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Schwarzenegger (Arnold)

Schwarzenegger

Du temps de sa carrière politique américaine, c’était «Gobernator». Comme acteur de cinéma, c’était «Schwarzy». A son époque culturiste, on l’appelait «le chêne autrichien», ce qui tend forcément la perche pour se pencher sur ses racines. Le point commun entre ces trois surnoms évoque systématiquement un homme fort, qui se targuait, au plus haut de ses victoires en bodybuilding, d’avoir un torse de 144 cm et des mollets de plus de 50 cm…Une revanche sans doute de l’enfant battu qu’il avoue avoir été, en se livrant aujourd’hui à une confession au micro d’Europe 1. Quoi qu’il en soit, et contrairement à toutes les règles de marketing, son ‘épouvantable’ (à prononcer) patronyme ne fut pas un handicap pour ses différentes activités; le mot est d’ailleurs plus énigmatique qu’il n’y paraît.

L’homme est donc de souche autrichienne (les environs de Gratz); les racines de son nom sont donc forcément d’origine germanique, tout comme de nombreux éléments du vocabulaire moderne français, suisse (de l’est), italien (du nord), luxembourgeois, belge, anglais, danois, norvégien, suédois, et évidemment allemand. Même sans avoir beaucoup étudié la langue de Goethe, on comprend ou on devine assez facilement que Schwarzenegger peut se découper en deux mots, schwarz + negger, avec un ‘e’ de liaison. Le premier signifie ‘noir’, le second…’noir’, à tout le moins ‘nègre’, ce qui revient au même mais avec la racine latine. Tout comme nous avons en français les mots nègre ou négritude, qui font partie d’un vocabulaire ‘noble’ (!) qui rend hommage à Aimé Césaire ou Léopold Senghor (la connotation négative voire injurieuse n’est que très récente et n’a existé que l’orsqu’on a mis un adjectif à côté de ‘nègre’). On a même alloué un pays aux (esclaves) noirs, le Nigeria; par contre, rien à voir avec le Niger (ni’gerr), issu d’une expression touareg qui décrit ‘les eaux qui coulent’, donc le fleuve qui a donné son nom à la région…

Mais pourquoi avoir autrefois surnommé les gens ‘noir’? Tout simplement à cause de leur couleur de poil(s), en général les cheveux; mais aussi parfois en fonction de leur couleur de peau, brune naturellement ou tannée par le soleil. Indépendamment des Schwartz ou des Black et de tous leurs composés, on a aussi des Noir en français (comme l’ex-homme politique Michel), des Negro ou Negrao en portugais, et des Negresco en roumain, même installés à Nice. Logiquement, on comprend donc que Schwarzenegger signifierait ‘le nègre noir’, ce qui est forcément… impossible, et ce pour au moins deux raisons: d’une part, c’est idiot (un nègre noir, c’est comme un petit blanc, il y en a des millions, donc le surnom n’aurait aucun intérêt); d’autre part, il y a là un mélange de deux origines linguistiques (le germain et le latin), ce qui est rarement le cas en étymologie.

Alors? La clé de l’énigme tient au ‘e’ central du nom, qui n’est finalement pas une simple lettre de liaison, mais le début du second mot! Il faut donc comprendre: schwarzen-egger, ou -ecker, autre orthographe de ce second mot qui signifie en fait un angle, ou une pointe, géographiquement parlant. Comme la Pointe du Raz en Bretagne par exemple, pour désigner un cap rocheux. D’un point de vue topographique, comme on ne connait pas à l’Autriche beaucoup de ‘pointes’ sur la mer, il faut imaginer que ce sont des pointes vers…le ciel, ou des aiguilles comme on dirait dans les Alpes. Il s’agit donc de montagnes, le petit (enfin, devenu grand et gros) Arnold descendant alors d’une famille qui habitait un endroit montagneux et sombre (schwarz), probablement à cause d’une forêt abondante. Même raisonnement pour le Monte-negro ‘yougoslave’! On est donc loin d’un nègre quelconque, sauf quand notre champion a écrit un bouquin, le nègre étant alors ‘celui qui reste dans le noir’ derrière le présumé auteur…

Quelques autres étymologistes vont un tout petit peu plus loin que ‘eck’ en ajoutant trois lettres, et rapprochent ce nom du mot ‘eckert’ (schwarzen-eckert) qui, comme les Eckart, Eckhardt ou…Achard en français, vient de deux mots germains: ack/eck (la lance) + hard (dur). On serait alors passé du son ‘k’ au son ‘gg’ par simple effet de prononciation locale, ce qui est toujours possible…On reste de toutes façons très loin d’une histoire d’homme à la peau noire, ce qui, visiblement, ne correspond pas du tout au profil aryen du bonhomme. Mais, si c’est la bonne étymologie, s’appeler ‘l’homme à la lance dure’ pour quelqu’un qui a interprété ‘Conan le Barbare’, on ne peut pas faire mieux!


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2 commentaires au sujet de Schwarzenegger (Arnold)

  1. Votre conclusion sur le patronyme Schwarzenegger me semble juste. Etymologiquement c’est bien Schwarz +en+egger ou eckert. En revanche, vous vous tromper sur deux points:
    1- Vous pensez que « nègre » = noir; il n’en est rien. » nègre »= brun.(voir mon article « le mot nègre ne signifie pas noir, mais brun » sur marherpra.rmc.fr
    2- Vous dites que  » le mélange de deux origines linguistiques… » sont rares étymolgie. Moi je dirai « pas si rares » qu’on le croit. Exemples:
    a) l’oral français 11,12 …16, relève de ce phénomène.
    b) le grec britania (bretagne) lusitania, sont des doublets mêlant le phénicien brit(métal)+ta(terre) et le grec iai.
    Maherpra

  2. Bonjour, et merci de votre commentaire.

    Les précisions sont intéressantes, et ne manqueront pas d’apporter matière à discussion(s) sur certains points:
    Je vous rejoins complètement dans la définition ‘brun’ pour ‘niger’, mais le sens de ‘noir’ n’est pas faux non plus. Sans compter que, à l’occasion, j’irai alors plus loin que vous en rappelant que l’adjectif latin, appliqué à un humain, prenait alors souvent le sens figuré, pour désigner quelqu’un de sombre, donc mauvais, donc une âme…noire! La connotation brune ne s’appliquait en fait qu’à des objets (tissus, matières diverses, comme vous le signalez très justement dans votre article, par ailleurs souvent contestable, surtout dans ses conclusions ethnologiques). Cela étant, le jeu de mots supposé pour ‘Schwarzenegger’ fonctionne également, quelle que soit la nuance de couleur que vous donniez aux racines!

    Quant aux ‘racines mixtes’, je confirme que l’utilisation du mot ‘rare’ signifie bien ‘peu fréquent’ donc pas impossible. L’exemple de la Lusitanie n’est peut-être pourtant pas le plus probant: en effet, selon les sources, on estime que les deux racines Lusos + Tanos font allusion à des dieux d’influence celte (donc même provenance); quelques siècles plus tard, des grecs désignaient par ‘lusitanos’ des gens qui avaient reçu un document d’émancipation après une période d’esclavage ou d’asservissement. Les ‘lusitanoï’ n’ont alors, eux aussi, qu’une seule source linguistique…

    Je reste très attentif à vos prochaines remarques et vous remercie à nouveau de votre intérêt.

    Cordialement,
    Dominique

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