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Braillard (Thierry)

Braillard

Il s’agit, comme vous ne l’aviez peut-être pas deviné, du Secrétaire d’Etat chargé des Sports, qui a pris la parole cette semaine et donné de la voix au sujet de «la faisabilité et de l’opportunité d’une candidature de Paris aux J.O de 2004» (qu’en termes délicats ces choses-là sont dites). Pour le moment, on l’entend peu, ce qui semble tomber bien mal en raison d’un patronyme qui a dû lui valoir à l’école quelques récréations pas toujours très chaleureuses. Et pourtant…

La première intention est effectivement d’analyser le mot comme une formation issue du verbe latin ‘bragare’, qui a bien donné le terme français de ‘brailler’, au sens de crier fréquemment ou gueuler (pour les humains), et même braire (même racine*!), donc beugler ou bramer selon votre animal préféré. Il existait même un diminutif à ce verbe (bragulare), au sens de geindre en pleurant, se plaindre en pleurnichant. Bon d’accord, rien de très exaltant dans tout cela, dans la mesure où, dès le 13ème siècle, le sens de gueulard prend le pas sur tout le reste (avec un paroxysme à la…Renaissance, histoire de distinguer les gens polis et éduqués donc discrets, des malotrus mal dégrossis ignorant la voix basse en public); le tout confirmé par un suffixe ‘-ard’ traditionnellement marqueur d’un péjoratif, pour aller jusqu’à désigner parfois un ivrogne au vin triste, ou à tout le moins quelqu’un qui parle fort et -de plus- mal à propos.

N’en déduisez aucune conclusion au sujet des interventions de notre faisant-fonction de ministre à l’Assemblée Nationale -ou il y a pourtant quelques braillards invétérés- en tant que député du Rhône (sa région de naissance), car un autre brayard (même phonétique que braillard) vient donner une seconde chance à ce nom. Sur l’ancienne orthographe française de ‘braïon’, se sont en effet formés quelques Braillon, Braillard, et même…Braille, qu’il faut apprendre à lire différemment.

Dans ce cas précis, il s’agit d’un nom de lieu en rapport avec du ‘brayon’, autant dire un site marécageux ou un bourbier, dont ont hérité quelques lieux-dit et hameaux en Franche-Comté, mais aussi en Saône & Loire. Le braillard pourrait alors être un ‘mauvais marécage’ (remarquez, ça ne s’arrange pas vraiment). Le seul bruit qui en sortirait ne serait alors plus un cri mais quelque chose comme ‘floc, floc’. Pas idéal non plus pour des Jeux Olympiques, même étymologiquement!

(*) «en quatre mots» (comme on dit dans les jeux à la télé): bragare > brayare > braiare > braire…


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