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LLoris (Hugo)

Lloris

«O Capitaine, Mon Capitaine!», la célèbre réplique-rengaine du film ‘Le Cercle des Poètes Disparus’ pourrait presque s’appliquer à la tâche (ardue) qui sera celle du gardien et néanmoins capitaine de l’équipe de France de Football lors de la prochaine Coupe du Monde. Voilà un homme qui devra savoir encaisser (sauf des buts, comme de juste), et si possible apporter les lauriers de la victoire à sa formation. Etymologiquement, c’est vraiment l’homme idéal pour un tel destin…

Petit rappel rapide sur un phénomène déjà mentionné ici, qui oriente carrément le patronyme de notre bonhomme vers le sud, ou si vous préférez le nord (-est) si vous vous en tenez au pays d’origine de la souche familiale, l’Espagne, puisqu’il désigne la Catalogne. Tout comme Valls ou Llodra (*), le redoublement de la consonne ‘L’ exprime le son ‘-ille’ (phonétiquement: yeu!) et témoigne d’une prononciation typiquement hispanique, exactement comme la soupe froide venue d’un pays chaud: souvenez-vous du spot de pub télé, le gazpacho que vous mangez, c’est ‘Alvayé’ (Alvalle) et non pas ‘alvalé’ (même s’il faut l’ingurgiter)!

Tout ça pour dire qu’en fait, le ‘lloris’ est un simple ‘loris’, que l’on peut déflorer rapidement en faisant appel à son orthographe originelle de ‘lauris’ (le son, toujours le son, rien que le son), ce qui nous renvoie directement au latin ‘laurum’, le laurier. En tant que singulier botanique si j’ose dire, l’objet n’a pas grand intérêt sauf pour quelques chefs-cuisiniers durs de la feuille (de laurier) pour confectionner sauces et bouquets aromatiques. En tant qu’arbuste, il ne faut pas être très grand pour profiter de son ombre (et surtout ne pas être allergique à certaines odeurs)…Là où le laurier avait de la branche pour les Romains, c’est au pluriel, car, en choisissant les bonnes feuilles des plus belles rames (des journalistes avant l’heure?), on confectionnait les couronnes de la victoire.

Pas trop question au début de médaille(s) olympique(s), mais plutôt de symboles militaires, collés sur les boucles blondes du premier César venu, de retour de campagne d’Egypte. Dans la branche de laurier, il y avait d’ailleurs plusieurs catégories, la plus prisée étant celle qui portait des baies, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour ceux ça voulait dire beaucoup: car, la baie (bacca, en latin), cela permettra de désigner plus tard celui qui a réussi le plus haut examen (scolaire), autrement dit le ‘vainqueur-à-la-baie-de laurier’, le bacca-lauréat évidemment (curieusement, le mot peut désigner à la fois l’épreuve et celui qui la passe, mais en général on abrège, des deux côtés: le bac et le lauréat!).

Mentionnons tout de même au passage l’obsession de certains savants toujours prêts à trouver ‘le’ mot qui expliquera tout, en rapprochant les Lloris du…loro castillan (déjà, c’est mal parti, si vous sortez ça à Barcelone), lui-même hérité d’un ‘roro’ caribéen bien rrroulé, et qui signifie le perroquet (remarquez, si ça reste à l’oral, ça peut coller avec le baccalauréat). Le problème est toujours de trouver un lien logique entre la racine et le sens supposé du surnom originel, en général défini comme celui d’une personne qui ‘caquète’, qui parle en permanence ou à tort et à travers, ce qui semble très tiré par les plumes.

Nous nous en tiendrons donc à ce laurier dont ont poussé les Lloris (ex-Loriz, avec un ‘s’ ou un ‘z’ final qui marque un lieu ou une filiation) et les Lloret (diminutif, comme le petit-village-de-lauriers au bord de la mer: Lloret del Mar. Devinez dans quelle province…). Si l’on fouille encore plus loin dans les racines (forcément) du laurier, on peut en voir de toutes les couleurs, car chez les Latins, le mot peut tout aussi bien évoquer une teinte dorée (auréum: l’or du jaune des fleurs ou des baies, selon les espèces) mais aussi, à l’inverse, un ton plus sombre et mat, probablement par allusion aux feuilles. Du coup, Lloro puis Lloriz peut avoir qualifié quelqu’un avec un épiderme brun (olivâtre?), pour des raisons simplement météorologiques (un travailleur tanné par le soleil) ou plus historiquement génétiques (le teint basané des Arabes, dont il faut rappeler que le territoire leur appartenait pendant longtemps bien avant la création même de l’Espagne).

On ne sait pas si St Laurent (le saint préféré des Québécois) avait la peau foncée ou pas, mais son martyre, au 3ème siècle, le fit entrer dans la mythologie chrétienne, entrainant par la même occasion un nouveau sens dans l’étymologie du laurier, celui non plus de la victoire du général romain sur les troupes barbares (ou gauloises) mais celui de l’homme de foi sur le mécréant, autrement dit de la chrétienté sur le paganisme…On essaiera d’être moins violent pour combattre les équipes adverses lors de ce Mondial, mais toute victoire ferait évidemment très plaisir à un certain Laurent (si je laisse un blanc, vous trouvez?), avec ou sans diadème végétal dans les bouclettes.

On ne peut pas terminer sans noter quelques coïncidences et peut-être présages étonnants: la citation «O Capitaine, Mon Capitaine» est en fait le premier vers d’un poème écrit par l’américain Walt Whitman en hommage au Président Lincoln. En voici la troisième strophe:
« Ô Capitaine! mon Capitaine! Lève-toi et entends les cloches!
Lève-toi, c’est pour toi, le drapeau hissé, le clairon vibrant,
Pour toi, bouquets et couronnes enrubannés,
Pour toi les rives noires de monde,
Toi qu’appelle leur masse mouvante aux faces ardentes»…
Voilà qui ressemble singulièrement à une scène de défilé sur les Champs-Elysées, non? Et le tout est tiré d’un recueil de poésies intitulé «Leaves of Grass», autrement dit «Feuilles d’Herbe» en français. Et si cette herbe était le gazon d’une pelouse?

(*) taper l’un ou l’autre nom dans le champ de recherche pour plus de précisions.


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