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Baumgartner (Félix)

Baumgartner

Voilà un homme qui a failli s’envoyer en l’air de la façon la plus spectaculaire: cet ex-parachutiste militaire autrichien est né à quelques pâtés de maison d’un certain Wolfgang Amadeus Mozart avec lequel, curieusement, il a un rapport direct, même à travers les siècles. En tous cas, pas moyen de faire saut plus haut que lui depuis la stratosphère (36,5 kms!); c’est sans doute ce qui devait rendre heureux notre planeur humain, la preuve, il s’appelle Félix (heureux, en latin, d’où félicité). L’homme n’en est pas à son premier essai, puisqu’il a déjà ‘inauguré’ le viaduc de Millau en s’élançant de la rembarde. Bref, un allumé qui adore se rattraper au ras des arbres. Et ce, à tous points de vue, et pour cause.

Car le patronyme Baumgartner est, comme vous l’aviez sans doute supposé, d’origine germanique. Ce surnom se compose de deux mots autrefois distincts: baum+gartner, totalement transparents si vous avez fait un peu d’allemand en classe, et pas compliqués à comprendre si vous avez préféré l’espagnol ou le russe: ‘baum’ signifie l’arbre, et ‘gartn-er’ qualifie le métier (c’est le suffixe -er) de celui qui est propriétaire ou qui s’occupe d’un ‘garten’, autrement dit garden en anglais, ou jardin en français. Un baumgartner est donc un arboriculteur ou un pépiniériste, pour utiliser la traduction la plus courante en allemand contemporain.

On trouve aussi, y compris dans les zones germaniques ‘françaises’ de l’Est ou du Nord de notre pays, les orthographes Baumgarten, Baumgarden, Baumgarth ou Baumgarthen; voilà un verger qui ne manque pas de branches sur la même racine. Il y a même en Alsace-Lorraine des versions plus courtes (des arbustes, en quelque sorte) sous la forme Baumert ou Baumer, mais qui peuvent parfois évoquer une barrière, autant dire un arbre en travers du chemin.

Les anglais ont donc leur Gardner tout simplement, et les français ont gardé le G initial pour différencier le patronyme du nom du métier: on a donc plutôt des Gardinier, ou, si l’on respecte l’idée originale des germains, on dira alors des Duverger (du-verger)…A la place des arbres, vous pouvez planter des vignes -qui donnent du vin, évidemment- ce qui donnera en allemand Wein-garten ou Weingartner, et en français Duvignères (ou Duvignau, voire Vignau tout court); on passe alors du pépiniériste ou de l’arboriculteur au viticulteur.

Nous voilà donc avec un bel exemple de toponyme, avec ce nom ‘de famille’ créé sur le terme qui désigne le lieu et la fonction de la personne concernée par la racine. Quant au lien avec le génial musicien de Salzbourg, la coïncidence veut que ce dernier ait tout simplement composé, en 1775, un opéra traduit de l’italien, qui s’appelle en version originale ‘La finta gardiniera’, en français ‘La fausse jardinière’ (mot à mot: la jardinière feinte). Alors, forcément, en allemand, cela a donné : «Die (baum)Gärtnerin»! C’est sans doute la musique qu’aura notre Félix dans les oreilles lors de son prochain essai pour passer le mur du son, en tous cas étymologiquement!


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