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Ancelotti (Carlo)

Ancelotti

C’est le nom du déjà-futur-regretté* entraineur de l’équipe de football du Paris St-Germain (pour ceux que le sigle PSG signifierait davantage ‘Prêt Sous Garantie’), et l’étymologie de son nom est quasiment aussi riche et équivoque que les diverses vraies-fausses rumeurs qui accompagnent puis démentent son départ pour Madrid. Bref, carton jaune pour Carlo, même s’il n’y aura pas assez de place au verso pour écrire toutes les versions de son patronyme. La seule certitude concerne la provenance de la souche familiale (si l’accent du bonhomme en conférence de presse laissait encore quelques doutes), à savoir l’Italie, quelque part entre Bologne et Milan. Mais encore?

Il y a, globalement, deux origines linguistiques possibles au mot «ancelotti»; l’une vient du latin (comme souvent), l’autre du germain (comme encore plus souvent). Commençons par cette dernière.

Ancelotti est une forme de diminutif, marqué avec évidence par le suffixe ‘-otti’, qui indique un surnom affectueux ou une filiation (le fils de…). On décompose donc le nom de la façon suivante, Ancel-otti, ce qui permet de remonter aux racines germaniques par le cheminement phonétique habituel suivant: Ancelotti < Ancelot (v.f) < Anselot < Anselmo, et donc Anselme, plus connu chez nous sous l’usage de ‘prénom’. Cet ‘anselme’, en germain, comporte lui-même deux mots, ‘(h)ans’ (un nom de divinité un peu obscur) + ‘hel(m)’ (le casque). La combinaison des deux évoque donc une personne identifiée ou dédiée à un dieu casqué, ou plus prosaïquement, qui ressemblait une fois casquée à la statue du dieu en question. La notoriété du nom va littéralement ‘exploser’ à partir du 12è siècle, grâce à un religieux né dans le…Val d’Aoste, mais qui fera ses études en Normandie (française) pour finir en Angleterre évêque de Cantorbéry, et qui sera canonisé deux cents ans plus tard.

De fait, au fil des époques, le mot va donner naissance à une dizaine de patronymes qui iront s’implanter, d’abord dans la vallée du Rhin, puis descendront la vallée du Rhône, atteignant enfin la (future) Suisse romande et la Savoie, puis le nord de l’Italie…Seul bémol à cette version: tous les termes sont orthographiés avec un S, ce qui nous élogne du but (si j’ose dire). On optera sans doute plus logiquement pour la seconde origine, et linguistique et géographique puisqu’elle nous ramène directement en Italie.

Il existe effectivement en latin un terme qui est ‘ancillus’ (ou ancilla, au féminin), pour désigner d’abord un esclave, une personne en situation d’asservissement; puis, avec un sens un peu plus édulcoré, un serviteur ou une servante, un(e) domestique (chez les Romains, avant émancipation, cela revenait de toutes façons au même). On a gardé cette racine dans un mot quasiment unique en français, l’adjectif ‘ancillaire’, lequel qualifie, particulièrement à partir du 19è siècle, tout ce qui a un rapport avec le personnel de service. Dans une maison, on parlera ainsi de ‘charges ancillaires’ (le boulot qu’a à faire la femme de ménage, par exemple), alors que dans un bloc opératoire, la même expression a qualifié les menus travaux de préparation chirurgicale confiés aux filles de salle avant et après intervention du patron…Mais l’inévitable compagnon de route de cet adjectif est ‘les amours (ancillaires)’, euphémisme (ou litote, ça dépend de votre point de vue) par lequel le bourgeois évoquait ses relations de fin d’après-midi avec la soubrette logée sous les combles de l’hôtel particulier.

De cette rencontre (étymologique) vont naitre les français Ancel et Ancelot, mais aussi les Lancel (un sac en cadeau à la soubrette?), et donc les Ancelotti italiens, autant dire ‘le(s) petit(s) du domestique’ (Ancelotti est un pluriel). Reste à espérer qu’il ne s’agit pas des bâtards de l’employeur, Carlo n’ayant semble-t-il pas vocation à se faire faire des enfants par son propriétaire (de club), lui à qui on ne fait pas de cinéma depuis qu’il est apparu à l’écran dans le film ‘Don Camillo’ (remake de 1983, par Terence Hill), dans le rôle…d’un footballeur (ouf).

Terminons, puisqu’il vient d’être question des Lancel, en précisant qu’il y a un autre petit Lancel (littéralement: lancel-ot), qui n’a rien à voir cette fois avec une servante, c’est le fameux archétype du chevalier de la Table Ronde…Figurez-vous qu’on donne comme origine à ce Lancelot-là une variante orthographique de Lan-selot, et même l’en-selle-ot, c’est à dire celui qui ‘va en-selle’ (ne vous trompez pas de préposition), définition on ne peut plus claire et basique du chevalier. Ce qui ne l’empêche pas d’être quand même le serviteur du roi Arthur, sauf étymologiquement!

* A l’heure où sont écrites ces lignes, rien n’est confirmé. Ni infirmé…


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