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Taquet (Adrien)

Taquet

Pas vraiment de grand(s) débat(s) en ce début d’année 2019, pour cause de cris et de rires jaunes, des trottoirs des Champs-Elysées aux prisons du Japon. Vous avez donc peut-être ‘zappé’ la météorite qui a frôlé la Terre, l’assassinat de quelques opposants venezueliens ou le micro-remaniement ministériel français, qui a ajouté un Secrétaire d’Etat à la Protection de l’Enfance dans le trombinoscope gouvernemental. Un (ex) député qui va devoir être…aux taquets, comme vous venez de le penser et qu’on a dû lui dire mille fois…

Or, rien à voir (comme d’habitude) avec le facile jeu de mots qui découle de cet homonyme parfait; l’origine du patronyme est bien plus complexe que cela. Même si le mot parait ‘évident’, on bute sur ce taquet le plus élémentaire: en tant que nom commun, le substantif vient du verbe d’ancien-français…attacher, autrement dit (et surtout écrit) à l’époque ‘astacher’, ou mieux ‘estacher’.

C’est cette forme qui va -à peine- évoluer pour donner ‘estache’ puis estaque, celle-là même que connaissent bien les pescadous d’un certain quartier au nord (géographique) de Marseille, là où tous ces pêcheurs viennent attacher leur navette (barque) à un pieu ou un poteau. C’est moins encombré (et éventuellement moins cher) qu’un anneau dans le Vieux-Port et beaucoup plus traditionnel d’être à l’Estaque!

Par la suite, cet ‘estaque’ va très normalement devenir un peu plus académique en créant son diminutif sous la forme ‘estaquet’ puis taquet; on est alors passé de la pièce de bois massive fichée dans la mer à un minuscule modèle réduit de cale taillée que l’on fait tourner derrière une porte pour la bloquer (15ème siècle). Quelques décennies plus tard apparait à son tour la version métallique suffisamment robuste pour coulisser dans une serrure, et l’affaire est définitivement verrouillée.

Mais comme on ne voit pas bien comment on aurait pu transférer une telle idée de fermeture ou d’attache sur une personne, il faut considérer une ‘filière’ onomastique bien plus chrétienne pour baptiser un humain: le mettre sous la protection d’un saint. Et l’on constate alors que les nombreux Taquet de souche normande, picarde ou…antillaise ont un rapport avec (saint) Eustache, la racine originelle subissant le même sort que l’estaque pour devenir Ta(s)che puis Taque et enfin Ta(c)quet, ou encore Tacquez dans le Nord.

Et pour être bien calé sur la racine, il faut remonter jusqu’à l’adjectif grec ‘eustakhios’, qui signifie (sous-entendu: celui…) ‘qui a de beaux épis’ (eu-stache), qualificatif accordé à un paysan qui avait non pas des mèches rebelles sur le crâne mais une récolte abondante dans son champ. L’épi en question concernait en priorité le blé, mais aussi éventuellement d’autres céréales, y compris la ‘(plante) aux épis (pointus), l’épinard(*).

Mieux encore: contre toute attente, ce terme si agricole avait un sens figuré, qui l’a fait passer de pousse végétale à celui de…’rejeton’ familial, selon une logique que je n’ai pas besoin de vous expliquer. Voilà sans doute de quoi mettre notre nouveau ministre en condition pour une moisson de résultats. Au moins étymologiquement!

(*) voir l’article précédent sur ‘Popeye’


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