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Lai (Francis)

Lai

Ce fut donc ‘Une Histoire d’Amour’ (1) entre la chanson et surtout le cinéma français, une partition de plus de cinquante ans jouée par le compositeur né à Nice. Des dizaines de génériques de films ont reproduit ce patronyme d’une syllabe assez inhabituelle pour la langue et surtout pour des oreilles françaises tentées d’entendre un ‘laid’ tout à fait déplacé ici, car s’il s’agit en fait d’une histoire de…peuple.

Dans la langue de Molière, le son ‘lai’ peut en effet avoir plusieurs origines. Ecartons tout de suite le ‘lé’ de tapisserie (ou de papier-peint si vous tenez vraiment à rester au siècle dernier) que l’on n’aurait aucune raison de confondre en respectant la prononciation de l’accent (très mal vu en ce moment): en effet, ce dernier, avec un accent aigu qui ferme la bouche, vient du latin ‘latus’ qui signifie large; un lé est donc une largeur de rouleau à poser (ou d’une allée pare-feu entre deux parcelles boisées).

L’autre ‘lai’, qui existait sous cette forme au 12ème siècle, doit (devrait) être prononcé en abaissant la langue dans une bouche plus largement ouverte (2), et peut se rapporter à plusieurs choses, à condition d’y rajouter une lettre finale dans le vocabulaire actuel:

- Laid, vous avez dit laid? Pas du tout donc, ce mot venant d’une racine des premiers dialectes germaniques qui est ‘leid’, au sens de…désagréable, donc moche d’abord psychologiquement puis physiquement!
- Avec un T, il s’agit évidemment de la francisation du latin ‘lactus’ qui désigne quelque chose de blanc comme le produit de la vache, et que l’on retrouve dans tout ce qui ‘lacté’, y compris la formation laiteuse des étoiles qui forment la Voie du même nom (3).
- Et on parle encore moins fréquemment (en tous cas en ville) de la ‘laie’, une femelle du sanglier qui doit son nom à un lointain terme d’origine encore une fois germaine (lehe).

Il n’empêche que ‘laie’ existe bel et bien en rapport avec Francis, même si son usage est rarissime: il s’agit en effet du féminin tout à fait régulier de l’adjectif ‘lai’ (nous y voilà), lequel représente une forme contractée du latin ‘laïcus’, soit évidemment laïque en français. Sauf que…laïque, à l’origine, n’est pas forcément opposé à religieux. Le premier sens, largement exploité par le latin véhiculé par l’église chrétienne, reproduisait la définition du ‘laïkos’ grec soit l’idée de ce qui concerne le peuple (‘laos’).

Au 16ème siècle, un ‘moine lai’ ou un ‘officier lai’ était donc une personne dont l’entretien ou les responsabilités n’incombaient pas au pouvoir ecclésiastique, autrement dit de simple juridiction civile (ou royale, en tous cas distincte de l’Eglise), même si plus tard l’opposition s’est restreinte entre le clergé et le Tiers-Etat. Cela ne vous interdit pas d’écouter la musique de Francis Lai religieusement, mais, pour quelqu’un dont les chansons sont devenues éminemment…populaires à travers les années, cela tombe particulièrement bien. Y compris étymologiquement!

(1) Titre emblématique du film «Love Story»
(2) Oui, comme ça…
(3) Mot lui-même piqué au Grecs qui avaient leur ‘galaktos’ (d’où la ‘galaxie’, ou Galak le chocolat…blanc, justement).


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