Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…il est vrai qu’en plus d’assumer le fait d’être « fille de… », vouloir se lancer dans la chanson ne facile pas les choses. Depuis, la belle brune semble s’être orientée vers d’autres horizons; mais que diable pouvait-on bien inventer dans les cours d’école pour saisir la moindre occasion de se moquer? Cabrel n’a vraiment rien d’équivoque…sauf si vous parlez occitan. Dans ce cas, on peut en dire autant que sur les Chabrol (comme feu le réalisateur de cinéma Claude);c’est d’ailleurs en tapant son nom (CHABROL) dans le champ de recherche que vous aurez toutes les explications, pour l’une et pour l’autre!

…mais pas dans le sens que vous souhaitez peut-être et plutôt dans l’ordre rouge-blanc-bleu. C’est en effet la cycliste néerlandaise originaire de Bois-le-Duc (Hertogenbosch, en v.o, ville du Brabant du Nord des Pays-Bas) qui porte en plus le maillot jaune depuis plusieurs étapes. Comme l’a laissé échapper (si j’ose dire) un commentateur de télévision, « enfin un nom facile à prononcer » (pour un Français), à la limite de la discrimination ou au moins de la politesse.

Cela étant, Vos est effectivement un mot à une seule syllabe, simple, court, mais pas forcément très clair quand même pour des oreilles gauloises. Encore que…le son n’aurait pas tellement étonné nos ancêtres puisque la formation de ce terme dialectal remonte à l’époque germanique, ce qui ne le rend pas forcément ‘évident’ pour nos voisins allemands non plus.

Il est donc inutile de chercher dans notre langue d’influence latine le moindre rapport avec le pronom ‘vous ‘, ou même si vous avez beaucoup d’audace avec le petit de la vache. Cette racine, qui circule dans toute la très large zone flamande (pas que le territoire néerlandais) a subi une double transformation en ‘descendant’ vers Berlin ou Münich :

En vertu de règles linguistiques assez fréquentes, le V de Vos s’est ‘asséché’ en F dans les parlers proprement allemands, ce qui va donner le son ‘foss’ puis ‘fouss’…tout en s’enrichissant de la consonne gutturale K pour arriver à ‘fouks’, logiquement orthographié Fuchs. Ce qui nous renvoie au répertoire traditionnel où, comme dans toutes les langues, on désigne une personne par une caractéristique physique qui peut faire penser à un animal, tels les Katz (le chat), les Eber (le sanglier), les Hirsch (le cerf) ou les Wolf (le loup), assortis de toutes les variantes possibles (+ mann, par exemple).

En l’occurrence, il s’agit donc du renard (en anglais, la même racine va évoluer à peine différemment pour donner ‘ foks’ et donc ‘fox’); Fuchs ne qualifie pas un chasseur de renards mais un ‘Fuschrot’, variante plus explicite soit littéralement ‘renard roux’, ou plutôt roux comme un renard, autant dire quelqu’un aux cheveux ‘poil de carotte’ (sinon, à partir d’un certain âge, vous avez aussi le ‘Silberfuchs’, couleur renard argenté)…

Cela ne semble pas être le cas de la championne hollandaise (ni roux, ni argenté) sauf à considérer la stratégie…rusée de sa course pour conserver le maillot jaune, clin d’oeil tout à fait sur le fil évidemment. Cela étant, s’appeler Marianne pour venir gagner en France, cela ne peut certainement que favoriser sa notoriété, non? En tous cas, historiquement!

(*) En fait, la ‘Hollande’ ne devrait désigner que deux provinces de la côte néerlandaise au sein des…Pays-Bas. Mais bon, certains ne confondent-ils pas parfois l’Ile-de-France avec la France?

…et le patronyme du double champion du monde en 2022 n’y est peut-être pas pour rien, même si ce nom est relativement commun dans l’Est du pays (la souche familiale est en Moselle). Pour savoir pourquoi notre décathlonien a un tel avantage – au moins linguistique – n’hésitez pas à taper Mayer dans le champ de recherche, puisqu’il est déjà présent dans ces archives depuis son premier titre mondial.

…qui aura vu le départ, une étape et un vainqueur du Tour de France 2022. Pour les spécialistes, la révélation de la Grande Boucle ne « coche peut-être pas toutes les cases » comme son concurrent Wout Van Aert, mais ce qui est sûr, c’est que pour le commun des Français – dont les journalistes tv et radio au moins – cet homme n’est « pas un cadeau », phonétiquement parlant.

En effet Jonas Rasmussen (le reste de son patronyme) dit ‘Jaunasse Vinnjeugarde’ a hérité d’une prononciation à la française qui ne peut que choquer les oreilles scandinaves. En effet, il faudrait dire quelque chose comme ‘Yonass Ving-gue-gaur’ (sans le ‘d’ final) pour s’approcher du son correct. Heureusement, tout ça a bien évidemment une explication étymologique et elle est tout à fait ‘ordinaire’.

Car en danois comme dans d’autres langues, un patronyme n’est souvent pas plus compliqué (quand on comprend les racines) qu’une association de deux ou plusieurs mots qui renvoient comme d’habitude à des notions de lieu, de personne, de métier, etc…En l’occurrence, Vingegaard est formé de ‘vinge+gaard’ (you do speak danish very well).

Vous allez trouver tout seuls le sens du premier élément ‘vinge’: si je vous dis que le son se rapproche d’un autre mot créé par les Saxons (donc utilisé par les Anglo), et que, sous influence de leurs (ex) racines germaniques, eux ont préféré utiliser un ‘w’ à la place du ‘v’…non? 

Bon alors, on continue en imaginant que nos futurs Londoniens n’ont pas vraiment l’habitude de laisser un ‘e’ final après une consonne (dans ce contexte)? Vous avez trouvé, il est bien question de « wing », soit une aile en français (*). Reste donc à préciser où se fixe cette aile pour essayer de trouver une explication logique…

L’autre partie du mot est donc ‘gaard’, et là aussi vous allez trouver…Je vous aide un peu : abandonnez tout de suite l’idée de ‘garde’ (ou gardien) à la française. Revenons encore du côté de nos Anglais, qui partagèrent finalement pas mal de syllabes ou de sons il y a quelques siècles; partant du principe que le double ‘a’ est typiquement scandinave, le premier ‘gard…’ qui devrait vous venir à l’esprit est un ‘gard-en’, soit un jardin (à l’anglaise évidemment). 

En fait, ça n’est pas encore tout à fait ça: il y a à la base un ‘gärd’ scandinave qui désigne proprement une cour; or, comme en ancien-français, une cour c’est d’abord l’espace intérieur…d’une ferme, c’est-à-dire l’endroit où, plus tard, on plantera peu à peu des légumes puis des fleurs dans un coin; et, quand il n’y aura plus assez de place, les plantations iront ‘à ‘extérieur’ de la cour dans un ‘jardin’ puis un ‘potager’ si spécialisation.

Il semblerait donc qu’un(e) ‘Vingegaard’ désigne celui ou celle qui habitait ou entretenait une…aile de la ferme (ça se dit aussi chez nous, même si on la préfère souvent sur un château !), disons un bâtiment de dépendances. Pas besoin donc de laisser courir votre imagination pour chercher un rapport avec de la volaille (les ailes) qui pourraient caqueter dans la cour. Le ‘concept’ serait d’ailleurs trop commun pour espérer qualifier avec précision une personne en contact avec des poules présentes dans n’importe quelle ferme, ce qui n’était pas le cas des extensions de tous les bâtiments.

D’autant que notre ‘Yonas’ a suffisamment à faire avec une ascendance animale, puisque le prénom – plus en vogue dans le nord de l’Europe que plus bas – fait clairement allusion à ce prophète de la Bible, lequel avait voulu se soustraire à l’appel de Dieu en s’enfuyant sur la mer en bateau; la représaille divine consista à lui envoyer une baleine qui l’avala tout cru, certaines versions de la légende racontant que, s’étant mis en prière à genoux sous la luette du monstre marin, la baleine l’aurait recraché en lui laissant ainsi la vie sauve (ou parce que ça la chatouillait). Exactement comme dans le « Pinocchio » de Disney, mais seulement étymologiquement…

(*) Du coup, ça vous revient, on dit aussi ‘vinge’ en suédois et (pas trop loin) ’vleugel’ en néerlandais…

…encore que, dire ne pose pas de problème, c’est à l’écriture que se pose encore la question. La récente tragique médiatisation (qui n’en avait pas besoin) de la dune girondine a remis s’il le fallait à la Une cet endroit classé au niveau européen; et, même pour quelques vacanciers habitués du lieu, la question de la ‘bonne’ orthographe se pose toujours en voyant défiler les panneaux routiers qui alternent parfois les deux versions…

En fait, à condition de respecter l’accent local, la différence devrait être sensible même à la prononciation, puisque ‘pyla’ se dit…pila, et ‘pilat’ se dit ‘pilates’ (*). Mais évidemment, ‘à la française’ (pour ne pas dire la parisienne), il serait malvenu de prononcer le ’t’ final, ça fait ‘plouc ‘ ou plutôt…gascon. Car, dans ce qui fit la langue régionale pendant longtemps, ce ‘pilat’ désigne un tas; on dit aussi parfois ‘pilot’, plutôt comme diminutif, un petit tas style le linge qui attend la machine, alors que le méga-tas de sable du Teich est un gros tas. 

Pour comprendre (ou accepter), le terme n’est pas si loin de mot ‘officiel’ de pile (on le dit bien pour le linge ou des livres); c’est d’autant plus logique qu’en gascon, le ‘pilat’ est lui-même le dérivé d’une ‘pila’ qui désigne une colonne ou un appui. Dans tous les cas, si la pile est assez grande (linge, sable, pierres sculptées voire tuyauteries industrielles, vous pouvez effectivement vous appuyer contre le ‘pilat’ sans difficulté.

Alors pourquoi cette variante? Ce n’est pas un effet de règle de linguistique ou autre, mais simplement une volonté commerciale, disons de communication. C’est en effet un promoteur immobilier qui a fondé, dans les années 1920, la station proprement dite du Pyla-sur-Mer, dont les hôtels (et les campings) jouxtent l’imposante dune. De fait, à la fois pour différencier le tas de sable et le tas de maisons, on trouva plus vendeur (certains disent…exotique) de donner au village cette étiquette clairement touristique, le ‘sur-mer’ devenant aussi indispensable pour faire bien comprendre les choses aux ‘parigots’, que le ‘du-nord’ est devenu haïssable pour les Côtes (de Bretagne) ou la Corse, ou que la Loire n’a voulu rester ‘inférieure’ et les Pyrénées ‘basses’!

Bref, pour résumer, rien d’incorrect à ce que l’administration ordonne la mention ‘Direction Le Pyla’ sur un panneau (auto)routier, au contraire parce que, si vous avez bien suivi, ‘Direction le Pylat’ vous enverrait le capot directement dans le sable…Montons d’un cran: « la dune du Pilat », c’est le célèbre site du bord de mer; « la dune du Pyla », c’est une hauteur sablonneuse qui appartient à la ville du Pyla-sur-Mer donc éventuellement n’importe quel tas qui se trouve en haut de la plage…vous suivez?

Mais comme vous n’aviez probablement pas besoin de tant de précisions, profitons-en pour dire un mot de la dune, non pas en tant que monument naturel (à préserver d’une fréquentation trop importante) mais du mot…Paradoxalement, son étymologie vient cette fois provoquer une faute de français, à tout le moins un abus de langage, plus précisément un pléonasme : en effet, la dune remonte loin au coeur de la forêt mais aussi dans le temps car il semblerait que le tout premier son qui fait allusion à un côte sableuse et vallonnée soit…gaulois.

En fait, à l’époque (vers le 10è siècle), il s’agissait tout simplement sans doute des ‘mielles’ de la Manche ou du Cotentin, le mot local importé par des navigateurs scandinaves. Mais les futurs habitants tricolores utilisent le terme ‘duno’ pour qualifier ces sites, récupéré dans le vocabulaire néerlandais en ‘duin’; pas difficile d’imaginer que le français (comme pour le ’t’ de pilat) va raboter le son à sa façon pour une ‘dune’ bien aseptisée (vocalement).

Rapide petit tour des divers tas de sable en Europe pour terminer: pour une fois (ou presque), toutes les langues vont utiliser la même racine puisqu’on dit ‘dune’ aussi bien en anglais qu’en allemand ou en…arabe (bien faire sonner le ‘d’ initial), avec des prononciations différentes évidemment. 

D’autres ont gardé une influence latine pour faire ‘duna’, comme en Italie (of course), en Espagne et au Portugal, mais aussi en Roumanie, en Russie et en…Ukraine. Il n’y a guère que le suédois qui, en plus d’un ‘dyn’ très voisin, éprouve le besoin de préciser le plus souvent ‘sanddyn’ (colline de sable); il faut dire que, dans le nord au moins, ce sont souvent des ‘pilats’ de glace!

(*) Rien à voir pour autant avec la méthode d’activités physiques, laquelle doit son nom à un…boxeur professionnel allemand Joseph Pilates (1883-1967, adepte de la pierre Ponce pour se laver les mains?)