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…a de quoi crier cocorico puisqu’il va pouvoir veiller sur les oeufs de la Nation – je veux dire certaines richesses publiques – puisque c’est exactement la signification de son nom. Aucun jeu de mots ni sous-entendu donc dans cette définition, puisqu’il faut prendre à la racine de la plume l’histoire d’un patronyme dont les premiers sens n’étaient pas forcément très positifs, en tous cas étymologiquement.

Le mot est d’inspiration très ‘Centre France’ tout comme les très voisins Coquereau, d’un point de vue géographique aussi bien que linguistique puisqu’il s’agit de la variante de Coquerel pour le Val de Loire, avec une transformation du ‘L’ final en voyelle(s). Tout comme les Coqueron (du Nord), Coqueret, Coquardon, et même Coquard (une histoire d’oeuf au beurre noir, sans doute), il s’agit d’un déverbal (un mot inspiré par et formé sur un autre terme) de ‘coq’, volaille emblématique de la France pour des raisons variées mais qui tiennent toujours à des histoires de caractère que l’on prête au braillard des poulaillers.

Dès l’époque médiévale, un Coq (ou Lecoq) faisait souvent allusion à une personne dont le comportement pouvait faire penser à celui du volatile, et on n’y trouvait rien de franchement brillant à part les plumes qu’il nettoie régulièrement, ce qui donnera le mot (et le nom)…’coquet’ (*) pour qualifier quelqu’un qui aime les belles plumes et qui n’hésite pas à s’en servir pour séduire (les poulettes, évidemment). Parmi les autres qualités flatteuses qu’on attribuait à la bestiole, il y a la fierté (en général mal placée), la vanité (le mâle qui parade au milieu de ses femelles), le manque de discrétion (ça chante pour un rien dès cinq heures du matin), et l’agressivité (faut bien se limer les ergots de temps en temps).

Malheureusement, aucune trace (ou très peu) de ce qui peut se passer avec d’autres élevages car on ne trouve pas de sens d’éleveur de coqs (ou de poules) aux Coquerel. Paradoxalement, la seule qui échappe parfois au grillage est la famille Coquard (ou Coquart), dont certains ancêtres ont un rapport avec une…coquille, mais pas une coquille d’oeuf! Il s’agit alors d’une allusion à la coquille St-Jacques, et donc d’un surnom donné aux pèlerins de Compostelle, le -ard final n’ayant pas ici de valeur péjorative (pour une fois) mais une simple marque signalant la personne concernée par l’action, comme routard, pistard, etc.

Il y a quand même deux avatars de ‘coq’ qu’il convient de rajouter avant d’éteindre la lumière du poulailler, que l’on appelait autrefois la ‘coquerie’ (comme la bergerie, la porcherie, etc) ce qui donnera cette fois aux Coquery (normands) la fonction de propriétaires d’élevages de volailles. Idem pour les Cocherie qui n’ont rien à voir avec les cochons et qui ne sont qu’une orthographe voisine de Coquerie.

Le dernier coq intéressant est un ‘maitre-coq’, plus fréquemment appelé ‘maitre-queux’: en effet ce queux-ci (avec un ‘x’) n’a rien à voir avec la queue (avec un ‘e’), fût-ce celle d’un coq; d’abord, ce mot est masculin et ensuite il vient du verbe latin ‘coquere’ qui signifie cuire (ou cuisiner, si vous ne voulez pas faire outrage à votre…chef-cuisinier). D’ailleurs, au Moyen-Age, les Anglais plumeront une fois de plus notre vocabulaire pour en faire clairement leur verbe ‘to cook’, cuisiner! C’est également grâce au même verbe que vous faites cuire un ‘oeuf-coque’, c’est-à-dire ‘juste cuit’ et non pas évidemment un oeuf de coq (c’est la poule qui ne serait pas contente), et encore moins un oeuf avec une coque (vous en connaissez qui n’ont pas de coque, vous?); on devrait donc dire (et écrire) un ‘oeuf-coq’ comme le ‘maitre’, mais la chose devenait choquante pour l’esprit.

Quoi qu’il en soit, celui qui va devoir mettre tous ses oeufs dans le même (bon) panier, c’est un nouveau président qui finalement aurait plutôt dû être élu au…perchoir, ou presque!

(*) Voir aussi l’article sur Cocteau (Jean) et Coquard (Bryan)!

…pour un certain temps à ce nom dont la présence de deux patronymes (et d’un prénom rare dans le monde politique) constituent déjà une source de bafouillage pour certains journalistes (c’est moins ‘évident’ que Ferrand). Mais pas de panique, tout cela est très facile à analyser, même si l’attelage des deux mots de l’Etat-civil est un peu inattendu. 

En fait, Braun et Pivet n’ont rien à voir l’un avec l’autre si ce n’est l’adoption du nom de son mari Vianney ajouté à celui de son ascendance familiale de provenance juive polonaise…Commençons donc par ce ‘Braun’ ou plutôt braun communément puisque, dans toute la zone germanique, il désigne depuis des siècles une personne (et parfois un animal, puis un objet) de couleur ‘brune’ soit, dans le langage commun, marron en français.

Au départ, il s’agit le plus souvent de la couleur des cheveux, nos ancêtres connaissant grosso-modo trois options de teinture (naturelle) soit brun-blond-rouge (roux) et on faisait avec, chaque nuance ayant, au cours des siècles et selon la culture locale, un certain nombre de symboles: pour le rouge (à éviter), plutôt la couleur du diable; pour le blond (bonne pioche), le soleil et la brillance; pour le brun, souvent la nature et/ou la force.

Dans ce dernier cas, outre l’évolution du brun-marron en ‘bronzé’ pour désigner non pas les peuples « du sud » mais les gens exposés au soleil (les paysans), le brun est emprunté au latin ‘brunus’ – qui va donner braun en allemand et brown en anglais – et il évoque à l’origine non seulement une peau mate puis des cheveux foncés mais aussi des poils et même un poil brillant. De fait, pour les peuples germaniques, le colosse qui a des poils marron et brillant est forcément le personnage qui les hante en permanence soit l’ours des forêts, lequel sera prénommé dans la majorité des contes français…Bruno (Lebrun)!

L’adjectif aura d’ailleurs un grand succès dans ce monde germanique puisqu’il donnera naissance, outre la forme simple Braun (comme l’ingénieur allemand émigré aux USA Werner Von Braun, sans lequel la NASA n’existerait peut-être pas), à des Braunberg ou Braunberger (l’habitant d’une ‘montagne brune’ au sens de sombre, donc peu ou pas exposée au soleil), à des Branhaus ou Braunhauser (brown-house en anglais, la ‘maison brune’ c’est-à-dire en pierre), des Braunstein (pierres brunes, soit carrément cette fois un château) et enfin des Braunhar (brown-hair), surnom…religieux qui fait allusion au personnage biblique de Samson, dont la chevelure était la force et qui était un peu ‘blonde’ quand il roupillait au mauvais moment.

Quant à ‘Pivet’, il peut lui aussi avoir plusieurs significations, selon la région de provenance. Il existe un certain nombre de micro-étymologies locales spécifiques, comme une éventuelle déformation de ‘pivot’, au sens énigmatique de pointe ou attache de mouvement, uniquement explicable par une activité ou un symbole propre. D’autres, un tout petit peu plus fréquentes, renvoient à la ‘pive’, le nom savoyard de la pomme de pin, ou au ‘pivol’, nom régional du peuplier…

Le plus largement répandu est en réalité une orthographe de Piver donc…pivert, nom de l’oiseau dont on a gratifié un ancêtre concerné par le volatile en question (reste à savoir pourquoi). La tradition onomastique (des noms de famille) a en effet fréquemment surnommé quelqu’un qui habitait dans l’environnement, pratiquait la chasse, imitait le cri ou portait les couleurs de ces oiseaux. Pour les mêmes raisons, on trouve des familles Loiseau (évident) mais aussi des Lemerle, des Rossignol, des Serin, etc…

Petite parenthèse: au sens figuré, tout comme les Serin (serein?) ont pu prendre le sens de rêveurs voire de lunatiques, le Pivert du Moyen-Age qualifiait – ça a changé depuis – des…’lourdauds’, semble-t-il à cause des nuisances sonores que faisait un homme maladroit en faisant tomber des objets. N’extrapolons pas sur la couleur rouge de la tête qui pourrait évoquer divers symptômes, d’autant que si le pivert est en fait un pic-vert, il est bien vert de plumage mais pas du tout piqueur de ramage, même s’il tape sur les troncs d’arbre!  

C’est en fait une déformation d’une pie-verte (l’oiseau voleur d’objets brillants se dit ‘pica’ en latin), il s’agit donc d’une ‘pie verte’, tout simplement parce que nos Ancêtres n’avaient pas encore de nomenclatures animales très développées; on regroupait beaucoup par apparences: c’était pareil pour les chèvres (boucs, bouquetins, chamois, etc), les vaches (boeufs, veaux, taureaux, zébus voire chameaux); tout comme pour les fruits, globalement appelés pommes selon leur provenance (de Turquie, de Malte, de Crète, d’Egypte, etc) et ne désignant pas du tout la production du pommier mais des melons, des coings, des poires ou même, plus tard, des tomates. 

Mais le plus intéressant du pivert est son aventure mythologique, puisqu’il était honoré par les Grecs et les Romains pour faire partie du Panthéon et donc de l’histoire divine de leurs religions. D’un point de vue symbolique, il était associé au dieu…Mars (dieu de la guerre!?) et, à ce titre, bénéficiait du même rang que le loup; on dit d’ailleurs que c’est un pivert qui assistait la Louve romaine pour nourrir (d’insectes?) Romulus et Rémus, par ailleurs fils jumeaux du dieu cité.

Dans d’autres points du globe, les tribus indiennes d’Amérique du Nord, peu suspectes d’avoir échangé par sms avec les précédents, considéraient le pivert comme « l’oiseau de la sécurité », capable de (je cite) « détourner les désastres que sont la tempête et la foudre », ce qui explique(rait) la présence abondante de plumes vertes dans leurs coiffures, prouvant ainsi que le pivert est apparemment peu capable d’assurer sa propre sécurité…

Même le spécialiste suisse de la ‘métapsychologie’, un certain Carl Yung psychiatre de son état, avait étudié le pivert comme (re-citation) « symbole de l’enfantement et de la rentrée vers la mère » (le fait que le bec du pivert veuille pénétrer l’arbre!), cette action illustrant « la force libératrice de la pensée ». Voilà qui pourra peut-être inspirer les prises de parole des député(e)s lors des séances de l’Assemblée sous la direction de la nouvelle Présidente. Au moins étymologiquement!

…c’est un peu la situation étymologique dans laquelle se trouve la Secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux (ouf). Cette (ex)gynécologue est visée par trois plaintes de patientes au titre de présomption de violences physiques; dans le contexte déjà tendu qui concerne Damien Abad (1), ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes Handicapées (re-ouf), l’ambiance commence à être un peu collante. Forcément…

Le patronyme du jour est en effet un (mauvais?) clin d’oeil à double titre; souvent, on a constaté dans ces colonnes que les racines d’un nom pouvaient – strictement d’un point de vue linguistique et sans jeu de mots – dévoiler un deuxième sens inattendu. Celui de notre femme politique est à ce sujet une ou plutôt deux surprises : ce qui aurait pu être une douceur risque bien de la mettre dans le pétrin. Car ceux qui sont un peu familiers avec son lieu de naissance (Sparte-Péloponnèse-Grèce) ‘entendent’ déjà quelques sonorités typiques.

Commençons pour une fois par Chrysoula, qui sonne comme un diminutif affectueux grâce à la terminaison ‘-oula’, à la fois féminine et bienveillante pour ne pas dire aimante, idéal pour (sur)nommer et donc prénommer une petite fille. Sauf que la racine ‘chrysos-‘ contenue dans la première syllabe renvoie directement au terme grec qui désigne l’or, l’or en tant que métal évidemment mais aussi, symboliquement, tout ce qui est cher et/ou précieux comme par exemple un(e) enfant. Le français traduit et illustre parfaitement bien le même raisonnement en adressant à ses rejetons les plus aimé(e)s du ‘mon trésor’, ‘ma perle’ voire ‘mon bijou’, bref la pépite de la famille (2)!

Indépendamment de cette charge joaillière pas franchement indispensable vue la situation, la carte de visite ne s’allège pas vraiment avec ce patronyme composé de deux mots, soit ‘Zacharo-’ + ‘-poulou’. La seconde partie est la déclinaison d’un ‘poulos’ très fréquent en Grèce et dont on se sert principalement en guise de suffixe comme marque de filiation (‘le petit de’). Mais, là encore, il y a un sens caché inattendu dans ce qu’on pourrait appeler en français…’mon poulet’! Hormis la coïncidence du son, ‘poulos’ viendrait du mot grec qui désigne un poussin, via une adaptation latine en ‘pullum’ d’où le mot français; en tous cas, on ne sort pas des qualificatifs très intimes,  ce ‘poulos’ pouvant donc être compris comme le ‘descendant de’ mais aussi le ‘petit’ et même le ‘chouchou’. Autre sens possible: l’idée de ‘petit’ va devenir ‘un peu’ quand il s’agit de quantités…

Quant au ‘zacharo’, il suffit de le transcrire dans notre langue pour en trouver immédiatement la signification, soit très simplement ’saccharo’, la racine qui veut dire…sucre ainsi que son succédané la saccharine. De fait, pour un Grec, l’expression s’applique en priorité à l’homme ‘qui se sucre’ (les doigts en goûtant ses gâteaux) donc le pâtissier! Alors, c’est la « fille chérie d’un pâtissier »? Ou, si on ne prend ‘poulou’ que dans le sens de ‘un peu’, cela fait quand même un certain nombre de combinaisons que vous pouvez comprendre comme vous le voulez, en tous cas étymologiquement.

(1) Voir l’origine de son nom en archive en tapant le mot dans le champ de recherche

(2) C’est la même racine qui sert à nommer ‘la fleur d’or’ soit ‘chrys-‘ (l’or) + -‘anthèma’ (la fleur), en théorie donc uniquement jaune…

…c’est-à-dire l’image du fossile d’australopithèque le plus célèbre découvert en 1974. L’homme était donc paléoanthropologue (littéralement: chercheur des formes anciennes de l’homme), une mise au jour réalisée en collaboration avec d’autres scientifiques spécialisés en matière de fouilles. D’une certaine façon, cette ‘femme’ pré-préhistorique (intermédiaire avec la race humaine) aura été en quelque sorte sa copine, ou plutôt lui son…’copain’, sauf étymologiquement.

Coppens est en effet avant tout une forme flamande de…Jacques, prénom auquel il faut faire subir à la version française un certain nombre de modifications pour comprendre…Commençons par remonter à la racine initiale qui vient de l’hébreu Jacob, dont on voit assez clairement comment elle a pu se franciser en Jacques, alors que dans d’autres langues elle devenue James ou Jimmy (via Jack) en anglais, Giaccobe puis Giacomo en italien, Iacob ou Iakov en russe, bref des nationalités très différentes mais toujours plus ou moins -phonétiquement- la même ‘attaque’.

Or, dans toute la zone flamande, soit historiquement le nord de la France (au moins), le territoire belge et bien sûr néerlandais, le mot va évidemment exister en Jacobus (le nom hérité du latin) ou Jakobus, mais aussi il va ‘éclater’ en Jaak, Jaap et même Sjaak d’un côté, ainsi que Kobus, Koos, Koppen, Koppens et donc Coppens de l’autre. Le phénomène linguistique (souvent mentionné ici dans des dizaines de chroniques) s’appelle une ‘aphérèse’, qui se manifeste par la chute d’une syllabe précédente (souvent la première de la racine), pour des raisons diverses (facilité de prononciation, habitudes linguistiques de la langue concernée voire mauvaise transmission orthographique et autres ‘accidents’).

De Jacob ne reste donc que le son (fort) de ‘cob’, dont le ‘b’ va être ‘asséché’ en ‘p’ d’où la syllabe Cop ou Kop, et donc les Coppe (1) et Koppe, puis les Koppens et Coppens qui sont en fait des diminutifs de filiation marqués par le ’s’ final. Un Coppens est donc -au moins à l’origine- un ’fils de Jacques’ ou plus largement un descendant (sinon, au fil du temps, ça ferait des Coppens-s-s-s-s…).

Notez au passage que le ‘Jacques’ français va donner matière à de nombreux dérivés, dont déjà une forme ordinaire (sans majuscule) dont on a qualifié pendant longtemps (dans les campagnes) un voisin dont on ne connaissait pas le nom, puis (quand on ne connait pas, on dénigre) n’importe quel homme dont on ne partageait pas les idées et surtout le comportement (on disait « il fait le jacques, ou son jacques).

Mentionnons également les Jacquets (là également, parfois sans majuscule) pour désigner les pèlerins de St…Jacques de Compostelle ou certains de leurs accessoires. Quant au jaquet (le jeu de table type backgammon), il n’y aucun Jacques là-dedans puisqu’il serait une déformation de l’anglais ‘jockey’, par allusion au rôle joué par l’un des joueurs.

Cela étant, impossible de terminer sans se demander non plus de quelle langue vient Jacob mais, déjà en hébreu, ce que signifiait le mot; il fait référence à la Bible (what else?) et plus précisément au frère jumeau d’Esaü; l’histoire dit que le Jacob en question -petit-fils d’Abraham et fils d’isaac- étant né juste après son frère avait voulu le retenir en le tenant par le ‘talon’, définition généralement donnée à Jacob (2)!

Voilà pourquoi les Coppens, comme l’homme politique belge René, le physicien français René (père d’Yves), l’aviateur belge Willy ou notre creuseur acharné ne sont pas des ‘copains’, puisque le mot vient du latin francisé ‘com-pain’ soit celui avec lequel on partage…le pain (symboliquement, un repas), l’autre forme plus complexe de com-pain étant évidemment com-pagnon. Ce qui explique que, de nos jours, il faut bien estimer la ‘dimension’ de votre copain (ou copine) avant de le (la) présenter comme petit(e), grand(e) ou ‘seulement’ un (ou une)…

(1) Rien à voir avec Copé (Jean-François), homme politique français dont vous avez toute l’histoire -surprenante- en archives depuis 2012…

(2) Plus symboliquement, on traduit également ’yakob’ par ‘celui qui retient ou qui empêche’, sous-entendu son frère d’avoir le droit d’aînesse (pas cools, les patriarches de l’Eglise).

…dans le premier (et dernier?) gouvernement Borne: nombreux sont ceux qui pensent découvrir aujourd’hui ce ‘jeune homme’ (1) qui prend une parole souvent vibrante sur les plateaux télé, or, avant d’être affecté à l’Agriculture, l’homme a présidé le groupe du Modem à l’Assemblée Nationale puis assuré les (délicates) Relations avec le Parlement. Bref, ce n’est peut-être pas encore un chêne politique mais sûrement en étymologie…

Ce ‘fesneau’ a effectivement pour origine un nom commun de l’ancien-français dont il porte encore la marque de l’influence latine avec un ’s’; vous aurez compris facilement qu’on peut donc trouver l’orthographe plus ‘moderne’ de Féneau, l’accent aigu sur le ‘e’ témoignant d’une élision (la suppression) de la consonne…On s’approche encore plus de la racine réelle en s’appuyant sur la forme qui a précédé, soit un ‘faisneau’ qui a donné (avec le même phénomène) le mot ‘faîne’ (faine, est également autorisé) en français, c’est-à-dire le fruit du hêtre.

D’ailleurs, avant faine et faîne, il y a même eu, au 12ème siècle, une étape en ‘faïne’, le tréma représentant alors la contraction du latin ‘fagina’, le nom de l’arbre en latin…Manque de chance, à cause d’une grosse équivoque, la faine – le produit de l’arbre – se présente sous la forme d’une petite coque qui évoque une…châtaigne, ce qui fait que dans l’Antiquité, les Grecs qui ne connaissaient pas le hêtre dans leurs régions, désignaient par le mot ‘phagos’ (fagos) le…chêne, forcément à glands, qui plus est d’une variété comestible (2)! 

Petit récapitulatif : le mot du chêne grec qui porte des glands (phagos) a été récupéré par les Latins qui l’ont appliqué ‘abusivement’ au hêtre qui porte des coques (fagos>fagus), devenant ainsi ‘fagina’ (3). Au cours de la période gallo-romaine, le latin dit vulgaire (commun) a fait entrer ce mot dans le répertoire gaulois en devenir, qui l’a transformé en ‘faïn’, puis ‘faisne et enfin faine, créant au passage des Faisneau et des Fesneau, surnoms devenus patronymes par métonymie, dans ce cas par transfert d’un élément de l’environnement (un hêtre particulièrement remarquable dans la propriété ou un bois de hêtres, carrément).

Notez que quelques familles Feneau (sans le ’s’, ce qui change tout justement) viennent, elles, non pas d’un arbre mais d’une herbe puisque le nom découle directement du latin ‘fenum’ qui a donné…foin (4) en français. Bon, rien n’empêche Marc de faire parfois du foin en réunion, mais ce qui est sûr c‘est que cet homme n’a rien d’un gland(eur), sauf étymologiquement!

(1) né en 1971 quand même…

(2) le ‘quercus esculus’ pour les fanas de la branche.

(3) les noms d’arbres sont toujours féminins en latin car perçus comme produits de la déesse Nature.

(4) et même ‘fenouil’, transformation du diminutif ‘feniculum’ (le petit foin de la terre. Ah, ces Romains!)