Ca gronde du côté de chez ‘Max-la-Menaz’, ci-devant patron du Medef et pourfendeur des amendements de loi élaborée par la minsitre Myriam El Khomri qui n’a plus qu’à se couvrir la tête (1) pour échapper aux exigences du Pierrot. A cause de ses rodomontades, d’une posture physique légèrement courbée et d’un mouvement de mains se frottant avec une apparente gourmandise, beaucoup de personnes à qui j’ai posé la question de son étymologie m’ont dit penser à…Raminagrobis, vous savez ce “saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, arbitre expert sur tous les cas”…

Vous avez reconnu les vers du divin La Fontaine dans sa fable de “La Belette, Le Chat, et le petit Lapin”. Je ne sais pas si Myriam joue la belette et le leader de la CGT le petit lapin (relisez le texte!), mais j’ai l’impression qu’il y a dans la perception de mes interlocuteurs une histoire inconsciente de…’gatto’, racine de latin ‘vulgaire’ (2) qui a élu domicile dans beaucoup de pays d’Europe, de l’espagnol et de l’italien en passant par le grec (gato), le catalan (gat) et même toutes les langues du nord comme l’anglais (cat) ou le danois (kat), avec juste une consonne initiale un peu plus ‘sèche’.

Vous donnez votre langue au chat? En fait, ce gattaz-ci n’a rien à voir avec un matou mais avec quelqu’un (ou quelque chose) de gâté…Pour comprendre la forme du mot, la région d’implantation familiale a de l’importance: même si Pierre est né à Boulogne (-Billancourt, pas -sur Mer, qu’est-ce que vous croyez?), le fils de feu Yvon, lui-même ex-président du CNPF (le pré-Medef) est originaire de la région Franche-Comté/Lyonnais mais surtout Savoie(s), vaste territoire où exista pendant longtemps une langue appelée l’arpitan ou le franco-provençal. A l’époque (médiévale), sa zone d’influence était bien plus étendue que l’actuelle zone ‘Provence’, et couvrait aussi bien la Suisse romande que le Val d’Aoste italien.

Caractéristique linguistique des noms locaux: ce suffixe en -az ou -oz qui pose tant de problèmes aux parisiens ‘(et aux autres). Faut-il dire Avoriazz ou Avoriâ? La Clusazz ou La Clusâ (3)? Voilà qui risque de vous exclure de la soirée sélect à l’Hôtel des Neiges en cas de gaffe! En fait, ce ‘z’ n’a pas de valeur phonétique et devrait justement marquer une chute de prononciation (l’accent tonique était sur la syllabe précédente: Avori(a), la Clus(a)…et beaucoup d’autres si vous connaissez le coin.

Complication suprême, l’autre version de ce suffixe, en -oz cette fois, a pu être francisée (la championne de ski Annie Famose, ex fam-oz), ou ‘pire’, le musicien isérois Hector Berliozz (théoriquement prononcé quelque chose comme ‘berllio’, mais je vous déconseille ça un soir d’opéra, tout le monde va vous trouver plouc. Enfin, gone). Quoi qu’il en soit, ce ‘gatta(z)’ semble être une ancienne forme de gâté (le circonflexe sur le ‘a’ marquant bien l’ancienne présence du double ‘t’).

Alors, qui ou qu’est-ce qui est gâté dans l’histoire? Eh bien, rien ni personne par la Nature, puisque le premier sens mot est très terre-à-terre et concerne un terrain proprement …ravagé, pas seulement inculte ou abandonné mais souvent détruit par un glissement de terrain ou une invasion (d’insectes), en tout cas un coin pas franchement…gâté! Car d’où bien ce spectacualire retournement de sens, qui fait d’un ‘enfant gâté’ un sort enviable? Le phénomène se passe au milieu du 16ème siècle, où le mot prend le sens (accrochez-vous) de…”personne dont on entretien les faiblesse pas trop de douceurs”.

Manifestement, ce n’est pas le cas de Gattaz vis-à-vis de ce gouvernement. On peut dire qu’avec un tel partenaire social, celui-ci n’est pas gâté non plus. Y compris étymologiquement!

(1) voir si besoin sa chronique en archive (sept.2015)
(2) au sens de ‘ordinaire, pas classique’; le terme ‘savant’ romain restera ‘felix’ (d’où félin, félidé, etc).
(3) Autres pièges: pour les touristes faut-il dire Gérardmerr ou Gérarmé? Madridd ou Madri? Pariss ou Paris?