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Wermus (Paul)

Wermus

Après avoir régulièrement, et parfois fermement, souhaité la mort (même symbolique) de l’homme de médias si ‘parisien’, nombreux sont ceux qui ont apporté un hommage au chroniqueur-journaliste-animateur de radio puis de télévision. Il faut dire que l’homme avait la dent dure, et que le métier -je n’ose pas dire la fonction- qui le caractérisait le mieux était celui de ‘polémiste’, au sens le plus étymologique du terme.

L’adjectif en question vient en effet du mot grec ‘polèmos’ (on l’écrit comme on peut) qui signifie la guerre. Guerre sur terre, guerre sur l’eau (la formule préférée des Grecs), puis au sens figuré guerre des mots ou guerre des nerfs, il est toujours question de joutes (littéraires), de combats (de coqs mondains), de corps-à-corps (d’imprimerie) et aussi de quelques coups d’épée (dans l’eau).

Or, l’ami Paul (enfin, pour certains) excellait dans tous les registres de l’exercice, grâce à un esprit particulièrement aiguisé et à un patronyme à l’origine restée sans doute inconnue de ses adversaires, qui ne se seraient sans doute pas privés de le caricaturer «s’ils avaient su»! Globalement, il y a deux provenances possibles, en fonction du pays mais aussi du lieu de résidence précis des ancêtres de la famille: certains penchent d’abord pour une ‘importation’ directe du flamand ‘van der Muse’, que l’on trouve également sous la forme francisée de Vermus, Vermusse ou même Vermuyse.

Vous avez sans doute déjà compris qu’il s’agit là d’un toponyme, une expression qui définit le lieu de quelqu’un qui vit près (ou vient) de la Meuse -pardon de la Moûse, en wallon- le fleuve qui traverse le département français éponyme, patrie de Raymond Poincaré et de Sophie Thalmann (chacun-e de son côté). Un ‘van der Mus(e)’, contracté en Vermus, est donc un Meusien, qui devra quand même se méfier de la…’mose’, terme local qui désigne un lieu boueux. Et c’est là que l’histoire se complique.

Car la majorité des Wermus, contrairement aux apparences, sont originaires non pas du nord mais du sud (de la France), d’après une adaptation faite au 18ème siècle par un officier chargé du recensement peut-être né en Flandres mais affecté en Occitanie, où il entend un ‘vormats’ largement répandu…Enfin, on espère, pas trop quand même car il s’agit du mot qui veut dire la morve (une autre forme de boue?). Dans plusieurs parlers de langue d’oc, y compris dans des zones limitrophes hors de la France actuelle, la racine ‘vormà’, ‘vormat’, ‘vormalh’, voire ‘vormatz’ évoque un coup sur le nez, et donc, manifestement, ce qui en coule.

On se retrouve alors avec un sobriquet qui qualifie non pas un homme enrhumé, mais, comme le perpétue précisément le sens commun, un…morveux, avec une connotation assez péjorative qui s’adresse à un (souvent petit) personnage agressif! («Toute ressemblance…» aurait fait les délices des victimes des flèches de Paul). Drôle d’ironie, qui subit à son tour un retournement de sens assez spectaculaire!

Figurez-vous que ce morveux va se (con)fondre de la façon la plus goûteuse avec la racine d’ancien-anglais ‘worm’, dont la lettre initiale va très normalement se transformer en G chez nous, pour donner un…gourmet (et un gourmand) dont je parie qu’il vous met déjà l’eau à la bouche. Vous auriez tort: un gourmet, étymologiquement, c’est bien celui qui a…de la morve à la bouche!

Je vous avais prévenus: au fond de la gorge de ce ‘gourmet’, il y a donc le mot saxon ‘worm’, qui signifie le…pus, et plus spécifiquement le pus qui dégouline de la bouche d’un cheval malade. Ce mot va passer dans la langue française sous la forme de ‘gourme’, c’est-à-dire, justement, la maladie infectieuse et contagieuse qui touche les poulains. Quand l’animal avait fini la maladie de la gourme, on pouvait alors le gourmer, autrement dit lui mettre la gourmette, cette chaînette qui passe sous la mâchoire pour tenir le mors dans la bouche.

Chez les humains, l’image est restée pour exprimer, au sens figuré, qu’un enfant quitte le premier âge pour devenir adulte, d’où le sens de l’expression…sauf que, pour un homme, difficile de garder la gourmette dans la gueule; on décida donc de la mettre au poignet (ce qui n’est pas forcément moins ridicule, selon ce qui est écrit dessus!). Mais alors, comment est-on passé du sens de la maladie à celui d’une personne raffinée et amateur (-trice?) de bons plats? Tout simplement grâce à un effet de linguistique tout à fait classique (dû à des différences de prononciation) en inversant des syllabes: cette fois, ‘worm’ est devenu ‘gorm’, puis ‘gourm’, et enfin, en décalant le « r », on arrive à un…’groum’ qui, au 15è siècle, a pris le sens de valet, en français.

D’ailleurs, après ce détour dans notre langue, les Anglais l’ont récupéré pour en faire le…groom, c’est-à-dire le valet d’étage. Or, chez nous, le groum, ou son diminutif le groumet, va devenir, par chance, le valet…des marchands de vins, donc de gens cultivés capables de goûter des alcools mais aussi (entre deux verres) des plats élaborés. On est donc passé, grâce à ces serviteurs, au sens actuel de gourmet, puis carrément à celui de gourmand…Remarquez, on est partis d’une histoire de maladie de la jument folle pour arriver à l’un des sept péchés capitaux, ce qui n’est pas forcément mieux, soit dit sans baver sur les Wermus. Sauf étymologiquement peut-être!


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