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éclisse

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Suite (et peut-être pas fin) des événements ferroviaires ‘de l’été’, en attendant que l’actualité mette à l’honneur quelque chose ou quelqu’un d’autre qu’un coureur cycliste déjà suspect avant d’avoir gagné…Après Brétigny-sur-Orge donc, voici le second mot le plus prononcé de la semaine, celui d’éclisse, les faits-divers, les guerres ou les catastrophes ayant cet avantage d’enseigner du jour au lendemain à des millions de gens à quoi sert une barre d’aiguillage, ce qu’il s’est passé à Timisoara (1) ou dans quel pays se trouve Fukushima.

Eclisse donc, grain de sable dans la mécanique ferroviaire aussi inattendu qu’une lame tombée d’un Boeing décollant quelques minutes avant Concorde: le parallèle n’est pas exact, mais l’enchainement des circonstances oui, dans la mesure où c’est une minuscule lame de fer qui est venue perturber le trajet du train…C’est d’ailleurs bien l’étymologie la plus précise d’un mot qui remonte à dix siècles (!), peut-être même à l’époque de Charlemagne, lequel ne connaissait en matière de lame que celle(s) de ses épées. La racine est donc découpée dans un très ancien dialecte germanique, quasiment d’après une onomatopée, un son transformé en mot (ou réciproquement). En l’occurrence, il s’agit du terme ‘sliti’. Je sais, ça n’a pas l’air comme ça, mais c’est censé représenter le bruit que fait une coupe tranchante dans la peau (le plus souvent) d’un ennemi, ou, si vous préférez l’époque moderne, un peu le sifflement de la machine à découper le jambon blanc chez votre charcutier. Vous entendez?

Ce ‘sliti’ va rapidement prendre un chuintement pour devenir ‘schliti’ dans diverses (futures) langues, le plus explicite étant l’allemand ‘schlitz’, qui veut dire une fente, une découpe (et là, ça fait davantage de bruit, non?) En France, par plusieurs phénomènes un peu long à énumérer ici et peut-être aussi par esprit de contradiction, nous allons jouer les dyslexiques en manipulant le son pour en faire notre ‘kliss’, puis éclisse, le premier avatar du germain arrivant à l’époque de Roland (de Roncevaux) avec le verbe ‘escliver’ puis éclisser, c’est à dire faire une fente, toujours, au choix, pour saucissonner l’armure de votre voisin ou pour faire une Brèche dans les montagnes Pyrénées (pour ceux qui connaissent le cirque de Gavarnie). A l’origine donc, l’éclisse n’est pas la pièce découpée elle-même, mais la découpe dans une matière faite par une lame extérieure (je sais, c’est un peu tiré par les boulons, mais c’est comme la différence entre un angle et un coin. Qui fait le coin et qui fait l’angle, je ramasse les copies dans quatre heures).

Par contre, l’éclisse n’est pour rien dans toutes les ‘éclipses’, lesquelles n’ont -à l’origine- pas grand’chose à voir (si j’ose dire) avec la disparition de la lumière du soleil, en tout cas pas directement: le mot vient en effet d’un verbe grec cette fois, qui veut dire ‘abandonner, quitter quelque chose ou quelqu’un, voire…mourir (quitter la vie!)’, expression en général réservée aux rois ou aux phénomènes importants; d’où les différents mythes. Une éclipse, c’est donc en fait le trajet d’une planète (ou tout autre astre) qui ‘quitte’ sa trajectoire régulière ou son plan de progression (l’écliptique) pour décrire une orbite sinon inhabituelle du moins ‘non orthodoxe’ (= pas entièrement circulaire). Tout cela étant bien sûr une interprétation strictement littéraire, les définitions astronomiques ou mathématiques sont beaucoup plus…distantes.

Mais le résultat est là: pour les Anciens, une éclipse du soleil (l’obscurité), ce n’est que l’effet induit du passage ‘inattendu’ de la lune entre notre étoile et la Terre, et vous pouvez appliquer le raisonnement à toutes les éclipses ou retourner l’histoire comme vous voulez, pas moyen de s’éclipser!

(1) au fait, c’est où, et ça s’est passé en quelle année?


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Un commentaire au sujet de éclisse

  1. Vu dans des « Racines et des Ailes » sur la gascognes, où des agriculteurs restauraient un mur en torchie. Pour cela, ils coinçaient entre les poutres des batons pour faire tenir le torchie. Ils appelaient ces batons des « Eclisses ».

    Cordialement.

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