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Zeffirelli (Franco)

Zeffirelli

Le monde du cinéma, après l’avoir souvent décrié comme un réalisateur précieux et sans génie, va devoir faire son mea culpa post-mortem (« ce sont toujours les meilleurs qui partent »); il est vrai que les dictionnaires du 7ème Art le créditent d’un ou deux succès ‘populaires’, dont un ‘Roméo et Juliette’ qui lui vaudra quelques nominations aux Oscar, et un ‘Callas Forever’ dans lequel Fanny Ardant incarne magistralement la diva. L’esthète florentin s’en est allé dans un souffle…y compris étymologiquement.

Le patronyme du cinéaste flamboyant (1) est l’exemple parfait d’avatars successifs pour une recherche linguistique! Tout d’abord, il ne s’appelle pas Zeffirelli mais Corsi, du nom de son géniteur prénommé Ottorino qui n’était pas médecin, comme on pourrait le penser, mais marchand de soie. Qui plus est, le bonhomme n’est pas du tout…corse, comme le suggèrent avec facilité la majorité des dictionnaires-pour-les-nuls- mais ‘ac-corsi’, nom de baptême donné en Italie du Nord pour implorer la grâce et le secours (accorso) divins sur un nouveau-né.

Le mot originel va subir une aphérèse (2) qui efface la première syllabe; le sens du nom se rapproche alors du français Dieudonné ou Benoît (celui qui est béni). Ouf, il a échappé à…Benito comme prénom; le futur Franco (encore passé près du drame, pourquoi pas Adolf…) se prénomme d’ailleurs Gian-Franco.

Or, Jean-François est un enfant ‘du péché’, l’un(e) et l’autre des amants étant mariés chacun de leur côté; donc sa mère ne peut pas non plus lui transmettre son état-civil! Elle emprunte alors à ‘Idoménée’, son opéra (de Mozart) préféré, le titre d’un air célèbre qui parle de « zeffiretti lusinghieri ». Car dans le scénario de l’oeuvre, qui se passe juste après la Guerre de Troie, il est question de « doux et plaisants zéphyrs » (traduction de l’expression italienne) qui soufflent sur l’île de Crète dont Idoménée est le roi.

Ce zéphyr vient donc non seulement de l’Ouest mais aussi de la mythologie grecque qui le décrit comme un vent violent et pluvieux, alors que la tradition littéraire française en fera au contraire un souffle doux, chaud et agréable, généralement résumé sous le terme de ‘brise’! C’est le sens qui prévaut encore dans l’opéra, où l’on parle donc de petites brises, les fameuses ‘zeffiretti’.

Non, non, il n’y a pas de faute de frappe, c’est bien l’orthographe du diminutif en question. C’est alors l’officier d’état-civil italien (qui n’a pas Wolfgang-Amadeus sur sa play-list sans doute) qui se trompe -ou ne comprend pas- et qui enregistre vaillamment ZeffireLLi sur les registres…Voilà donc comment on passe d’un faux-pseudo à une création onomastique complète, mais pas si ratée que cela: Franco ne disait-il pas lui-même que son nom sonnait de façon bien plus ‘aérienne’ que le très vulgaire et sec ‘zeffiretti’.

Et vous savez quoi? En Grèce, le vent en question était, comme toujours chez les locataires de l’Olympe avec les phénomènes naturels, personnifié par un dieu. Le collègue d’Eole s’appelait donc Zéphyr (l’eussiez-vous cru?) et bénéficiait de l’attribut principal du papillon, autrement dit deux…ailes. Comme dans Zeffirelli!

(1) Si vous le pouvez, visionnez ‘François ou le chemin du soleil’ (1972), hymne sulpicien, musical, kitsch mais superbe sur l’histoire de St François d’Assise (et sa ‘soeur’ Ste Claire)…

(2) Voir dans l’onglet ‘Bréviaire’ en haut de page.


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