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Occident

Occident

Dans une chronique précédente, il a été question de Lorient (= l’Orient). Je ne sais pas si nous avons beaucoup de lecteurs bretons (ou peut-être de supporters du PSG?), mais un internaute me demande: “Merci pour l’orient, mais qu’en est-il d’occident ? Rien à voir avec l’Occitanie je suppose, même si celle-ci se situe en Occident…” Voici donc quelques éléments de réponse à cette question géodésique!

Commençons par la définition stricte du mot “occident”, lequel vient -comme “oriri” pour orient- d’un autre verbe latin qui est “occidere” et dont le premier sens est “tomber”. Tomber, quand il s’agit d’un objet (une pomme qui se décroche d’un arbre, par exemple); succomber ou mourir, quand il s’agit d’une personne (à moins d’être déjà dans un lit, la mort entraine forcément la chute du corps au sol); être anéanti ou être détruit quand il s’agit d’une maison ou d’une ville (on dit bien la “chute de Rome”); et enfin, finir, ou se coucher quand il s’agit du jour ou d’une étoile, ce qui est bien le cas -en tous cas visuellement- pour le soleil, qui donne autant l’impression de tomber dans la mer le soir que d’en émerger le matin.

L’occident, c’est donc le côté où tombe le soleil, tout simplement . Pour passer du verbe latin au nom commun français, on a utilisé une sorte de participe présent “occidens”, puis “occidant”, et enfin occident, via le bas-latin et le vieux-français. (Petite remarque au passage sur l’intérêt de l’orthographe, qui codifie la façon d’écrire pour éviter les équivoques: la graphie occident/occidant avec deux “c” montre bien qu’il n’a aucun rapport avec “oxydant”, qui lui est pourtant semblable d’un point de vue phonétique!).

Qu’en est-il alors de ce groupe de langues qu’on appelle l’occiTAn? Là encore, l’étymologie vient lever toute équivoque avec occident, car, cher lecteur, l’occitan n’est pas “en occident”, mais…au midi, ou, si vous préférez, au sud! De fait, “occitan” se comprend de la façon suivante: oc(ci)-tan, avec une terminaison qui évoque une langue ou un langage, et une racine “oc” qui veut dire “oui”. On doit l’idée au poète italien Dante, qui, au 13è siècle, eut l’idée de classer la provenance des nombreux dialectes de la France de l’époque en les regroupant selon la façon dont on disait le mot le plus simple, oui. Il y avait donc le “oui du Nord” (oïl), le “oui du Sud” (oc), ce qui nous donna l’oc-citan (dont faisait partie également le dialecte de langue-d’oc. La langue d’Oc, c’est la façon de parler dans la zone géographique où « oui » se dit « oc »). Aucun lien, on le voit, avec quoi que ce soit qui puisse tomber ou mourir (à part la pratique de l’occitan, au début du 20è siècle, avec le français obligatoire pour tous à l’école, mais ceci est une autre histoire). On n’est donc plus dans une dimension générale du globe terrestre (Est-Ouest), mais sur la surface restreinte à notre pays (Nord-Sud), donc aucun rapport entre occident et occitan.

Profitons-en pour voir s’il n’y aurait pas d’autres mots qui pourraient…tomber (sous le sens) de cette même racine. Il y a un quasi-jumeau linguistique à “occidere” qui est “occire” (en fait, le mot latin est le même, en contraction); pas besoin de commentaires très argumentés: occire, pour un romain comme pour un français, çà veut dire tuer, donc (faire) mourir, presque comme notre “occidant”. Sauf que occire a un sens plus actif, évoquant une mort par agression, avec une frappe, mais le résultat est le même, la chute finale. La liaison étymologique n’est pas certaine, mais avouez qu’il y a de quoi mélanger les deux.

Même proximité entre occident et…occiput, cette partie du crâne dont l’étymologie vient en fait du mot « caput », qui signifie la tête en latin, ce qui semble logique. Certains ont avancé l’idée que l’occiput pourrait avoir une connotation plus précise, définissant « la partie du crâne qui tombe », puisque telle est la situation de cette zone en bas de la tête. (Dans tous les cas, on remarquera que c’est sur l’occiput qu’il faut frapper pour occire à coup sûr sa victime…)

Plus clair est le cas d’un nom commun qui définit “ce qui tombe” (bien, en général), mais cette fois on se situe dans la continuité du temps et non pas de l’espace: quelque chose qui tombe à un moment donné, cela s’appelle une…occasion (la forme “occase” représente, en latin, quasiment une forme de conjugaison au passé du verbe occidere). Comme quoi, quand une pomme tombe sur l’occiput d’un savant anglais, ou quand le soleil tombe dans la mer le soir en se couchant, c’est à chaque fois une (belle) occasion à saisir!


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