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Le brave Jean (de La Fontaine) vous avait raconté la mouche du coche (1), cet insecte importun qui se…piquait de faire sortir un attelage de l’ornière à lui tout seul en titillant les chevaux, sans que d’ailleurs on ne lui ait rien demandé. Quatre siècles plus tard, voici la saga des drones, tragi-comédie en neuf décors (pour l’instant), qui agace les autorités françaises, en faisant survoler les centrales nucléaires par quelques UAV indésirables.

UAV? C’est le nom, certes moins évocateur, de ces drones de machines, autrement dit les initiales de l’anglicisme (forcément)  »Unmanned Aerial Véhicle », soit véhicule aérien non-habité (sauf, éventuellement, par de mauvaises intentions). De fait, ces OVBIMNM (objets volants bien identifiés mais non maitrisés) ressemblent à de gros insectes, qui font vrombir, comme leurs homologues biologiques, deux paires d’ailes au-dessus de techniciens réduits à regarder voler les mouches.

Ironie de la langue: bien qu’elles ne puissent pas en capturer, les autorités (in)compétentes risquent de prendre la mouche si les opérations se renouvellent trop souvent. Ou plutôt devrait-on dire qu’elles risquent d’avoir le bourdon; car, y aviez-vous pensé,  »drone » n’est pas ni un sigle ni une abréviation (2), mais tout simplement le mot anglais qui désigne une abeille mâle, plus exactement nommé chez nous un ‘faux-bourdon’. De fait, on comprend aisément la comparaison entre le ‘cri’ de l’insecte, à savoir le…bourdonnement ou le vrombissement (termes techniques officiellement utilisés par les pionniers de l’aviation pour qualifier le bruit des moteurs à hélice).

D’ailleurs, dans un 13ème siècle où français et anglais étaient plus proches (je veux dire les langues, pas les soldats), ce ‘bourdon/drone’ désignait plutôt une fréquence sonore faible et basse, comme un murmure, un marmonnement, ou le son monotone d’une voix (et donc, plus tard, d’un moteur à piston qui..ronronne sur une aile d’avion). Etymologiquement, ‘bourdon’ n’a d’autre racine qu’une onomatopée, c’est-à-dire que le mot est censé imiter le bruit sourd qu’il représente (ce qui prouve bien que les anglais n’ont pas les mêmes oreilles que nous. Ou peut-être pas les mêmes moteurs, entre le ‘dron-dron-dron’ monocylindre, et le ‘bourdon-bourdon-bourdon’ à deux temps?).

Mais laissons là ces bourdons en général peu appréciés des vacanciers estivaux (et des abeilles), au profit de drones à la sonorité très technologique, que l’on associe -vocalement- plus ou moins inconsciemment à l’autre mot…anglais de ‘clone’, lui-même emprunté au grec qui qualifie une jeune plante ou un jeune arbre. Rien à voir donc entre les deux, bien au contraire: il faut que l’un pousse, et que l’autre tire (pour faire mouche). Y compris étymologiquement.

(1) Contrairement à ce que l’on croit parfois, ce n’est pas le titre exact de la fable, qui est «Le coche et la mouche».
(2) J’ai entendu quelque part que c’était ‘sans doute’ une abréviation de…aérodrone. C’est sans doute ce que l’on appelle du ‘buzz’, du faux-bourdonnement!

* Voir aussi, en complément, la chronique… »drone », de novembre 2013.


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