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It’s a boy! (Copacabana)

Copacabana

Certes, personne n’en doutait, mais l’annonce pourrait être également rédigée ainsi à la Une des journaux: «Le Père François en villégiature à Copacabana», ce qui eût donné une tout autre connotation à la virée papale bisannuelle. Car ce pape, que les médias évitent si soigneusement de nommer «François 1er», pour éviter la confusion (!) avec l’emplumé de Marignan*, se retrouve en effet assez souvent dans la bouche des journalistes (télé, essentiellement) sous le terme ‘Père François’, lapsus malheureux qui n’évoque (peut-être) pour les francophones qu’un célèbre «coup» éponyme, très pratiqué par les bandits au 19è siècle, et qui consistait à détrousser un passant en s’y attaquant à deux. Mais trêve de mauvais esprit, si nous nous intéressions un peu au circuit brésilien de notre François, qui passe par des lieux qui ne manquent pas d’assise, y compris étymologiquement…

Il a déjà été question ici, dans plusieurs chroniques, de l’embouchure de ce ‘fleuve de janvier’ (rio de janeiro) que les explorateurs avaient prévu d’atteindre en décembre, mais savez-vous que la célèbre plage de sable de quatre kilomètres et demi qui servira d’esplanade à la messe officielle (Copacabana) est un mot…bolivien?! En effet, le terrain de jeu favori des cariocas et autres chicas en string fluo imperturbablement bénies par les bras ouvert du Christ de Corcovado est un mot qui descend (de 3.815m, quand même) des montagnes du lac poissonneux de Titicaca…On saute alors quelques siècles pour survoler l’arrivée des Incas puis celle, traditionnellement ravageuse, des conquistadors chrétiens qui extermineront les populations locales pour leur bien, et l’on arrive à une époque où l’on crée un village sur les bords de ce lac désormais nettoyé de tout animisme local, une bourgade à laquelle il faut trouver un nom.

D’évidence, on y a une superbe ‘vue sur le lac’, ce qui se dit en dialecte local «Kota Kahuana», orthographe sauvage que les occidentaux vont rapidement transcrire en ‘Cota-Cahuana’, puis CotaCavana’, et forcément Copacabana, à l’espagnole (il y a loin de la coupe à la cabane?). Les indigènes peuvent parfois rire sous cape (Dolce & Cabana), car les véritables racines du mot sont peut-être un hommage à leur déesse de la fécondité Kotakawana, ce que les hidalgos comprendront et traduiront de la même façon; d’ailleurs, dès le 16è siècle, le lieu devient un centre de pélerinage en dévotion à une vierge prodigue en miracles divers.

Bien qu’il n’y ait plus de vierges depuis longtemps sur les rivages de Copacabana, il faut tout de même que le mot arrive jusqu’au pied du Pain de Sucre, où ce sont alors les portugais qui se coltinent les puanteurs des marais qui recouvrent la future plage; ce sont des étangs malodorants, ce qui se dit…’Ipanema’ en dialecte local, dont une fille fera, quatre siècles plus tard, les riches heures de la musique traditionnelle du pays. Et il paraît que ce sont des marchands d’or boliviens (et probablement aussi péruviens) qui auraient fait construire une chapelle au bout de la baie, en hommage à leur protectrice nationale, important ipso-facto le nom de Copacabana dans un pays qui n’avait rien demandé (même principe que les -vierges de- Guadalajara du Mexique, directement issus des monastères du sud de l’Espagne). Le seul intérêt sera, encore une fois, discographique, car il permettra un jour à une certaine Line Renaud de faire croire aux touristes japonais du Lido que toutes les brésiliennes sont des ‘showgirls’ qui savent descendre les escaliers (des favellas?) avec des plumes dans le dos.

Mais finalement donc, François l’Argentin ne fait que redonner à la langue de sable côtière sa fonction première, au pied d’un promontoire qui s’appelait alors ‘Pau-nh-acuqua’ (la grande colline), et que nos mêmes portugais, toujours ensablés des oreilles, ont forcément compris comme ‘pao de açucar’, évidemment (mal) traduit en ‘pain de sucre’, en raison de sa forme phallique. Dieu merci (si j’ose dire), à cette époque, les boulangers ne faisaient pas encore de boules. Sauf peut-être quelques boulettes étymologiques.

* bon courage à un futur (et hypothétique) François II (le roi de France qui mit quasiment le feu aux poudres contre les…protestants)


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