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Tourre (Fabrice)

Tourre

C’est l’homme qui est à la Une de l’actualité en cette fin de semaine, mais il y a fort à parier que vous n’en n’avez pas spécialement entendu parler. C’est qu’il s’agit en l’occurrence des journaux américains, très attentifs à mettre en avant la reconnaissance de culpabilité du français Fabrice Tourre, ex-courtier de la banque Goldman Sachs qu’il aurait ‘aidé à commettre’ des infractions et autres ‘fraudes boursières’. Hormis son surnom de ‘Fabulous Fab’ (comme quoi, on peut avoir un sens de l’humour réversible dans le milieu bancaire), l’homme aurait dû voir venir de loin ses ennuis judiciaires, au moins étymologiquement.

L’origine géographique de la famille est l’Ardèche (Fabrice – 50 générations environ), et le patronyme est l’un des plus faciles à comprendre de notre Etat-Civil: les Tourre représentent en effet l’une des figures de style les plus fréquentes en onomastique (la science des noms propres): on désigne une personne par un détail caractéristique de son environnement, de sa position géographique, voire de son action par rapport à ce détail. En clair, ici, les Tourre ont la même valeur que les Tour (moins fréquent tel quel comme patronyme), à savoir quelqu’un en relation avec une…tour. Et LA tour la plus caractéristique pour nos ancêtres a été, pendant plusieurs siècles, celle d’un (ou du) château au…tour duquel ils habitaient.

Fonction principale de la tour: l’observation des alen…tours, et l’alerte en cas de présence ennemie; éventuellement, en cas d’affrontement et plus si inimitié, la tour sert d’avant-poste de combat afin de protéger la plus haute du tour du château si celui-ci en a les moyens, refuge ultime en cas d’invasion, le donjon. Les Tourre peuvent donc être des gens situés au pied d’une tour, ou dans la rue -voire le quartier- de la tour (s’il n’y en a qu’une), mais le plus souvent, au pied du donjon, en l’absence de toute autre précision. Autant alors y rajouter quelques autres noms composés, comme les Latour (prends garde!), Latoure et Latourès (en Béarn) ou encore évidemment les Delatour, qui procèdent du même raisonnement mais en ‘agglutinant’ au mot principal le ou les articles qui le précèdent.

De fait, on peut orienter le surnom vers d’autres constructions, comme les Tourret, Tourette ou Tourelle, tous diminutifs affectés à des ouvrages moins importants. Les moins bien lotis de la famille (il y a toujours quelques malchanceux ou quelques moutons noirs) sont des termes péjoratifs comme les Tourard, flanqués de la marque finale habituelle en -ard (taulard, pendard, chauffard, etc), surnom possible de quelqu’un qui se réfugiait (de peur?) dans la tour et qui n’avait pas le courage d’en sortir pendant la bataille. Ou encore les Tourasse (comme le boulevard bien connu des Palois, du nom d’un…parisien venu à Pau pour y fonder bibliothèques et établissements scolaires à la fin du 19è siècle), toponyme désignant une grosse tour mais le plus souvent une mauvaise tour’, soit mal construite, soit construite du mauvais côté (du château), ou encore détruite dès une première attaque.

Tous ces mots, puis surnoms, puis noms ont donc été construits sur la même racine latine ‘tur’, c’est à dire une tour évidemment, édifice que l’on va miniaturiser quelques siècles plus tard dans certains établissements comme les…couvents, d’où le rôle des soeurs dites ‘tourières’, religieuses préposées aux ‘échanges extérieurs’, ces petites marchandises ou documents que l’on faisait passer en les déposant dans une tourelle pivotante qui évitait tout contact avec les visiteurs.

Signalons au dé…tour que la version masculine change complètement le sens du mot, même si l’idée de base reste la même: une tour, c’est rond; un tour également, mais cela devient un outil ou une petite machine utilisés par un potier, ce qui donnera d’autres patronymes comme les Tourez et les Tournet (évident), mais aussi les Dutour(d), très loin donc -dans leur situation et leur fonction- des Delatour! Enfin, histoire de faire le tour du sujet, il faut savoir que les Tourenne (de Dordogne, le plus souvent) ou les Tourat (de la région Centre) sont définitivement distincts de toute chose ronde: leur étymologie vient en effet d’un terme (celtique?) antérieur au latin, qui est ‘tur’ (oui, un homonyme), et qui désignait alors un promontoire, une colline en hauteur ou le surplomb d’un rocher. Soit dit sans tourner autour du pot, sauf celui qu’avait réussi à planquer notre Tourre qui en a joué un drôle à sa banque…


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