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Latombe (Philippe)

Latombe

Le débat du moment ne concerne pas seulement la découverte de marchés aux esclaves sur Terre (par ailleurs si promptement condamnés par des footballeurs que les clubs se revendent sans problème chaque semestre à coups de millions d’euros) mais à celui, plus local, de la garde partagée des enfants après divorce. L’auteur de cette proposition de loi est un jeune député de Vendée, lui-même papa en quête d’une alternative qu’il ne faudra sans doute pas enterrer…

Malheureusement, le monsieur s’appelle Latombe, ce qui n’a pas échappé à quelques collègues venus chuchoter derrière les colonnes de l’Assemblée Nationale, cour d’école parlementaire oblige. Or, toute allusion…tombe mal puisque, même s’il s’agit bien -comme toujours- d’un effet d’agglutination (de collage) entre l’article ‘la’ et le nom commun ‘tombe’, cette dernière n’a pas du tout le sens qu’on lui a donné par la suite, au moins topographiquement!

Car une tombe, c’est tout simplement au départ un…tas, plus spécifiquement un tas de terre (et/ou de pierres), une simple élévation, parfois jusqu’à un promontoire. Le problème, c’est qu’effectivement cet effet de hauteur a été rapidement limité et, contrairement au ‘podium’ latin qui allait donner naissance à tous les ‘puys’ possibles ou au très militaire ‘oppidum’ romain destiné à la surveillance des environs, ce ‘tumulus’ a spécifiquement servi à signaler une petite bosse de terrain sur laquelle il fallait éviter de marcher si on voulait respecter le cadavre qui se trouvait dessous (ou dedans).

Déjà chez les Grecs, le ‘tumbos’ désignait un tertre (que le français actuel comprend malgré tout comme un large panorama), puis un tumulus donc (même racine que tombe), dans lequel il n’y avait pas encore de…tombeau, c’est-à-dire de cercueil, qu’il faudra par la suite déposer dans un trou pour éviter de se cogner les orteils par inattention ou de voir un jour réapparaître les planches de bois à fleur de terre. Une tombe, c’est donc juste le tas qui sert à planter une croix fabriquée avec deux bâtons, avec parfois le corps directement recouvert de terre comme dans les westerns; le ‘tomb-eau’, avec un suffixe diminutif (1), devient donc théoriquement un ‘petit tas’…

Mais comme tout ce qui tourne autour de la sépulture (donc de la mort) est relativement tabou, cette particularité a finalement permis à la tombe de servir de point de rendez-vous annuel aux amateurs de chrysanthèmes, en représentant une construction qui dépasse du sol. Il est vrai que les premières tombes des civilisations ‘avancées’ étaient souvent réservées aux nobles et aux riches (ou aux pharaons) et qu’on leur édifiait des monuments qu’on ne pouvait pas rater à l’horizon; les pauvres -ou les mécréants- étant pour leur part directement versés dans une tombe commune cachée le plus loin possible des regards et sans pierre…tombale sur laquelle faire tenir un vase, ce qui la maintiendra au stade de ‘fosse’!

Heureusement, si j’ose dire, il reste un domaine où la tombe a gardé une certaine supériorité, c’est celle de la géographie (plutôt de langue d’oïl), pour laquelle les communes de La Tombe (pas encore contractée) représente tout simplement un endroit élevé, disons une petite colline. Dans les départements de Seine-et-Marne, de l’Aisne ou du Nord, c’est aussi le cas de La Tombelle (la toute-petite colline) qui pourra également devenir Latombelle. C’est ce sens qui s’est transmis dans le nom de l’ancêtre de notre député dont la lignée avait peut-être l’habitude d’aller siffler sur la colline pour y cueillir son petit bouquet d’églantine, et sûrement pas pour décorer le caveau familial (de toutes façons, les cimetières ne sont jamais en hauteur).

Ajoutons que, contrairement à quelques rumeurs d’école primaire, une tombe n’a rien à voir non plus avec le verbe tomber, même si, dans certaines régions, beaucoup de soldats sont bel et bien tombés au combat; par contre ce même verbe a donné naissance non pas au tombeau mais à un véhicule (dès le 14ème siècle) dont la charge faisait basculer (tomber) la caisse au remplissage, le…tombereau! Voilà une bonne raison pour ne pas continuer à en faire des tonnes dans cet article, et surtout pas étymologiquement.

(1) tombeau = petite tombe, comme lionceau = petit lion, souriceau, éléphanteau, etc…ou même couteau, la petite-lame (par rapport au ‘coult’, le grand-couteau officiel c’est-à-dire le soc de la charrue!)


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