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…dans le salon éponyme où déjeunent les membres de l’académie littéraire…du même nom. En attendant de décrypter le nom du lauréat sénégalais qui donne tant de mal aux journalistes (*) et tant de rage aux névrosés de la couleur de peau (mais tant de plaisir aux amateurs de belles lectures), attardons-nous un instant sur le nom de cet Alsacien venu installer un…bar-tabacs du côté de l’Opéra, et dont le coin restau deviendra l’une des tables les plus prisées de Paris, un poil plus intello mais nettement moins risquée que le Fouquet’s élyséen.

Avant drouant, forme tout à fait claire d’un participe présent actif (drou-ant), il y a eu un ‘drouaud’ (qui pourra s’écrire également ‘drouot’ bien sûr) dont la racine, tout à fait germanique, vient d’un son du 10ème siècle qui évoque le combat, en tous cas la guerre. Du coup, le même terme peut servir à désigner celui qui faisait la guerre, un guerrier pas encore soldat bien rangé en ordre d’attaque dans l’armée.

Quand, à la sortie du Moyen-Age, le mot prend, comme beaucoup d’autre mots, un sens figuré, il va donc qualifier quelqu’un de vindicatif, d’opiniâtre, éventuellement rusé pour arriver à se sortir de conflits difficiles…C’est d’ailleurs pour cela que, dès décembre 2018 (souvenez-vous, les « Gilets Jaunes »), cette racine avait fait l’objet d’un article complet au sujet d’un ‘meneur’ nommé Eric Drouet. Ou Drouot. Ou Drouant donc : vous allez en apprendre de belles en tapant son nom dans le champ de recherche!

(*) Après M’bappé, M’bougar Sarr…

…et seulement par les temps de Cop 26 qui courent. Bien que plus importante que l’administrative Edimbourg (en v.f), voilà un endroit idéal pour discuter – et, théoriquement agir – de l’avenir de la planète en matière d’environnement car plus naturel on ne peut pas, y compris et surtout étymologiquement! 

Au milieu d’une bonne série d’influences linguistiques et après être passé par autant de graphies (des façons d’écrire)  comme Glesga ou Glaschu, il semble que Glasgow soit l’orthographe académique…anglaise (of course) de ‘Glas Cau’ en…irlandais. La présence de ces différentes langues s’expliquent par leur appartenance aux différentes variantes des dialectes celtes qui ont circulé dans cette partie des îles au cours des siècles (et pour simplifier).

Voilà pourquoi c’est un effet de prononciation qui a permis de faire de Glaschu, Glasqu ou Glas Cau un ‘Glasgow’ qui est donc formé de deux mots, lesquels évoquent…une vallée verdoyante. Le terme est donc un toponyme, un nom de lieu qui décrit, comme toujours, les caractéristiques de l’habitat des premiers hommes qui s’y sont installés (1).

Si les quelques Glasgow qui ont essaimé dans le monde (Canada, Australie) n’ont pas forcément bénéficié des mêmes avantages géographiques, l’équivalent francophone de la ville de naissance d’Ewan Mac Gregor est intéressant…Commençons par mentionner l’inévitable chef-d’oeuvre de l’auteur, gallois cette fois, du roman « Qu’elle était verte ma vallée » (et du film éponyme réalisé par John Ford) écrit par Richard Llewellyn (ne cherchez pas à le dire à voix haute, c’est du celte), une oeuvre qui n’a rien de végétal puisqu’elle raconte le quotidien des mineurs de charbon de la région.

En français donc, on tombe sur l’équivalent parfait de Val-vert, appellation d’un certain nombre de villes, villages et lieux-dits, y compris jusqu’en Belgique où c’est une marque d’eau minérale  connue et forcément pure puisque venue d’une verte vallée. Or, le ‘L’ va parfois se vocaliser pour devenir ‘U’ et faire Vauvert, dont une commune du Gard située sur le chemin de St-Jacques de Compostelle; mais le Vauvert le plus célèbre est peut-être un château de la banlieue autrefois très éloignée de l’ouest parisien, un château-Vauvert réputé habité par des fantômes et des diables et qui aurait donné naissance à l’expression ‘aller au diable vauvert’, qui signifiait aller en territoire inconnu et donc hostile, tout comme on dira plus tard ‘aller à Tombouctou’ (2).

Espérons que cette coïncidence linguistique sera de bon augure pour des travaux et des décisions concernant la verdeur naturelle de nos vallées dans les années à venir. Et pas qu’étymologiquement…

  1. En fait, ce nom n’est apparu qu’au 12ème siècle, après une appellation proprement gaélique (en ancien-écossais)
  2. Origine également revendiquée par la commune gardoise, pour les mêmes raisons d’éloignement… 

…en américain Face Book qui, depuis 2004, n’avait donc rien à voir avec le postérieur humain ni avec le mâle de la chèvre, bien que ! Le nom de l’empire Zuckerberg (1) vient de changer de nom, démarche marketing toujours suspecte de dissimulations diverses, au moins d’image, au mieux de mouvements internes (Le Crédit Lyonnais devient LCL, France Télécom devient Orange, etc). Que cache donc l’étymologie « réelle » de ce nouveau logo?

En effet, c’est bien ainsi qu’il faut qualifier l’explication plus ou moins fantasmée qui en a été donné par la firme, à savoir le symbole d’une volonté « d’aller au-delà » (sans préciser de quoi ou de qui), pour « montrer qu’on peut toujours construire davantage » (sans préciser quoi). Voilà qui laisse ouvertes toutes les portes, dont celles du temps et de l’espace puisque la revendication de ce préfixe grec ‘méta’ (ça, c’est exact) n’a pas franchement le sens prétendu.  

Soyons honnête, l’annonce du nouveau nom a été faite à l’occasion d’un discours sur le ‘Métavers’ (contraction de méta-Univers), concept familier à beaucoup de scientifiques et maintenant à quelques spécialistes (mais pas du tout encore aux journalistes) de tout ce qui peut être « au-delà de l’univers », sous-entendu visible, donc du virtuel. Il peut s’agir également, sur un plan astronomique, de toute hypothèse de mondes parallèles, d’une quatrième dimension ou plus si immensité, donc encore virtuels à ce jour pour la plupart d’entre nous.

On voit bien qu’il peut y avoir dans ‘Méta’ une dimension à la fois d’espace mais aussi de temps (ce que vise surtout Mr Zuckerberg), c’est-à-dire l’avenir technologique d’une réalité qui sera ‘augmentée’, dimension dont le réseau dit ‘social’ n’aura pas franchement contribué à l’amélioration des relations humaines…Car le sens attribué au préfixe en question est un petit arrangement entre amis de la finance mais pas de la linguistique.

A l’origine, ‘meta’ signifie au milieu de, parmi, ou encore avec. Le premier sens permet de décrire la position d’une personne dans un groupe par rapport à son entourage. Ce qui peut être le (beau) symbole d’une société globale où tout le monde est en connexion, mais aussi la sensation d’être…cerné (par FaceBook).

Le second sens que lui donnaient les Grecs est celui de quelque chose qui arrive…par derrière, qui survient quand on a le dos tourné. Là encore, il peut s’agir très prosaïquement d’un sac que l’on ajoute sur le dos de quelqu’un ou d’un manteau qu’on jette sur les épaules pour se couvrir, mais aussi on peut comprendre la chose comme une collecte de renseignements que l’on enregistre ‘sur votre dos’ (ça s’appelle d’ailleurs des…métadonnées).

Troisième sens de ce petit mot décidément très ‘polysémique’ (2), l’idée de ce qui arrive…après, c’est-à-dire à la suite ou en prolongement de. C’est le cas du ‘métacarpe’ (ou métatarse), cette partie de la main qui arrive ‘après’ le poignet mais avant les doigts; Ambroise Paré, le médecin qui a inventé le mot au 16ème siècle, l’appelait d’ailleurs ‘l’avant-main’ à l’époque…Même raisonnement pour la ‘métastase’ cancéreuse (méta-stase, ce qui se tient après), la cellule qui va plus loin, qui prolonge la tumeur initiale (une récidive, quoi).

Finalement, tout ça est essentiellement une histoire de changement (de nom) ou de transformation (de structure ou de situation). Encore un ou deux exemples: le méta-bolisme, un phénomène biologique qui permet à votre corps de changer en profitant des apports extérieurs; ou tout simplement la méta-morphose, le changement que vous constatez après avoir fait quelques transformations, aussi bien morales ou spirituelles qu’esthétiques (quand c’est réussi).

Pour terminer, on ne peut pas ne pas remarquer que le nouveau logo choisi, dans un bleu toujours aérien et apaisant que le ‘F’ précédent, est ce que les mathématiciens appellent ‘le ruban de Möbius’, du nom (3) de l’inventeur d’un bande infernale qui n’a qu’une face grâce à un mouvement de torsion qui pivote à l’infini. Autrement dit, en quelque sorte, une boucle totalement fermée, un jour sans fin ou un labyrinthe sans issue…Pensez-y la prochaine fois que vous ‘posterez’ vos fesses sur le book. Même étymologiquement!

(1) Voir l’article sur son nom dans les archives (avril 2018)

(2) Vous pouvez caser ça dans un prochain dîner, ça veut juste dire ‘qui a plusieurs sens’, en plus snob.

(3) En plus de celui du pseudo du dessinateur de BD Jean Giraud, ou de celui du…réseau de bus de la ville d’Angoulême (Imagine!)

….les ‘égéries’ d’une marque commerciale, qui compte sur la notoriété de sa ou ses recrues pour porter haut les couleurs de l’entreprise, et si possible le plus souvent devant les objectifs des caméras. Outre le premier gros ‘mannequin’ de l’ère du football moderne David Beckham, on se souvient des contorsions désespérées de Marie-José Pérec pour faire entre la griffe de son sponsor dans le cadre de l’écran de télévision, ce qui correspondait encore à la véritable définition d’égérie, à savoir une nymphe inspiratrice plus ou moins fantasmée par la mythologie latine.

Car, bien loin des carrures ou pilosités des Neymar, Kingsley (1) et autres machos du circuit des pelouses, ‘égérie’ était jusqu’à récemment de genre forcément féminin et désignait une créature, si possible de rêve, destinée à faire vendre le produit qu’elle porte (un bijou ou une montre), sur laquelle elle se vautre (le capot d’un bolide) ou dans laquelle elle se drape (une robe de créateur). 

Au titre de l’égalité des sexes, la chose est intéressante, même si elle ne fait pas plaisir à (mais très certainement les affaires de)  nos porte-manteau des stades. Car il faut mettre une majuscule à Egérie, dans un effet de personnalisation qui nous renvoie donc à une…nymphe (2), une fée des bosquets plutôt que réelle déesse, auprès de laquelle Numa, second roi de Rome, venait disait-on chercher l’inspiration (et sans doute également certaines respirations). A la suite de quoi, bien inspiré-respiré, il retournait au Sénat communiquer ses nouvelles idées de lois pour le bon peuple.

Ainsi, au fil des siècles, une égérie a toujours été représentée par une femme (« souvent cachée derrière un grand homme » dit la rumeur) que l’on qualifiera, selon l’époque et les circonstances, de maîtresse (à la maison ou en politique), de muse (en peinture ou en littérature), d’inspiratrice (dans le domaine scientifique ou culturel) voire d’ambassadrice (en allant diffuser un produit à l’étranger ou hors du marché traditionnel). 

Mis à part quelques exceptions retentissantes (Marie Curie), l’égérie se doit d’être au service de son bienfaiteur et dans son ombre (Maria Callas), sauf si évidemment il s’agit de briller devant les appareils photo ou pour l’Histoire: à ce titre Evita Peron peut avoir été l’égérie de l’Argentine (‘Don’t cry for me’), Marianne (‘Dieu qu’elle était jolie’) celle de la République, et Greta Thunberg (« How dare you ») celle des glaçons qui flottent.

Si glamour demandé (parfum, accessoires de mode, beauté), la femme devient alors l’incarnation médiatique de la marque qui l’emploie et subit (volontiers car contre large rémunération) la pression esthétique correspondant à son rôle: Bardot ou Monroe de préférence à Girardot ; Casta ou Fonda de préférence à Merkel, etc… Il nous faut donc maintenant rajouter à la liste les hommes-sandwich de la pelouse (et souvent des dance-floor) priés, après avoir été vendus à une boite appelée club de football, de faire le trottoir des émissions sportives (au moins) et des pages des tabloïds. 

Au fait, même pour un Romain, ‘égérie’ (egeria, très exactement), avant de devenir un (pré)nom propre, devait bien avoir une origine explicable, non?  A ce niveau de profondeur dans la forêt des racines, on se perd un peu en conjectures et hypothèses; mais plusieurs textes anciens semblent converger vers un verbe homonyme qui signifiait enlever, extraire ou encore expulser, ce qui valut à la déesse Junon, la femme de Jupiter, de récupérer ce titre sur sa carte de visite au titre de…protectrice des accouchements (je ne vous fais pas de dessin). 

On peut se dire aussi que, symboliquement, c’est le rôle d’une égérie de faire cracher le montant des billets de match ou le prix d’un maillot en boutique aux supporters. Le principal, pour ‘un’ égérie, est de ne pas s’appeler Tom, ce qui ferait quand même un peu trop dessin animé! Sauf étymologiquement bien sûr.

  1. voir sa chronique en archives (août 2020)
  2. Voir l’article d’octobre 2014 sur les…nymphomanes!

…puisqu’il s’agit du résultat inattendu d’une action, que l’on va qualifier en l’occurrence « d’accident » en français, autrement dit, ou dit autrement quelque chose qui arrive malencontreusement, littéralement ‘qui vous tombe dessus’. Pour le moins, car l’acteur américain ne s’attendait sûrement pas à tirer à balles réelles sur son entourage. Humainement, on ne peut évidemment pas mettre ça sur le compte d’un trop grand enthousiasme, et pourtant, étymologiquement…

Baldwin donne l’occasion d’analyser un mot beaucoup plus facile à décrypter qu’il n’y parait peut-être, et qui permet de rappeler deux règles simples de la phonétique française: en effet, ce nom se compose de deux racines, ‘bald+win’ (c’est pas trop dur) lesquelles contrairement aux apparences ne sont pas anglaises – et donc encore moins américaines – mais…allemandes, ou plutôt, chronologiquement, germaniques.

En effet, les ancêtres d’Alexandre Rae (1) – ses ‘vrais’ prénoms, d’influence irlandaise conformément à la souche familiale avant émigration de l’autre côté de l’Atlantique – ont reçu, vers le 13ème siècle, un surnom qui associe à la fois l’idée de quelqu’un de courageux ou hardi (bald) ainsi que celle de l’amitié ou de la convivialité (win). Rien à voir donc (en tous cas directement) avec les homonymes modernes de bald/chauve en anglais, ou bald/tôt,  imminent en allemand. 

En français, la première règle linguistique qui intervient sur cette syllabe est une ‘vocalisation’, la transformation du ‘L’ en ‘U’, ce qui va donc donner le son ‘baud’. La seconde est, au contraire, une affaiblissement puis une notation du ‘W’ en ‘O’ (en fait, OU), d’où cette fois ‘ouin’ ou ‘uin’; d’ailleurs, l’orthographe proprement gaëlique (le dialecte irlandais) du mot est Balduin.

Ce qui nous fait, en ancien-français, baud-uin puis évidemment Baudouin, prénom très prisé par les chevaliers des Croisades ou les rejetons des familles aristocrates françaises jusqu’aux rois belges…Résumons-nous: les Baudoin/Baldwin étaient donc des gens connus comme des ‘amis audacieux’ ou courageux, parfois même un peu trop entreprenants, si l’on en croit certains ‘éthymologistes’ qui font un lien (inexact) entre le côté joyeux ou fier vers le mot d’ancien-français ‘ribaud’ – dont on utilisait encore le féminin ‘ribaude’ au 19ème siècle – qui désignait un homme (et surtout) une femme ‘de mauvaise vie’, soit un débauché, au masculin. Un dé-baud-ché! En fait, ce ‘baud’-là vient d’une racine pré-germanique (encore plus ancienne) qui signifiait être en chaleur, s’accoupler, no comment.

Ce qui ne saurait être le cas ici de nos Baldwin (puisqu’ils sont au moins trois ou quatre de sa famille à travailler à Hollywood), sauf peut-être au niveau de la chaleur de l’émotion après un pareil coup du sort. En tous cas, de quoi essayer de conserver tout son courage, étymologiquement cette fois.

(1) C’est justement pour ça qu’on l’appelle Alec, abrégé de…Alexandre (on aurait pu dire Alex également). Rien à voir donc (on m’a posé la question!) avec un quelconque ‘salââm’ arabe…