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Machin (Marc)

Machin

C’est le patronyme du principal acteur d’un procès qui s’ouvre cette semaine, concernant une éventuelle erreur judiciaire au sujet de deux meurtres commis en 2001. Pour ne rien arranger (à la clarté des interviews télévisés), le prévenu en question porte les mêmes noms et prénoms que son propre père qui intervient régulièrement devant les micros et caméras, preuve que l’état-civil a parfois bien fait de décliner féminins, diminutifs et surnoms pour éviter les confusions! Mais revenons à notre Marc: voici quelques trucs pour comprendre ce Machin.

Machin, quel drôle de nom! Pourquoi pas Chose ou Bidule? C’est que, précisément, le patronyme n’a rien à avoir avec un vulgaire surnom qu’on aurait donné à un jour à un type dont on aurait oublié l’identité. Pour bien comprendre le cheminement linguistique, il faut mettre en branle toute une…machine, cette fois, qui remonte jusqu’à l’époque des Grecs.

Il y a en ce temps-là un mot, qu’on va écrire «mékhana», celui qui nous donnera ‘mécanique’ plus tard; sauf qu’en attendant, le terme s’applique à…l’arrangement cosmique de l’Univers (rien que çà), bref, à la ‘mécanique du ciel’, astres, comètes, divers phénomènes et manifestations divines comprises (ce qui n’était pas rien chez les Hellènes). Au fil du temps, le sens redescend sur terre pour qualifier un événement imprévu, puis une idée ingénieuse, en particulier celle(s) qui permet(tent) de taper sur la gueule du voisin, en l’occurrence une ‘machine de guerre’. Et nous voilà désormais avec le cliquetis de rouages métalliques, bien loin des coups de tonnerre et autres aurores boréales.

Le seul cas où va subsister une histoire fidèle au premier sens se retrouve dans le théâtre (surtout classique), qui pratique le fameux «Deus ex-machina», c’est à dire le coup du sort divin qui permet de boucler la pièce et liquider l’histoire quand l’auteur ne sait plus comment résoudre le drame, sauf à faire intervenir une ‘mécanique céleste’…Pendant ce temps, l’idée de machine guerrière fait son bonhomme de chemin, et prend le sens figuré de quelqu’un de ‘machineux’ (comme on dit encore parfois dans l’Est et en Normandie), c’est à dire un homme qui sait machiner, monter une histoire, ou mieux une…machination.

Pour un Machin (parfois Machain, ou Méchain), la chose deviendra vite une vilaine habitude qu’il effectuera…machinalement, d’où ce sens de personnage rusé et trompeur. Même punition pour les variantes poitevines que sont les Machinal et les Machinaud, qui sont loin de travailler tous en usine (machinos).

Alors, d’un strict point de vue étymologique, l’affaire n’arrange sûrement pas le cas de Marc, surtout que le policier qui lui avait extorqué des aveux à l’époque s’appelle Mules (çà ne s’invente pas, et c’est une autre histoire). Terminons donc en rajoutant que certains Machin peuvent venir d’une racine tout à fait différente, puisqu’ils représentent parfois une déformation de Magin (ou Maginot, comme la Ligne), tous ces mots étant des versions abrégées de (Do)manchin ou (Do)mange, c’est à dire la forme occitane de…dimanche, après chute de la première syllabe (dimanche>dimanchin>manchin>machin).

D’autres y voient encore une option différente: Machin serait cette fois un allongement de ‘mac’, lui même diminutif de…maquereau. Il vaudrait peut-être mieux ne pas trop faire circuler cette hypothèse, non?


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