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Delajoux (Stéphane)

Delajoux

Petits arrangements entre ennemis: un certain Johnny Halliday, rocker français du milieu du 20è siècle, a décidé de ne pas porter plainte contre le «neurochirurgien des stars», comme l’a surnommé si commodément la presse française, très jalouse de son (ex)idylle avec Isabelle Adjani. Prétendument agressé après le coma américain du chanteur (sans qu’on sache pour autant de quel côté…de la joue on l’avait frappé), voici un exemple -étymologique- parfait d’une sonorité équivoque qui n’a rien à voir avec ce qui vient à l’esprit (y compris les mauvais jeux de mots comme ci-dessus).

Ce patronyme est un toponyme, un nom de lieu, qui désigne l’une des caractéristiques de l’environnement de son ancêtre. Il faut donc comprendre (sous-entendu: l’homme qui vient) de-la-joux, ou plus exactement de-l’ajoux, ce qui nous amène directement à ‘ajoux’, variante du mot ‘jonc’, que l’on trouve dans tout l’ouest de la France. Il s’agit donc d’un endroit planté d’ajoux (d’ajoncs), aussi banalement répandus dans quelques terrains humides de Loire-Atlantique ou de la Sarthe que du Maine & Loire.

En suivant le même raisonnement, et parmi des centaines d’autres, on peut décliner l’idée en pensant à un terrain occupé par de la lande (Delalande), par des haies (Delahaye ou Deshayes, comme la spationaute Claudie André-), ou par un bosquet de houx, une houssaie (Delahousse, comme le présentateur tv)…mais faisons un ajout à ces ajoux (en général piquants), pour rajouter d’autres variantes, comme les Ajour (de l’Eure), les Ajoux (de l’Ardèche) et aussi les Alajoux (de l’Aveyron). Tout cela à cause d’un petit mot latin (juncus) qui va évidemment donner le jonc en français. Avec ce jonc, on va pouvoir tresser les noms Dujonc (si!), Jonquière (d’Oriola ou d’où vous voulez), Dejonquière; et si l’on garde la racine du jonc gascon (lo junc), on aura les Jonca, Junca et même Juncalas, pluriel principalement pyrénéen, à peine au-dessus des Juncaa béarnais, dont la (fausse) voyelle finale est aussi (ici) un pluriel.

Attention, certain Delajous (avec un ‘s’ quasi-exclusivement) de provenance strictement gasconne peuvent être une francisation des termes locaux ‘lar-jus’, c’est à dire ‘la maison au-dessous’, patronyme surtout béarnais pour désigner une maison en contrebas (d’un village) ou au pied (d’une colline); parfois même ‘tournée vers le nord’ (c’est à dire pas exposée au soleil, donc comme abritée au fond d’une vallée!).

En tous cas, rien à voir avec une joue, qui nous vient d’un mot italien passé dans l’ancien-français sous la forme ‘gifflu’, et qui donnera non seulement joue mais aussi gifle (ah bon?) et donc…joufflu (geoufflu!). Pas le moindre point commun non plus avec le joug (jugum), dont le premier sens a été tout simplement le joug du bétail (pour unir deux boeufs au sillon); puis le joug militaire (sous lequel le vainqueur faisait passer le vaincu), puis les liens qui asservissaient les rameurs, et enfin l’obligation con-jug-ale, qui permet de danser joue contre joue pendant toute une vie. A condition de ne pas tomber dans les ajoncs!


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Un commentaire au sujet de Delajoux (Stéphane)

  1. Rien à voir non plus avec le fort de Joux où mourut Toussain Louverture dans le Haut-Doubs j’imagine.
    Amicalement.

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