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François (Claude)

François Cl.

Quarante ans déjà, et une concurrence (médiatique) dans la rivalité du souvenir avec Johnny Hallyday, une confrontation par ailleurs déjà réelle de leur vivant. L’homme dont on dit qu’il avait l’obsession de ne pas vieillir aurait quasiment 80 ans aujourd’hui; on se demande alors si, par respect et à l’instar d’une Marylin qui restera toujours (de justesse) jeune et belle, il ne vaut pas mieux garder pour toujours l’image du frénétique danseur de ‘Belles, Belles, Belles’; et pourtant, c’était mal parti, même étymologiquement!

Difficile en effet de s’appeler Claude, choisi en priorité devant les autres prénoms déposés Antoine et Marie (allez accorder ça avec François plus tard!), quand on sautille de tous côtés en scène, alors que, comme vous le savez sans doute, ‘claude’ vient du latin ‘claudius’, certes popularisé par des écrivains, hommes d’Etat et autres empereurs issus de grandes familles romaines; le mot signifie ‘bancal’, ‘boiteux’, bref tout ce que nous rappelle le verbe encore actuel (et heureusement de moins en moins fréquent) de ‘claudiquer’.

Pris au sens propre dans un premier temps pour désigner un homme souffrant d’une malformation de naissance (et parfois à cause d’elle, vu les techniques d’obstétrique de l’époque et jusqu’à ‘récemment’), ‘le claude’ va également devenir dans les campagnes françaises le symbole figuré de quelqu’un de psychologiquement déséquilibré, pas forcément méchant mais un peu bêta tout de même. De la même façon, à l’époque de Molière, l’adjectif aura une (rapide) carrière plus technique pour qualifier une faiblesse de structure ou de construction, ou encore le niveau insuffisant d’une mesure, pour ne pas dire le manque d’aplomb d’une applique électrique mal vissée dans une salle de bains…

Coup de chance, les deux ‘prénoms’ (Claude et François) vont finalement suffisamment bien s’accorder pour être ‘euphoniques’, c’est-à-dire sonner harmonieusement dans un rythme pas trop long de 4 syllabes (*). Celui qui fait fonction de ‘patronyme’ prouve bien qu’à l’origine, on ne désignait pas les gens par la combinaison prénom/nom dit de famille mais par un surnom, au début unique puis progressivement ‘enrichi’ pour préciser et distinguer l’identité de son porteur.

Et vous savez probablement aussi que ‘françois’ est une option orthographique parallèle à ‘français’, l’équivoque étant due, au moins jusqu’au 19ème siècle, à la prononciation finale en ‘-ouais’ selon les régions (et les milieux sociaux), le ‘rouais Françouais 1er’ en étant encore le plus bel exemple. Bref, françois ou français, c’est pareil, et bien pratique quand il faut reconstruire l’identité patriotique d’un pays occupé (il n’y aura jamais autant de François et surtout de Françoise dans notre Etat-Civil qu’au sortir de la Seconde Guerre Mondiale).

Or, ce très…francilien ‘françois’, rapidement classé au Top 10 des prénoms chrétiens grâce à un jeune idéaliste italien bénéficiant d’une grande Assise auprès du pape de l’époque (12è siècle), ne doit rien -mais alors rien du tout- à la culture latine mais à l’Histoire…germanique! Il s’agit en effet à l’origine du nom d’une des multiples tribus ‘barbares’ du nord de l’Europe; et, comme les Angles et les Saxons iront s’établir dans une île de la Mer du Nord, comme les Jutes et les Danes s’installeront au Danemark, comme les Wisigoths et les Vascons descendront jusqu’au Pays Basque, les ‘Franks’, lors d’une virée du côté de la Brie, trouveront la région suffisamment à leur goût pour s’y (re)poser.

C’est ainsi qu’un petit territoire de la région dite ‘parisienne’ (à cause d’une autre troupe guerrière, les Parisii), conquis à grands coups de la ‘hache des Francs’, la francique!) deviendra un jour le siège de la première dynastie capétienne, puis royale, puis présidentielle…D’ailleurs, au 9ème siècle, on ne parle encore que le ‘francien’, puis le ‘francique’ (l’ancien-français) avant de normaliser tout ça en un ‘françé’ bien plus académique et phonétiquement correct qu’un vulgaire patois. Conclusion: avec un peu de recul, on ne peut que reconnaitre que les Français -comme les Anglais- sont en fait des ‘Allemands’, au moins étymologiquement (je sais, ça ne va pas faire plaisir à tout le monde).

Heureusement, le tout-premier sens de ‘franc’ (ou frank), c’est l’idée de ‘l’homme libre’, ce qui veut dire non pas libéré d’une quelconque prison mais dégagé de contraintes de taxes ou de redevances (et donc non-soumis à un pouvoir extérieur), ce qui fera pendant longtemps de la province française de Franche-Comté le prototype d’une…zone libre, si chère aux Français lors de l’Occupation. En toute franchise!

(*) Si, si, c’est (aussi) comme ça que ça fonctionne! Prenez les ‘vedettes’ du moment: Mi-chel Fu-gain, Syl-vie Var-tan, Fran-çoise Har-dy, Mi-reille Ma-tthieu, Gil-bert Bé-caud, etc…Plus quelques ‘fainéants’ (Shei-la, en 2) ou l’inverse (Joh-nny Ha-lli-day, en 5).


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