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Guignabodet (Valérie)

Guignabodet

Sa contribution au cinéma français (1) valait bien un clin d’oeil appuyé à la réalisatrice disparue prématurément cette semaine. Celle qui fut (aussi) la scénariste d’histoires aux imbrications inattendues semble posséder un nom tout aussi complexe, qu’il est intéressant d’analyser, en partant directement vers l’Ouest.

La souche de ce patronyme se trouve effectivement sur l’axe Centre-Poitou-Charentes, avec un assemblage de deux mots (Guigna-Bodet) très probablement issu d’une ancienne alliance de deux familles séparées, chacune ayant une étymologie spécifique…La première partie est en réalité ‘Guignard’, le son ‘r’ ayant disparu pour des facilités de prononciation lors du rapprochement linguistique. (essayez, vous allez voir à quel point le phénomène apparaît rapidement, sans compter les accents locaux, plutôt portés à ‘avaler’ les syllabes)

Comme beaucoup de noms de la grande région en question, il s’agit d’une trace laissée par des envahisseurs germains venus camper dans les dunes de St Jean de Monts vers le 7ème siècle; de fait, ‘guignard’ est lui-même formé de deux racines, ‘win’ + ‘(h)ard’, la première se transformant en un ‘guign’ plus guttural (sans doute plus fidèle au son original) et signifiant ‘ami’; la seconde représentant le traditionnel adjectif (avec son ‘h’ muet) ‘hard’, soit fort, dur ou toute autre idée de résistance ou de durée.

Le Guignard est donc un ‘ami-fort’, au sens de sincère, sur lequel on peut compter, mais pourquo pas aussi un copain baraqué, capable de manger trois sangliers avant d’expédier une légion romaine dans les étoiles? D’autant qu’on trouve, en ancien-français, le terme ‘guignard’ (ou guignart, ce qui revient au même) pour qualifier quelqu’un qui cligne de l’oeil, sans que ce soit pour autant un signe de malice comme nous le comprenons aujourd’hui, mais plutôt un indice…d’infirmité (borgne). La chose vaut pour tous les dérivés du nom, soit les Guignardeau, Guignardon et autres Guignardet du secteur.

Quant au ‘bodet’, qui n’a rien à voir ave l’âne ‘du Poitou’ (2), c’est encore un cadeau des Germains, que l’on retrouve chez les Bodin, Bodot, Bodier et tous leurs frères en ‘ou’, tel Boudard (Alphonse), soit le nom d’un messager, déjà évoqué plusieurs fois dans ces chroniques, au sens d’une ‘estafette’ militaire (pas encore question de billet doux de Roméo à Juliette, ou de Cyrano à Roxane).

Alors, notre messager faisait-il les yeux doux, était-il borgne, ou pouvait-on tout simplement compter sur lui fermement? Toux ceux qui ont tourné avec Valérie s’accordent à reconnaître qu’elle correspondait bien à cette troisième définition. Y compris étymologiquement.

(1) ‘Mariages’, ‘Danse avec lui’…
(2) Ce baudet-ci vient d’une autre racine d’ancien-français, toujours empruntée aux -ou plutôt héritée des – moustachus du Nord, qui est ‘baut’, adjectif appliqué à quelqu’un de…lascif. Une feignasse d’âne qui refuse d’avancer, quoi!


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