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Allen (Woody)

Bientôt plus moyen d’aller voir un film car le cinéma risque d’en prendre un sacré coup, de vieux et de bâton(s), si l’on recherche les moindres soupçons de ‘gestes déplacés’ sur des actrices (-teurs), enfants (Judy, Shirley et les autres) ou adultes (1). Parmi les grands perdants médiatiques (et parfois judiciaires) de toute une vie, il y a le metteur en scène de ‘Manhattan’, ‘La rose pourpre du Caire’ ou ‘Match point’, parmi des dizaines d’autres. Un jour ou l’autre, le roi tombe de sa montagne; y compris étymologiquement!

En réalité, il ne s’appelle pas (du tout) Woody Allen, nom de scène(s) ou plutôt de ‘facilité’ emprunté à un état-civil d’origine…autrichienne que les biographies aiment bien qualifier de ‘juif immigré’, puisque c’est effectivement le cas de l’histoire familiale. Car le futur Woody (surnom dit ‘hypocoristique’, c’est-à-dire un diminutif en général affectueux) se nomme Allan Stewart Königsberg, ce qui ne laisse aucun doute sur la provenance germanique (en fait russo-germanique) de ses ancêtres.

Le plus simple, comme souvent, est de commencer par la fin, avec ce patronyme très répandu en Europe centrale, partout où il y a des montagnes (berg) et des forêts (avec ‘wood-y’, ça tombe bien, même si ce n’est pas exactement le ‘wald’ allemand mais la racine de départ est la même). Königsberg, à la fois nom de région (allemande), d’une ville autrefois prussienne puis aujourd’hui russe (2) ou encore d’une marque de bière (la ‘königsbier-g’), c’est très clairement un toponyme, un mot qui décrit un lieu, celui de ‘la montagne du roi’.

Comme on n’est pas toujours dans un site historique sur la Baltique ni dans les montagnes de Bavière, il faut parfois prendre ce ‘roi’ avec un peu de distance; mais cela en fait, en tous cas d’un point de vue linguistique, le parallèle parfait de tous les noms francophones correspondants à une ‘colline dédiée au Roi’ soit en (ancien) français…Mont-réal, du Gers ou du Québec, c’est pareil.

Passons donc à l’autre élément abandonné par Woody (3), ce prénom de Stewart quand même supporté par quelques acteurs hollywoodiens (Granger, ou James et Patrick en tant que nom de famille). Dans le répertoire saxon (donc anglo), il reprend deux racines du vieil-anglais dit ‘élizabethain’ (époque Shakespeare), soit ‘stig‘ (adouci en stew-) qui désigne le plus souvent une…porcherie et ‘weard (-ward) qui qualifie celui qui a la garde de quelque chose ou de quelqu’un. Un steward est donc bien un gardien de cochons, comme le laissent supposer les cabines des avions low-cost après avoir transporté une équipe de supporters de football…

Nous reste donc ‘Allen’, propulsé en position de patronyme d’après son premier prénom, dont l’origine est aussi complexe que la vie conjugale de son propriétaire: beaucoup de linguistes lui trouvent une correspondance (évidente) avec le Allan (ou Alan) breton, lui-même francisé en Alain d’après le nom d’une tribu venue d’Ukraine (c’est bon pour les origines juives) qui s’est affrontée aux Wisigoths, les Alains.

D’autres préfèrent réserver ce son à la zone celte, avec le gaélique (une des langues de ce groupe) ‘ailin’ qui désigne un roc; dans le même vocabulaire, et peut-être plus crédible que le précédent (sinon, il y aurait des ‘allen’ à sur chaque rocher), le qualificatif celte ‘edel’, qui veut dire noble (4), conviendrait mieux à un (sur)nom propre. Malgré les apparences, c’est une métathèse (une alternance de sons) de cette syllabe qui a donné les Edel-berth’ puis Al-bert, Al-béric, Edel-frid puis Al-fred, et donc Al-len.

Quoiqu’il en soit, on peut dire que Woody a de la branche (et peut-être même plus, pour ceux qui comprennent l’argot américain et qui ont l’esprit mal placé); on ne voit pas trop quel sens lui donner -ou plutôt on en connait trop de possibles- à ce surnom dans le cadre familial. Certains l’utilisaient pour qualifier un enfant têtu (tête de bois) ou rigide (dur…à élever), même si la suite a montré que le réalisateur ne savait pas toujours rester de bois.

En tant que patronyme officiel, il renvoie toujours à une idée de bois (la forêt, pas la matière) en précisant leur état, pluriel comme les Woods, du bon côté avec les Woodwest, avec la couleur des feuilles des Greenwoods (les Boisverts français, possiblement résineux car toujours feuillus), pourquoi pas comme une (ancienne) forêt de houx dite…Hollywood (5), habitée par les Woodman (des bûcherons, ou pas) et des Woodward (cf.plus haut), des gardes-forestiers émigrés plus tard à Midwood, le quartier ‘juif’ de Brooklyn où habitait Woody. Y compris donc étymologiquement!

(1) Ceci n’est pas une façon de minimiser les faits ni de dédouaner leurs auteurs mais au contraire de mettre en lumière les pratiques quasi-systématiques du milieu (Hollywood first).

(2) C’est le nom de Kaliningard, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

(3) Entre nous, il a plutôt bien fait; quand on sait qu’Issur Danielovitch a dû se cacher derrière Kirk Douglas, Juli Borissovitch Bryner derrière Yul Brynner, Kathleen Huston derrière Audrey Hepburn, et tant d’autres y compris Norma Jean Baker, ‘trop plouc’ avant Marilyn Monroe…

(4) C’est la base de la fleur de montagnes ‘noble-et-blanche’, dite edel-weiss!

(5) et non holy-wood, un bois sacré (par qui, pour quoi?) comme on le dit souvent.


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