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Murray (Conrad)

Murray

Petite incursion dans les patronymes anglo-saxons, puisque c’est le nom qui va revenir quelque temps à la Une des journaux, avec le procès du médecin de Michaël Jackson. La chose intéressante avec ce mot, c’est qu’il comporte un grand nombre d’homonymes en français, dont le sens est très différent et que nous allons démonter pierre par pierre, puisqu’il s’agit d’une histoire de…mur.

En ce qui concerne Murray, en tant que patronyme comme pour Conrad, ou en tant que prénom comme le chanteur Murray Head, il s’agit (forcément) d’un vocable exporté vers le Nouveau Monde par des ancêtres aventuriers ou colons britanniques. Beaucoup de Murray américains viennent de la province écossaise de Moray, autrement dit le Morayshire (capitale? Elgin), située au nord/nord-est du pays, en bordure sablonneuse de la mer. La transformation moray>muray, puis murray est assez classique, pour des raisons de prononciation. D’autres Murray, sur la côte Est des Etats-Unis, seraient, eux, comme l’aïeul de Conrad, de provenance typiquement anglaise, et correspondraient à l’adjectif anglais qui signifie joyeux, à savoir « merry », le mot servant alors à surnommer quelqu’un de particulièrement enjoué (je ne sais pas si c’est vraiment le cas de notre médecin actuellement).

Quittons donc les racines saxonnes pour parler des « muray » français, que l’on trouve en fait sous la forme Muret. Le nom propre est souvent un nom de provenance, l’ancêtre concerné venant cette fois d’un lieu ainsi appelé, que ce soit en Haute-Garonne, dans l’Aveyron, les Landes ou encore dans l’Aisne (entre autres); le sens est toujours le même, celui d’un endroit où il est question d’une petite fortification, d’un…muret, simple défense ou mur d’enceinte plus structuré, généralement construit à l’époque celte ou gauloise (les romains, eux, construisaient en bois).
On trouve aussi dans le département du Nord des Murez (avec un « z » typique de cette région, et, encore une fois, pas forcément de l’Espagne), toujours pour désigner un petit-mur.

Dans le mâconnais, on parlera de Murot, souvent simple monticule de pierres ou de terre; alors qu’en Indre & Loire, on dira Mureau (ou Muraud, un peu plus à l’ouest), en redonnant un sens plus « épais » au mur concerné, s’agissant parfois d’une vraie mur-aille! Et encore un peu plus au sud, on créera des Murat, comme Joachim (beau-frère de Napoléon 1er). Tous ces noms sont construits sur les mêmes fondations.

Sortons de nos frontières, tout en continuant de nous appuyer sur ce ‘mur’: en Espagne castillanne, le « petit-mur » fortifié va s’appeler Murillo (comme le peintre); du côté du pays basque, ce sera plutôt Muru. En Italie, on parlera du Muraro, qui est en fait une contraction du nom de métier ‘muratore’, pour nommer celui qui construit des murs, le maçon. On trouve d’ailleurs aussi dans ce pays l’orthographe Murer.

Et puisqu’on parle de Murer, revenons en France et terminons par un célèbre Muraire français, prénom Jules, et que les cinéphiles auront déjà reconnu. En effet, soucieux de prendre un pseudonyme qui passse bien pour les débuts du cinéma parlant, Mr Muraire laisse tomber la terminaison de son nom, et, avec ‘murai’, fait du verlan avant l’heure, pour créer…Raimu, nom de scène de ce toulonnais dont la voix est dans toutes les mémoires, sortie tout droit d’un des films de Marcel Pagnol, entre (beaucoup d’)autres.


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Un commentaire au sujet de Murray (Conrad)

  1. Et Conrad ? Vous avez oublié Conrad, non ?

    Pour une prochaine rubrique sûrement.

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