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Egypte

Egyptair

Déjà ‘à la Une’ en août 2013 lors d’un (autre?) événement terroriste, lle nom de ce pays est sur tous les écrans, via la cabine de l’avion disparu. Vous vous souvenez de son étymologie? Peut-être êtes-vous depuis peu lecteur de ce site? Quoi qu’il en soit, essayons pour l’occasion de remonter ensemble aux sources sinon du Nil, du moins aux racines du mot.

Comme souvent, le nom d’un pays appartient à une langue étrangère, puisqu’il faut être extérieur à un endroit pour le considérer, donc le surnommer puis le nommer. Exemple: ‘le côté où le soleil se lève’ se dit Zhippong (Japon), en…chinois; ‘le territoire de la déesse Erin (ou Eire) se dit Ireland, en…anglais; les Etats ne sont ‘Unis’ que parce qu’un français à eu l’idée de les appeler ainsi; et la France n’est jamais que le mot…allemand (bon d’accord, germain) pour qualifier la tribu d’Europe du Nord qui s’y est installée, etc. Bref, l’Egypte est donc un mot grec (puis latin), qu’on pourrait décomposer phonétiquement en ‘ég-ypte’, ou, avec des sons homonymes et sans tenir compte de l’orthographe, en ‘aige-upte’, ce dernier mot comportant bien un ‘u’ grec noté ‘y’ comme de bien entendu*.

Dans les deux racines en question, vous avez peut-être déjà compris que ‘upte’ re rattache à l’adverbe grec qui signifie en-dessous (upo, ou hypo en français); et le ‘aige’ initial correspond au nom de la mer bien connue des navigateurs hellènes, la mer ‘Aigaïe’ soit ‘Egée’ en français. L’Eg(ée)-Ypte, c’est donc (sous-entendu: le pays ou le territoire qui est) en-dessous de la mer Egée. Ne cherchez pas (hélas) dans les profondeurs de la grande bleue, il s’agit évidemment ici d’être ‘dessous’ d’un point de vue cartographique, donc ‘plus bas’, en terme de parallèles, tout simplement; exactement comme le Haut-Rhin est plus ‘bas’ que le Bas-Rhin sur un plan…Et ce n’est pas la seule explication possible, car, assez souvent (surtout dans un pays ‘désertique’), les Anciens désignaient indifféremment le pays tout entier et/ou la ville principale qui le représentait, et pas forcément celle que nous connaissons comme capitale de nos jours; en l’occurrence, il peut être question de la cité la plus importante dans l’Antiquité, à savoir Memphis.

Et Le Caire alors? Le nom français vient d’une adaptation depuis l’italien ‘Il Cairo’, destination maritime nocturne (‘Night Boat to Cairo’) d’un groupe de musiciens fous nommés Madness (pour ceux qui n’étaient pas nés en 1979, tapez le nom du groupe et de la ville dans votre moteur de recherche préféré, vous ne regretterez pas d’être nés plus tard). Or, pour une fois, le mot italien vient vraiment de l’arabe ‘Al Qahira’ (non, pas avec un ‘d’), qui dépeint le caractère de la ville: une place-forte qui défie l’ennemi (traduction libre)…Là encore, certains pensent qu’il faut plutôt relier Le Caire avec le mot ‘el qahir’, c’est à dire le mois de mars -et donc de Mars, présent dans le ciel au zénith lors de la fondation de la ville au milieu du 10è siècle). Dernière hypothèse, celle de ‘la terre de Râ’, dieu capital de la mythologie locale (al-qahi-Râ?), mais ne reste plus alors qu’à attendre quasiment quatre millénaires (!) avant de bâtir le premier rempart et de planter le panneau d’agglomération, bizarre, bizarre…

C’est presque aussi compliqué que le nom du fleuve d’Afrique Noire sans lequel l’Egypte n’existerait pas, le Nil évidemment. Descendu du Rwanda, ou du Burundi, ou de la Tanzanie, etc (il en va des sources de ce fleuve comme du tombeau de Napoléon, on en trouve plusieurs selon les époques), le Nil ne dirait rien aux Egyptiens antiques, qui l’appelaient ‘itéru’, (orthographe reconstituée en ajoutant des sons de voyelles totalement improbables, mais on n’a rien d’autre comme enregistrement sonore, car pas moyen de passer en canal vocal sur un hiéroglyphe!). La chose veut dire la grande-rivière (Rio Grande, si vous préférez), ce qui est loin d’être bête, même si pas très créatif. Ce sont encore les Grecs qui vont venir tremper leur papyrus en le baptisant ‘Neilos’ (puis Nilos, puis Nil), définition du delta proprement-dit, partie la plus intéressante du fleuve, commercialement et militairement (on a échappé au ‘Col de l’Itérus’, c’est toujours ça de pris).

Voilà pour ce petit tour linguistique à travers les noms les plus caractéristiques du pays; une prochaine fois, nous parlerons des sirènes du port d’Alexandrie (Aaaaahh!).

(* voir de plusieurs précédentes chroniques, en tapant ‘u grec’ dans le champ de recherche en haut à droite)


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