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Moulin (Jean)

Moulin

Il y a donc 70 ans se tenait le premier Conseil National de la Résistance (27 mai 1943). A partir de ce début juin et pendant encore quelques semaines, le héros de vos pages d’actualité sera une figure de l’Histoire, Jean Moulin, enfant bitterrois torturé à mort par le Gestapo le 8 juillet de la même année. Moulin, patronyme d’un futur commissaire télévisé, c’est à l’origine le surnom d’un homme qui ne brassait pas l’air pour rien, et qu’on ne roulait pas facilement dans la farine.

La pierre angulaire du patronyme, c’est en effet le mot latin ‘mola’, dont tous les bons dictionnaires vont indiqueront qu’il signifie une meule. Certes. Plus précisément même, et bien avant d’être une lourde pierre arrondie que l’on fait tourner dans un mécanisme (que ce soit d’un moulin ou sur un simple tour de travail), il s’agit d’un morceau de pierre ‘à aiguiser’, puis à raboter. L’idée de base de ‘mola’, c’est la fonction de broyage. On comprend évidemment l’usage que pourra en faire le meunier pour écraser jusqu’à pulvérisation les grains de blé, ou de toute autre céréale. Les Moulin sont donc les descendants d’un ancêtre qui ‘habitait près ou du côté d’un moulin’ (un peu comme les Du-Pont), mais plus fréquemment, il s’agissait de l’occupant (professionnel) du moulin lui-même, à savoir le ‘mol-nier’, devenu ‘meul-nier’ puis meunier. La provenance vaut donc pour les Dumoulin, les Desmoulins, mais aussi les Molinier, les Moulineau (le papy de Coluche) et les Moulinsart (pas toujours propriétaires de château).

Mais avant de passer au moulin, la meule, mot français du 16è siècle créé sous influence germanique (le ‘eu’ central), existe avec la racine latine inchangée ‘mola’, pour baptiser la plus petite meule qui soit, une dent plate et rugueuse destinée à raboter les derniers morceaux de nourriture dans la bouche, la molaire…En fait non, le plus petit exemplaire que l’on connaisse porte logiquement un diminutif avec le suffixe -ette, ce qui nous donne donc la molette, votre copine de chez le dentiste…Elle a son équivalent masculin, avec le même suffixe, pour évoquer le mouvement rapide de roue que fait la main au bout de la canne à pêche, le molinet ou moulinet. Et, sans changer de main, voici sa version domestique pour faire la purée, la molinette ou moulinette, évidemment.

On voit bien que le premier son latin ‘mol-’ peut se décliner en ‘moul-’, comme pour le verbe qui exprime l’écrasement du blé (ou du café), qui sera ‘moul-dre’ puis moudre. La racine peut aussi évoluer en ‘mul-’, et même en ‘mil-’, sans changer de sens: c’est ce qui permettra de créer, à côté des Moulin français, les Müller allemands, ou les Miller anglais, sans compter les Molinar espagnols, dont la version Molinaro (Edouard) s’illustrera sur nos écrans dans de nombreux films. Et franchement, s’appeler Molinaro et tourner, çà ne peut que donner des ailes (de moulin). En tout cas étymologiquement.

ps: pour ce dernier nom, le terme désigne plus fréquemment un moulin dit industriel, et, spécifiquement en Catalogne, un système de forges. Mais le moulin à vent du meunier existe aussi en Espagne. Ne serait-ce que pour servir de cible à Don Quichotte…


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