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Alonso (Fernando)

Alonso

37 ans, bel âge pour prendre sa retraite (au moins une retraite, celle des circuits de Formule 1), telle est la dernière déclaration du pilote automobile espagnol. Bonne occasion pour donner un petit coup de volant sur l’état-civil d’un homme qui…n’a pas de nom, puisque Alonso est en fait le second prénom de Fernando Diaz (1)! Mais, comme un certain nombre d’autres célébrités (2), c’est le moins utilisé des termes de baptême qui a été retenu pour éviter la confusion avec d’éventuels -et, en l’occurrence, nombreux- homonymes.

Notre Asturien, né à Oviedo au nord-ouest de l’Espagne, aurait pu être champion de surf, en tous cas en ce qui concerne ses bonds et rebonds dans les meilleures écuries de course (Renault, Mac Laren, Ferrari) et porte en fait un (pré)nom d’origine castillane, donc plutôt du sud du pays; or, première surprise linguistique, l’étymologie du mot n’a rien d’ibérique mais vient de racines totalement…germaniques, arrivées dans le fond du continent lors des ‘descentes’ barbares des premiers siècles.

Un petit millier d’années plus tard, les Espagnols ne se priveront pas de laisser leurs propres traces dans le nord de l’Europe, mais en attendant, pour bien comprendre cet ‘alonso’ (ou alonzo), il faut considérer qu’il s’agit d’un surnom formé de deux adjectifs: l’un est ‘adal’ (qui sera contractée en al-) et signifie noble, qu’on retrouve également sous la forme ‘edel’, soit tel quel comme patronyme européen, soit comme qualificatif d’une fleur ‘noble’ et blanche (weiss), l’edel…

L’autre partie, moins facile à deviner, a subi un ‘amuïssement’, phénomène linguistique qui témoigne de l’affaiblissement puis de la disparition (éventuelle) d’une lettre, en l’occurrence ici un ‘f’; la forme initiale était donc ‘funs/fons’, qui veut dire…rapide (!) au sens d’impétueux ou impatient de partir, autrefois à la guerre sans doute, aujourd’hui sur la ligne de départ pour Fernando.

Résultat: adal-fons va se transformer en ‘al-fons’ puis ‘alons’; ne reste plus qu’à appliquer une petite marque finale typique des parlers hispaniques pour arriver à ‘alons-o’ et désigner celui qui bénéficie des caractéristiques citées. La preuve: grâce à l’italien, qui a conservé le ‘f’ central, on trouve également la version Alfonso soit Alphonse en français, prénom de quelques auteurs (Lamartine, Daudet), d’un militaire (le maréchal Juin), et même d’un gangster américain d’origine napolitaine, un certain Gabriel Alfonso Capone, à nouveau contracté en Al…

Le mot est resté tel quel dans à peu près toutes les langues européennes (du catalan au tchèque, en passant par l’islandais), mais les patois français ont parfois procédé à leur propre petite opération chirurgicale, abrégeant souvent dans les campagnes leur Alphonse en Fonse ou Fonsine au féminin. De là vient peut-être le ‘gimmick’ (désolé pour la francophonie) des cours d’école du 19ème siècle qui ont répété à l’envi « Alphonse, c’est celui qui fonce »…Si le but était à l’origine de se moquer d’un camarade, il ne pouvait pas mieux tomber pour un coureur automobile!

(1) Rien à voir avec une histoire de jour(s), Diaz, ou Dias en portugais, est le diminutif hypocoristique (affectueux) de Diego (ou Diogo).

(2) Voir, entra autres, Neymar!


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