait donc “Moult me tarde”, et comme la devise était écrite sur un parchemin roulé, on dit que le “me” resta plié, ne laissant apparaitre que “Moult tarde”, je ne vais pas vous faire un dessin…C’est joli, non?

Le problème, c’est que Dijon faisait déjà de la moutarde deux siècles avant cette anecdote; alors, la véritable étymologie vient plus sérieusement du latin “moût ardente”, c’est à dire “ le moût qui chauffe beaucoup” (quand on en mange), ce qui correspond bien mieux à la pâte que vous obtenez en faisant macérer des grains de sénévé dans leur…moût, précisément. Le produit rendra également célèbre une autre ville que Dijon, de funeste façon: cette fois, il faut se transporter plus au nord, en Belgique, où, pendant la Première Guerre Mondiale, on expérimenta les premiers -et terribles- ‘gaz moutarde’ lors de combats autour de la ville d’Ypres, créant ainsi le mot d’ypérite, substance désormais interdite. A-fortiori dans les engins lacrymogènes chargés d’éloigner des importuns lors de manifestations, à Dijon ou ailleurs.

Ps: au cas où vous ne l’auriez pas remarquée, mention spéciale à la manchette de ‘Dijonscope’ (sur la photo), qui ne recule devant aucun jeu de mots. Piquant, non?


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