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Griveaux (Benjamin)

Griveaux

Blaise (c’est son second prénom) est donc le Benjamin (à défaut de benjamin) du gouvernement ‘Philippe 2′ comme disent les médias (c’est beau comme un roi d’Espagne et auguste comme un roi de France). Visiblement, le jeune homme (40 ans pile) ne porte pas les stigmates de son patronyme, ce qui n’a rien d’illogique vu son âge. Aucune inquiétude: il ne s’agit pas d’un problème physique mais tout simplement, comme souvent en onomastique, d’un surnom accordé à l’un de ses ancêtres, particulièrement…grivé.

Qu’il porte un ‘x’ ou pas, Griveaux n’est pas le pluriel de grivé ou grivel, mais l’orthographe locale de cette racine en Saône-et-Loire (ça tombe bien, Benjamin est né à St-Rémy, près de Chalon, mais c’est juste une coïncidence heureuse de la présence familiale). La racine en question, dont on trouve aussi des versions Griveault ou Griveaud (même région) mais aussi Grivaud (en Vendée), Grivault (en Loire-Atlantique), Grivaux (Yonne) et même Grivet ou Grivot (Loiret), a un rapport direct avec une…grive, tout simplement.

Ce petit oiseau cousin du merle et mélomane (l’espèce la plus sympathique est dite ‘musicienne’) avait pour nos ancêtres une caractéristique évidente (étymologiquement=visible) un plumage tacheté noir-et-blanc, d’où le transfert, assez classique, de cette singularité pour désigner des gens au ‘pelage’ similaire, autrement dit, chez les humains, aux cheveux ou à la barbe poivre-et-sel (donc pas gris, mais vraiment à base de touffes bi-colores distinctes).

Le procédé n’est pas exceptionnel, puisqu’il s’applique aussi à d’autres comportements et…noms d’oiseaux: les Chardonnet ou Chardonneau, eux aussi, évoquent les capacités de chanteur du chardonneret; idem pour le chant des Pinson. Les Corneille (comme Pierre) ou Cornille seront des gens bavards ou criards comme le faux-corbeau; les Sigogne ou Sigogneau, des hommes au long cou ou aux jambes maigres (!); les Pivert ou Lapie se passent de commentaire, tout comme les Lemerle.

Quant aux Etourneau(d), ce sont tout simplement des…étourdis, en raison du tracé de leur vol, jugé erratique et sans logique (ce qui est probablement faux), d’autant que, pirouette linguistique ultime, l’adjectif français vient du latin ‘sturdus’ qui désigne une grive (!), décrite dans les textes comme un oiseau au plumage tacheté de…blanc, et non plus de noir (pour les Romains, les zèbres sont-ils noirs avec des rayures blanches ou le contraire?)!

Autre détail intéressant, c’est la présence au gouvernement d’un autre oiseau, le représentant d’une espèce (symboliquement) taciturne et renfermée mais pourtant chouette puisqu’il s’agit du Hulot (comme Nicolas*). Plus surprenante encore est l’origine du mot même de grive, le nom commun initial donc, puisqu’elle doit son nom à la…Grèce, territoire de migration hivernal supposé de la bestiole que les Latins, encore eux, ont appelée ‘graeca’, transformé en ‘grica’ puis ‘griva’ par la suite.

Mais le trait de caractère le plus spectaculairement inattendu de la grive apparaît au 17ème siècle, où l’on prête au volatile des habitudes de chapardage qui vont donner son premier sens à l’adjectif…grivois, c’est-à-dire voleur donc moralement répréhensible, connotation qui va rapidement dériver vers tout comportement qui n’est pas correct. Ce qui ne saurait bien sûr être le cas de Benjamin; sauf étymologiquement!

(*) voir sa chronique particulière en tapant le mot dans le champ de recherche


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