Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…sa consoeur et néanmoins concurrente Valérie Pécresse (1), le député (entre autres) des Alpes-Maritimes a fait une percée fulgurante à la Une des journaux, réussissant (enfin) le tour extraordinaire de reléguer « Mr.Z » en page 3 voire plus. L’opération de marchepied attendue avec ces Primaires à droite (dite républicaine) a donc marché à fond. Enfin…peut-être pas très régulièrement quand même, étymologiquement parlant.

L’occasion de s’intéresser aux origines du mot ‘ciotti’ permet d’envisager deux pistes linguistiques, l’une et l’autre pas forcément d’ailleurs pavées de bonnes intentions. Disons tout d’abord que, sans surprise cette fois, ce patronyme a toutes les caractéristiques d’un terme du répertoire italien, dans lequel il représente en fait un pluriel, celui du mot ‘ciotto’ (un ciotto, des ciotti). La racine est présente depuis de nombreux siècles (une huitaine au moins) sur le territoire ‘provençal’, notre actuelle Riviera ayant été sous administration italienne bien plus longtemps que française. 

Bref, quoi de plus normal dès lors de trouver là-bas des Ciotti, des Estrosi et autres Bianchi, bien plus ‘logiques’ que Médecin ou Brochand, toujours d’un strict point de vue linguistique évidemment. Reste donc à se mettre d’accord sur le sens donné par nos voisins transalpins à cette sorte de diminutif qui désigne le plus souvent un galet, pas forcément un bel ovale déposé sur la grève de la baie des anges mais plutôt un caillou terreux roulé parmi les alluvions d’un fleuve. On trouve même le diminutif du diminutif en ‘ciottolo’, quasiment un gravier cette fois…

D’autres, sans forcément en rapport de cause à effet avec le précédent, mettent en avant que l’adjectif ‘ciotto’ est traditionnellement utilisé dans la région de Trévise, en Vénétie (berceau paternel), pour désigner ce que les Romains nommait un ‘claude’, c’est-dire un homme qui…claudique, qui boite, que ce soit d’après un handicap de naissance ou après une blessure à la guerre, soit un estropié (2)…Voilà qui ne nous rassure pas beaucoup (symboliquement), d’autant que la troisième hypothèse – et peut-être la plus sérieuse – met en avant une histoire de ‘combe’ dirait-on en gascon, une dépression du terrain, un affaissement dans le relief géographique (un grand truc, pas un trou dans la terre). Reste à savoir si, après son ‘échec’ à la primaire du moment, Eric Ciotti ne sera pas quand même un…caillou dans le soulier de la déclarée candidate à la course présidentielle. Au moins étymologiquement!

  1. Déjà en archives depuis mai 2016 (pour d’autres raisons qu’électorales). Dans la même page du nom que vous allez pêcher dans le champ de recherche, deux autres histoires de poisson: celle d’un Jean-François, candidat aux Primaires LR de 2016 et celle de…Thomas Pesquet.
  2. Attention pas un ‘estrosi’ (= impulsif, colérique). Voir sa chronique en archives (sept.2020).

…ne font pas toujours l’unanimité. L’édition 2021 du Ballon d’Or décerné par des journalistes internationaux et qui récompense le joueur (de football) le meilleur de l’année a fait rugir quelques observateurs qui auraient préféré le natif de Varsovie au déjà récompensé Messi. Or, clin d’oeil de l’étymologie, le prénom de l’un est le nom de l’autre! Ce n’est pas clair? Regardez…

‘Lewandowski’ a toutes les apparences (et la réalité) d’un mot d’origine polonaise, entre autres grâce à ce suffixe ‘-ski’, l’une des marques imparables d’une ascendance authentique et suffisamment ancrée dans l’Histoire locale, encore mieux que les ‘-cki’ ou les ‘icz’ (1). Nous reste donc ‘lewandow’, que l’on ne peut pas ‘découper’ comme on le fait parfois en français en ‘le-wandow’, le début du mot n’est pas un article.

Cette racine ‘lewandow’ est parfois interprétée selon deux hypothèses: l’une ne manque pas de parfum puisque supposée être en rapport avec ‘lawenda’, terme à la sonorité bien française, en fait latine puisqu’il correspond à la lavande, tout simplement! Précisons à l’occasion que le nom de la fleur de Provence, tellement prisée par les photographes japonais de passage que ses rangs en sont parfois piétinés, vient du latin donc, exactement le verbe ‘lavare’ qui signifie…laver. Quel rapport? C’est que les brins de clochettes mauves étaient insérés dans le dernier bain de lavage du linge pour lui donner propreté et fraicheur (2); votre lessive en berlingot n’a pas d’argument différent pour sa pub.

En réalité, il semble plus probable, linguistiquement parlant, que ce patronyme soit en fait un (sur)nom de provenance, une ‘étiquette’ appliquée à un ancêtre de Robert qui habitait un quartier nommé…Lewandow (un peu l’équivalent d’un Montmartrois ou d’un gars de Bastille, à Paris). Or, ce nom de lieu est un dérivé du latin (encore) d’apparence française ‘Levon’, forme pas encore contractée du prénom…Léon. Selon les pays, et selon qu’il va ‘atterrir’ en Méditerranée, en Scandinavie ou dans les pays slaves, Léon ou Lewan sont pourtant issus d’un ‘leo’ latin commun qui signifie le lion.

D’abord donné avec le sens figuré qui porte les avantages du félin (sauvage, courageux, fort) avant de devenir un hommage à un saint chrétien (3), les nombreux dérivés de ‘leo’ vont tout aussi bien donner Lennart (en Scandinavie) que Léonard (comme De Vinci) ou Lionel, comme…Messi! La preuve, c’est que dans ‘lewandow’, il y a le prénom polonais Lew, qui veut dire lion.

Ultime pirouette: ce ‘Lew’ (également germanique) va permettre de créer deux patronymes intéressants, dont un Lewski mais surtout un Lewinski auquel une descendante de familles immigrées aux Etats-Unis donnera une gloire médiatique qui ennuiera beaucoup le couple Clinton. Décidément, il s’en passe des choses autour de la cage aux lions, même étymologiquement!

  1. Le plus souvent d’influence juive.
  2. Pour les amateurs de langues anciennes, ‘lavanda’ est un gérondif en latin, la conjugaison qui indique que quelque chose est en train de se faire (comme ‘agenda’, par exemple, d’après agir). C’est donc une sorte de ‘lavage en cours’.
  3. Au moins deux papes et trois évêques, dont un célèbre à Bayonne…

…même dans les recoins les plus anecdotiques du langage! On avait déjà dû perdre la pernicieuse habitude de nommer les virus par leur pays de provenance supposée (c’est pas sympa pour l’image du tourisme local) et donc plus question de laisser paraitre dans un média le terme de « virus chinois » (1), virus anglais, indien, brésilien ou même breton, la maladie, quelle qu’elle soit, étant le plus souvent le problème de l’étranger (grippe espagnole, asiatique, ‘mal italien’, ‘mal anglais’, etc au cours de l’Histoire).

Bref, cette fois-ci, l’Humanité a affaire à un mutant qui inquiète – à juste titre, sans doute – et que l’Organisation Mondiale de la Santé va donc enregistrer et lister sous une nomenclature qui épargne la susceptibilité des uns et des autres en adoptant le système de référencement le plus basique, l’alphabet. Mais comme on n’a pas tous le même (surtout qu’il va falloir oublier le chinois, l’arabe, le cyrillique, l’hindi, le coréen et pas mal d’autres joyeusetés graphiques), on a choisi le sérieux du vocabulaire médical à l’occidentale, le grec!

Souvent sollicité dès qu’il s’agit de sciences et techniques (la mission alpha, le béta-carotène, les gamma-globules, le delta-plane, le quotient epsilon, l’astéroïde zêta, etc…), on a donc appliqué la litanie des lettres grecques à la suite inquiétante des variants du virus de la Co-Vid 19 (2). Le premier à avoir remis les idées et surtout le générique en place est donc le variant Delta (ex-indien), qui aura un tel succès dans notre pays qu’il bénéficiera un ‘Delta +’ (mais pas ++ heureusement).

Suivront le variant epsilon (soit la lettre ‘e’ en grec, prononcez epsilonn pour ne pas avoir l’air plouc), ex-‘variant californien’; puis après une rafale d’intermédiaires parfois morts-nés de Zêta à Kappa dont vous avez peu entendu parler (entre autres, parce qu’il sont difficiles à dire ou peut-être qu’ils ne valaient pas un…iota), arrive le variant Lamba (ex-)péruvien, qui contrairement à ce que son surnom laisse supposer n’est pas n’importe quoi puisqu’il a fait des centaines de milliers de morts en Amérique Latine.

Nous voici donc dans la quasi-actualité avec le ‘Mu’ (la lettre m), numéro 1.1.621 ou variant (ex-)colombien. Et ensuite? Eh bien, en grec comme en français, après le ‘m’ vient le ’n’. Malheur, ça se dit…NU, ce que, dit-on, plusieurs oreilles officielles francophones bien-pensantes (mais mal-entendantes) ne sauraient prononcer sans frémir. Le B.1.1.529 s’appellera donc ‘Omicron’ (dites omicronn) comme vous le savez (3), ce qui permettra d’éviter au peuple d’entendre cette syllabe très sensible puisque, visiblement, son virus est potentiellement plus contaminant que les précédents, y compris semble-t-il intellectuellement. Il parait même que la lettre ‘Xi’, normalement présente entre nu et omicron, ait été évitée pour ne pas déplaire au camarade Jingping (4)…on ne peut pas faire plus politiquement correct!

Alors, fantasme ou réalité? Au début d’un 21ème siècle éduqué et civilisé, les services d’immatriculation automobile de plusieurs préfectures avaient bien reçu des réclamations de conducteurs refusant une plaque QQ, PQ ou PD (il y a des contaminations partout!)…Dernier petit détail orthographique, si l’on veut être complètement précis: il y a en grec un ‘o’ court (un petit o, soit: o-micron) par opposition au ‘O’ long (ou un gros O, soit O-méga). Même si ce petit est costaud, on ne souhaite évidemment pas que la litanie des références morbides à ce virus continue sur la planète, mais nous avons quand même de la chance: en grec, « pi » (la lettre P) est directement suivie par « rho » (R); alors qu’en français, impossible d’oublier le Q…

PS: Au fil du temps, il semble que la prononciation (erronée donc) ‘omicraun’ se propage sur quelques plateaux télé. Au grand dam de quelques invités qui entendent un…O’Macron qui n’a rien d’irlandais!

  1. Sauf si on a la tête de mule de Donald Trump.
  2. Là, par contre, gros bug de ‘com’; la pathologie en question est bien du féminin; à moins que vous ne parliez de le rougeole, le coqueluche ou que nous n’ayez attrapé le grippe. 
  3. On a donc sauté le nu…
  4. Un virus chinois ça va, deux bonjour les dégâts!

…le temps de l’expliquer non plus, la nomination à la présidence (*) d’Interpol d’un général émirati visé par plusieurs plaintes pour tortures a fait quelques vagues dans les milieux diplomatiques et…policiers. L’homme, élu à la tête de l’organisation située à Lyon lors d’une réunion à Istanbul, a pourtant toutes les raisons d’être un chef dans sa vie, au moins étymologiquement.

D’abord, il est général, ce qui est déjà un grade suffisamment élevé, surtout dans son pays puisque la racine d’un « émirat », c’est le verbe arabe ‘amara’ qui signifie ordonner, commander. Le titre définit donc précisément la fonction de celui qui est ‘premier’ de quelque chose, ce que les Romains appelleront ‘princeps’, abusivement restreint en français en ‘prince’. Lequel n’est pas toujours ‘charmant’ (la preuve), y compris à Londres, Andorre ou Monte-Carlo, mais ceci est une autre histoire.

Coïncidence linguistique, son patronyme (en tout cas ce que nous identifions comme tel dans l’ordre traditionnel européen) est ‘Raisi’, l’une des variantes de la racine arabe « ra’is », qui qualifie clairement un chef et que l’on retrouve dans plusieurs autres orthographes comme ‘raïs’ ou ‘reis’ selon les pays. Le raïs en question s’applique d’ailleurs à l’origine à un chef…de pêche, ce que l’on pourrait traduire en français par un ‘patron’, le responsable des équipages et souvent le propriétaire de plusieurs navires partant en mer.

Dans la même évolution, ce titre désignera également les chefs des navires…de guerre, à une certaine période de l’Histoire algérienne. Par une curieuse coïncidence, le « raïs des mers » sera appelé, lui, amīr-al-(bahr) soit le « prince de la mer », ce qui donnera en français…amir-al, pas besoin de vous faire un dessin. Autre coïncidence, qui montre bien que toutes les cultures raisonnent de la même façon: ‘rais’ est un dérivé du son arabe ‘ra-‘ ou ‘ara’ qui désigne -logiquement!- la tête, donc ce ou celui qui est en haut, qui commande, qui est à la tête, etc, etc…Or, en français aussi, ‘chef’ est une forme complexe de ‘cap’, issu directement du latin ‘caput’ qui signifie la tête; la preuve, une capitale, c’est bien la ville qui est à la tête d’un pays, un capitaine c’est celui qui commande à bord, et ne parlons pas du couvre…chef, qui protège forcément la tête!

En rajouter encore deviendrait un peu lourd, mais si l’on prend en compte ce que nous mettons en position de ‘prénoms’ du personnage, on note un ‘Ahmed’ très répandu dans le monde arabe, emprunté à l’un des nombreux qualificatifs du prophète…Mo-ha(m)med pour le « couvrir d’éloges ». Quant à Nasser, rendu populaire en Occident par un certain Gamal Abdel qui fut…raïs d’Egypte (« chef » ayant désormais le sens de président), le mot s’appuie sur la structure sonore ’n-s-r’ que l’on retrouve dans Nasri ou Naceri, et qui évoque celui qui est victorieux ou vainqueur (même racine). Franchement, on ne peut pas faire mieux comme carte de visite pour hériter d’un commandement…

(*) honorifique seulement

…(et les ‘Journées’ les plus insensées décrétées par les instances internationales de l’ONU), quelques médias ont signalé, en ce 24 novembre 2021, le 138ème anniversaire d’un arrêté strictement municipal et néanmoins capital pour la…capitale, le premier d’une série qui mettra un peu d’ordre et surtout de propreté au coeur de la ville de Paris. C’est en effet ce jour que doivent apparaitre sur les trottoirs les premières « boites Poubelle » instituées par le très infortuné préfet dont le patronyme restera pour toujours attaché aux bacs et autre sacs éponymes.

Or, ce (presque) Père Noël qui n’était pas une ordure portait bien un nom qui, avant de passer à la postérité et à l’usine d’incinération, avait un sens…propre, non? Non seulement ça, mais, alors que l’Histoire condamne le résumé de sa carrière à faire le trottoir deux fois par semaine (au mieux), ce haut cadre de l’administration chargé d’améliorer l’hygiène parisienne s’est également battu pour que les femmes puissent avoir accès au métier de chirurgien(ne), avant de finir comme ambassadeur au Vatican. Vous ne trouvez pas ça beau?

Ou plutôt, vous trouvez ça…belle, car c’est littéralement la seconde partie de son nom! En effet, l’étymologie de ‘poubelle’, c’est pou-belle, et forcément aussi pou-beau. Vous avez donc immédiatement compris qu’il y a là d’une part l’adjectif belle (ou beau) et un ‘pou’ qui n’a rien à voir avec celui qui fait sa rentrée des classes sur le crâne de vos enfants chaque année, mais avec une forme régionale de ‘peu’ (pas beaucoup), l’adverbe de quantité.

Cette variante patoisante se trouve plutôt dans l’Est, en Champagne ou Bourgogne, mais aussi parfois en Normandie, territoire (comme disent les hommes politiques) où est né Eugène-René, mais comme toujours ce n’est qu’un indice…Bref, ce peu-beau ou peu-belle a pu être un qualificatif assez ‘récent’ (17ème siècle) appliqué non pas à une personne mais à un site, à un terrain ou à un domaine mal planté ou mal ensoleillé; cela étant, rien n’empêche – et pour cause – que le mot ait été transféré sur un humain, lequel a dû copieusement subir des générations de sarcasmes dans les cours d’école, non pas parce qu’il était moche physiquement mais parce que sa famille habitait ou venait d’un endroit moins favorisé que ses voisins…

En tous cas rien à voir avec un de ses plus jeunes contemporains à la sonorité proche, un dessinateur et affichiste nommé Poulbot (Francisque, de son prénom) qui passera, lui, à la postérité grâce à ses dessins de gamins de Montmartre, sans subir le poids de déchets ménagers. Entre nous, si on cherche bien, il semble que ‘poul-bot’ vienne de deux racines qui signifient la mare ou le fossé (poul, en ancien français, piqué par les Anglais pour faire leur piscine) et…le crapaud (bot). Finalement, Poubelle aurait peut-être bien fait de passer par là aussi, même étymologiquement!